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Place maintenant à un de nos plus grands chanteurs (et artistes en général), Daniel Bevilacqua, nettement plus connu sous le pseudonyme de Christophe. Voici sa discographie officielle, albums studio et live uniquement :  

361672_IMAGE-PRODUITAline (1965) : Si on excepte deux chansons immortelles (Les Marionnettes et Aline), pas de quoi se relever la nuit avec ce premier album sorti en 1965, sans vrai titre (tout le monde l'appelle Aline, il a été réédité en CD sous ce titre d'ailleurs). Une série de chansons bien dans la norme de l'époque, par un Christophe bien lisse, ça n'a pas beaucoup d'envergure, c'est le moins que l'on puisse dire. D'ailleurs, après ce disque, et malgré le succès des deux grandes chansons citées plus haut, Christophe mettra 5 ans avant de rebosser... A l'époque, ce n'est donc qu'un one-hit-wonder de plus...

362572_IMAGE-PRODUITLa Route De Salina (1970) : Musique d'un film raté et vieillot de Georges Lautner, sorte de film hippie avec Mimsy Farmer. Une musique de film bien dans la norme de l'époque, le moins que l'on puisse dire, c'est que ça a vieilli, et pas en bien, mais ce n'est pas honteux non plus. A noter, Totof a aussi fait, pour le film, une chanson appelée The Girl From Salina, et un album, celui ci-dessous, est même trouvable sous ce titre, mais ça n'a, sinon, pas grand chose à voir.

786747Christophe/The Girl From Salina (1972) : A la base appelé Christophe, ce disque a été réédité par la suite sous le titre The Girl From Salina. Histoire de le confondre avec l'album de la musique du film La Route De Salina ? Un album très méconnu, pour ainsi dire oublié, et sans aller jusqu'à dire que c'est moyen, reconnaissons que Christophe fera nettement mieux dès l'année suivante, avec...

AAALes Paradis Perdus (1973) : Hé bien voilà : après quelques albums assez moyens, enfin un chef d'oeuvre ! 30 minutes de pur bonheur sous influence rock progressif, sous une pochette admirable (hélas pas rééditée en CD, comme la quasi-totalité des albums de Christophe, de la période 1965/1980 précisément), Les Paradis Perdus marque le début de sa collaboration avec le parolier Jean-Michel Jarre (futur ce que l'on sait, mais ici uniquement parolier, c'est Totof qui signe les mélodies). Morceaux légendaires (Les Paradis Perdus, Mama, Emporte-Moi), interprétation éblouissante... Si on excepte un Mickey assez moyen (paroles), rien à dire, c'est tout simplement bluffant, et le sommet du chanteur.

AAAAAAAALes Mots Bleus (1974) : Autre collaboration (et la dernière) avec Jarre Jr aux textes, voici un autre sommet pur Christophe. Lui qui a réussi à revenir sur le devant de la scène en 1973 alors que tout le monde l'estimait ringard et fini mettra tout le monde d'accord avec ce disque et sa chanson-titre, une de ses plus belles, une des plus belles chansons françaises de tous les temps, une chanson intouchable. Mais Le Dernier Des Bevilacqua (9 minutes autobiographiques ou presque), Senorita, La Mélodie, Drôle De Vie sont aussi remarquables. Au final, 34 étourdissantes minutes.

AAAAOlympia 74 (1974) : Double live (simple CD depuis) grandiose avec des versions à tomber du haut de la Tour Eiffel d'Emporte-Moi (quasiment un quart d'heure faisant penser au meilleur du Pink Floyd de l'époque par moments), des Paradis Perdus, entre autres moments de gloire de Christophe. Rien à dire, c'est juste sublime, un des meilleurs albums live français et de l'époque, et en général, et encore une fois, une superbe pochette hélas brimée en CD. Indispensable.

AAAAASamouraï (1976) : Nouveau parolier : Boris Bergman. Ambiance très progressive pour ce Samouraï court (29 minutes) et quasi intégralement parfait. On notera notamment un morceau-titre sublime, un Tant Pis Si J'En Oublie faisant penser au God de Lennon par moments, et surtout à un triptyque hallucinant occupant quasiment toute la face B, Pour Que Demain Ta Vie Soit Moins Moche. Dans l'ensemble, c'est un disque aussi méconnu que réussi, même si je ne suis pas fan du dernier morceau, personnellement, ainsi que de Merci John D'Être Venu et ses paroles tartignolles.

398045La Dolce Vita (1977) : Mouais... Un disque oublié et à oublier, selon moi, un peu comme son premier opus et celui de 1972. Pas grand chose à se carrer sous les dents...On passe au suivant, hein ? D'accord. Surtout que le suivant, c'est...

AALe Beau Bizarre (1978) : Un sommet. Nouveau parolier, Bob Decout. Si on excepte des paroles, justement, un peu moyennes parfois (Saute Du Scooter, Ce Mec Lou) et une durée ridicule (26 minutes pour 9 chansons, putain de sa race !) on tient ici un des sommets absolus de Christophe (pour lui, c'est un de ses trois albums les plus importants avec Bevilacqua et Aimer Ce Que Nous Sommes), un disque fantastique de pur rock. Christophe expérimente ici une manière de chanter un peu particulière, il 'déchante', il chante volontairement à côté, donnant au disque un côté 'beau bizarre', fragile. Chansons indémodables (Un Peu Menteur, Le Héros Déchiré, la chanson-titre, Histoire De Vous Plaire, Le Grand Couteau) pour un album culte, au succès faible à sa sortie, mais depuis considéré comme un des albums majeurs du rock hexagonal. Tout simplement. Bref, indispensable !

358299Pas Vu Pas Pris (1980) : Grosse chute de qualité pour ce disque faisant entrer le dandy moustachu à la voix frêle dans les années 80. Pochette kitsch et bien dans l'époque (cocotiers, pantalon jaune, mocassins sans chaussettes, belle nana, transistor, lettrage coloré pour le nom de l'artiste). Pas Vu Pas Pris contient quand même de bonnes chansons, n'exagérons rien, ce n'est pas un mauvais album. Mais si on le compare avec les précédents et quasiment tous les suivants, force est de constater qu'il n'est pas extraordinaire du tout.

358305Clichés D'Amour (1983) : Encore un disque sans grand intérêt, des reprises de chansons d'amour, parfois bien troussées, mais, vraiment, si c'était pour faire un disque pareil, Christophe pouvait vraiment passer à côter de l'occasion. Pochette ridicule faisant penser à un album amateur d'un bar-band de troisième zone, ce qui n'arrange rien. On passe...

AAAAAABevilacqua (1996) : 13 ans d'attente depuis le raté Clichés D'Amour. Et Totof nous sort un disque étrange, assez électro/drum'n'bass/trip-hop/expérimental, un disque bizarre dans lequel il clame plus que jamais ses passions : les bagnoles de course (les 9 minutes d'Enzo, consacrées à Enzo Ferrari), le poker (Rencontre A L'As Vega), la musique du groupe Suicide (même chanson, qui fait intervenir Alan Vega, chanteur de Suicide)... Il y à d'immenses morceaux ici, d'autres un peu moyens, l'album n'est pas facile d'accès du tout (néophytes en Christophe : ne commencez pas par Bevilacqua), mais il mérite vraiment plusieurs écoutes. Un des préférés du principal intéressé (Christophe) ! Un disque très (trop ?) personnel et recherché.

13866Comm' Si La Terre Penchait (2001) : Une belle réussite, un disque plus accessible que le précédent (pas dur) et que le suivant de 2008. Moins attachant, cependant, et je dois dire que je ne suis pas fan à 100% de ce Comm' Si La Terre Penchait, mais dans l'ensemble, ce disque est très réussi, super bien produit, de bonnes chansons... Oui, c'est vraiment un bon opus, sans être le meilleur ni un des meilleurs !

358280Olympia 2002 (2002) : Un excellentissime live de la tournée de Comm' Si La Terre Penchait. Ce n'est pas mon live préféré du chanteur, je préfère celui de 1974 fait aussi dans ce temple de la chanson française, mais, sincèrement, entre l'interprétation de haute volée et la remarquable production sonore, cet Olympia 2002 sorti sous une pochette très classe est une réussite.

AAimer Ce Que Nous Sommes (2008) : Dernier album en date. Un peu long (enfin, un peu... 78 minutes, le dernier titre, Lita, est interminable, avec un morceau caché, Les Voyageurs Du Train, lequel n'est par ailleurs pas mauvais du tout quand même), un peu étrange, expérimental, très recherché (pas autant que Bevilacqua cependant), c'est une réussite, un des albums majeurs du chanteur probablement. Mal Comme, Odore Di Femina, Parle-Lui De Moi, autant de pures merveilles. Un disque superbement bien produit, as usual, et qui respire la grande classe. Si c'est pour revenir avec un disque aussi fort que celui-là, on se demande bien ce qu'attend Christophe en ce moment.