1976 HOTEL CALIFORNIA

Pour ce nouveau volet, place aux Eagles. Aaah, les Eagles, un des plus cultes groupes de rock au monde, et ce, quasi uniquement grâce à une chanson, Hotel California, issue de ce disque du même nom de 1976, leur cinquième, qui contient aussi d'autres tubes (New Kid In Town, Life In The Fast Lane). Les Aigles, groupe californien faisant, à la base, de la country-rock (un des membres du groupe, qui n'est d'ailleurs plus dans le groupe en 1976, Bernie Leadon, vient des Flying Burrito Brothers de Gram Parsons, entre autres) avant de passer à la pop/rock/FM, les Eagles ont totalement vampirisé les charts en 1976/1977 avec cette chanson, et cet album (lequel est musicalement parfait, bluffant). Don Henley (batterie, chant principal), Glenn Frey (guitare, chant), Don Felder (guitare), Joe Walsh (guitare, chant), Randy Meisner (basse, chant), tel est le groupe en 1976. Avant de parler de la pochette, car il y à des choses à dire même si cet article ne sera pas le plus long de la série, parlons de l'accueil qu'a reçu le disque en 1976 : un accueil de folie de la part du public, le disque sera un triomphe, une des plus grosses ventes qui soient (tout comme leur premier best-of, sorti après, Hotel California est une des plus grosses ventes de disques de l'histoire de la musique enregistrée, pas autant que Thriller, The Dark Side Of The Moon ou Back In Black, mais quand même), mais l'accueil critique sera assez sévère, on accusera le groupe de céder à la facilité pop/FM, et en ces temps où le punk-rock commence à pointer son nez, les Eagles deviendront rapidement un des groupes à abattre : le succès commercial n'a pas souvent été conciliable avec succès critique...

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Reproduction du poster qui était glissé dans la pochette (l'original n'a pas de texte dessus) 

Bon, parlons de la pochette, maintenant. La première chose à dire, c'est qu'elle est totalement classe. Elle représente, au crépuscule, le Beverly Hills Hotel, parfois appelé Pink Palace, situé à Los Angeles, un hôtel de grande renommée qui, depuis son ouverture en 1912, a hébergé des générations de stars du cinéma, de peoples, d'hommes politiques, citons Frank Sinatra, Michael Jackson, JFK, McCartney, Howard Hughes, Brad Pitt et Angelina Jolie, Travolta, Audrey Hepburn, Bill Clinton ou bien encore Johnny Weissmuller... La liste est encore longue. La photo de verso, en revanche, n'est pas prise au Pink Palace, mais au Lido, à Hollywood. Il y à en fait deux photos, pour la pochette, qui furent prises au Lido : la verso de pochette, où on voit le hall intérieur, vide, excepté un agent d'entretien black au fond, et une photo d'intérieur de pochette (la pochette est gatefold, c'est à dire, elle s'ouvre), avec le même hall intérieur (une sorte d'hacienda) avec une foule de gens, et parmi eux, groupés, les Eagles (voir plus bas pour les photos). L'ensemble de ces photos fait très californien. L'album, en lui-même, est une description de la californian way of living. Le son du disque respire la Californie des années 70, la Californie tout court.

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Dos de pochette 

Mais il y à des sous-entendus derrière la chanson-titre, et aussi derrière la pochette, des légendes urbaines qui viennent apporter une deuxième couche à tout ça. La chanson-titre parle d'un homme qui arrive dans un luxueux hôtel, l'Hotel California, et qui se rend compte qu'une fois entré dedans, il ne pourra plus en partir, pas vraiment, il est coincé ici, pour toujours. La chanson est une allégorie sur la dépendance aux drogues dures, mais il s'agit aussi d'une chanson sur un hôtel hanté, maudit. On a cru à un moment donné que la chanson possédait des messages satanistes, si on passe certains passages à l'envers, on entendrait des invocations à la gloire de Satan. Pire, dans un sens, le Pink Palace a parfois servi clandestinement à des réunions de la Church Of Satan, secte sataniste fondée par Anton Szabor LaVey, un des 'maîtres' du satanismes moderne. On apercevrait le visage de LaVey sur la photo intérieure, en haut du balconnet, au-dessus de l'arche (en fait, c'est une jeune femme qui pose, les bras étendus ; voir la photo ci-dessous même si on distingue mal, à cause de la résolution de la photo). Aussi, sur la photo de verso (celle qui est au-dessus de ce paragraphe), il n'y aurait eu personne lors de la prise, le nettoyeur serait apparu après, ça serait une apparition, un fantôme... Bien sûr, tout comme pour la pochette du premier Black Sabbath, tout ceci apporte de l'eau au moulin, et n'est pas à prendre au sérieux. Enfin, il y en à qui doivent le croire... Et ça en rajoute au folklore, ça fait des choses à raconter, et perso, rien que pour ça, je ne m'en plains pas, ça me fait une chose de plus à dire au sujet de cette pochette !

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Intérieur de pochette (et dos du CD) ; dans la pochette interne vinyle, le bord noir contient les paroles de la chanson-titre

Hotel California possède sinon, et surtout, une pochette totalement à la hauteur de son contenu : tout comme les 43 minutes de musique qui sont gravées sur le disque, elle respire à pleins poumons la Californie. Crépuscule sur Los Angeles, la découpe du Pink Palace sur fond de coucher de soleil (ou, au contraire, de lever de soleil, la photo a peut-être été prise à l'aube), des palmiers noircis par le contre-jour, et à l'intérieur et au dos, un intérieur luxueux, moquette épaisse, ambiance hacienda, mini-bar, découpes d'arches dans le mur, balconnet... Ca donne envie. Si on y rajoute les rumeurs satanistes qui planent autour, ça fait de la pochette de l'album une des plus mythiques de l'histoire du rock, tout simplement. Et une des plus belles, aussi, car ça compte !