AUBERT 1

Ex-chanteur et guitariste (et auteur principal, et leader) du groupe Téléphone, Jean-Louis Aubert a commencé sa carrière solo en 1987, un an après le split du groupe, avec Plâtre Et Ciment !, qui contenait Juste Une Illusion et Les Plages, deux gros tubes. Six ans plus tard (1993 donc), il sort son meilleur album solo, un disque à la sublime pochette (un sublime bateau accosté en pleine ville) et au titre on ne peut plus simple et court : H. H pour Homme, évidemment, et/ou pour Humanité. Aubert (chant, guitare) y est accompagné de Richard Kolinka (batterie, ex de Téléphone comme chacun le sait), Daniel Roux (basse), Feedback (percussions), Fred Montabord (claviers) et Marine Rosier (piano), et il produit l'album, qu'il a écrit et composé tout seul. L'album, qui bénéficie de la participation de Paul Personne (guitare) et de Princess Erika, offre 12 titres pour une heure de musique, et contient deux tubes du chanteur : Entends-Moi et surtout Temps A Nouveau, son plus gros tube en solo, sa chanson la plus connue. H est par ailleurs généralement considéré comme étant le meilleur opus de l'ex-Téléphone, et force est de constater que malgré sa longueur, c'est effectivement le cas. On tient ici tout simplement un des meilleurs albums de rock du pays, pour les années 90 et en général.

AUBERT 6

Pourtant, ça partait mal, car si j'aime beaucoup Téléphone, je n'ai jamais été fan de la carrière solo d'Aubert. Je préfère nettement Bertignac, aussi (en solo ou dans le groupe). Concernant les albums solo d'Aubert, Plâtre Et Ciment ! est pas mal du tout, Bleu Blanc Vert l'est beaucoup moins mais n'est pas non plus à chier (un tube qui parle de la fin de Téléphone, Voilà C'Est Fini), Stockholm est bizarre est très décevant, Idéal Standard et Comme Un Accord contiennent de belles chansons (Alter Ego, Parle-Moi, Milliers, Millions, Milliards), mais déçoivent en général, assez inégaux, communs. Roc-Eclair, son dernier opus, est nettement meilleur, sans être totalement parfait, mais c'est son meilleur depuis H qui, sincèrement, est une réussite absolue, sur lequel il n'y à rien à jeter. L'album démarre par Le Bateau Sous La Terre, qui est une vraie merveille, et la suite, Entends-Moi, Cascade, Temps A Nouveau (suivi, sur la même plage audio, d'un court instrumental, A L'Eau), Toi Que L'on N'Homme Pas (sur lequel Aubert joue de tous les instruments), Moments ou Solitude, tous ces morceaux sont remarquables. La production est efficace, Aubert chante plutôt bien... H, dans l'ensemble, s'impose comme le meilleur album solo d'Aubert et comme le meilleur album d'un ex-membre de Téléphone (la même année, Bertignac se lance réellement en solo après une aventure de deux-trois ans avec ses Visiteurs).

AUBERT 2

Bref, voici donc un album de rock français remarquable, certes long mais rempli de grandes chansons, et lesmoins exceptionnelles sont tout de même excellentes. Jean-Louis Aubert m'a bien surpris avec ce disque, moi qui pensais ne jamais vraiment aimer un de ses albums solo ! Car si j'ai bien aimé Roc-Eclair, Plâtre Et Ciment ! et Bleu Blanc Vert, il faut dire que ces trois albums, bien que bons (surtout le premier cité, qui est même un peu plus que bon), ne sont pas exempts de défauts. Celui-là, si, car, franchement, de sa pochette à ses morceaux en passant par l'interprétations desdits morceaux et la production, tout est remarquable sur H. Un grand disque assez sombre, introspectif, humaniste, enregistré pendant la guerre du Golfe, enregistré avec un studio mobile à l'Hôpital Ephémère, ainsi que dans d'autres 'vrais' studios (mixé à ICP et Ferber). Même si vous n'êtes pas fan du tout de l'artiste, je conseille ultra-fortement l'écoute de ce H incroyable. C'est un non-fan d'Aubert qui le dit ! Pour les clips, désolé, mais Temps A Nouveau et Entends-Moi ne se trouvent apparemment pas en clips studio, ce sont donc de (très bonnes et de l'époque) versions live !

Le Bateau Sous La Terre

Entends-Moi

Avec Les Mots

Toi Que L'On N'Homme Pas

Allez

Cascade

Temps A Nouveau/A L'Eau

Moments

La Question

Si Seulement

La Bonne Etoile (H)

Solitude