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Ca faisait longtemps que je n'avais pas proposé un article résumant la discographie d'un artiste/groupe, ici ! Place, donc, à celle d'Etienne Daho (albums studio et live, mais pas les compilations et singles) :

Etienne_Daho_0012918Mythomane (1981) : Très court (33 minutes environ), ce premier album est franchement son moins bon, clairement. Il n'y à rien à sauver de ce Mythomane, ce coup d'essai à peu près aussi raté que le coup d'essai de Bashung (Romans-Photos, 1977). Non pas que Daho reniera ce disque de la même manière que Bashung l'a fait avec le sien, mais, franchement, on aura tôt fait de passer à autre chose. Daho débute...

Etienne_Daho_0003054La Notte, La Notte (1984) : Ah, nettement meilleur. Premiers tubes (Week-End A Rome dont les paroles reprennent le titre de l'album - euh, non, en fait, c'est l'album qui s'appelle sans doute d'après les paroles de la chanson ! -, Le Grand Sommeil), mais ce deuxième opus n'est toujours pas le bon. C'est nettement meilleur que Mythomane (pas dur), mais Daho fera cent fois meilleur rien que deux ans plus tard, avec...

45664320_pPop Satori (1986) : La consécration, malgré des critiques parfois un peu froides à sa sortie (on jugera le disque trop robotique, synthétique ; en fait, Daho était un peu en avance sur son temps, comme Bashung, encore lui, avec Play Blessures en 1982). Enregistré à Londres de manière assez douloureuse (le producteur/arrangeur se casse, pendant la création du disque, Daho se voit obligé de continuer avec quelqu'un d'autre, Arnold Turboust), Pop Satori (titre et chanson-titre en allusion à l'écrivain américain Jack Kerouac) offre encore une fois de gros tubes : Epaule Tattoo, Duel Au Soleil (signée Jérôme Soligny), Tombé Pour La France (déjà présente sur un mini-album sorti un an plus tôt), et plein de chansons mémorables, comme cette reprise du Late Night de Syd Barrett, ou Quelqu'un Qui M'Ressemble (ma préférée), Paris Le Flore, Pop Egérie O (avec Elli Medeiros)... Un grand, grand disque !

50692027_pPour Nos Vies Martiennes (1988) : Autre réussite majeure du Rennais d'Oran, cet album qui marque la première collaboration (minime, cependant, pour ce disque) avec les Valentins (Edith Fambuena, Jean-Louis Pierot), groupe de rock français qui se tailleront une bonne réputation de producteurs/arrangeurs/auteurs pour d'autres artistes (Bashung, Thiéfaine, Miossec, et évidemment Daho). Encore des tubes (Bleu Comme Toi, Des Heures Hindoues), des chansons mémorables (Caribbean Sea...) pour un disque au gros succès commercial et critique, qui impose définitivement Daho. A partir de là, c'est pour ainsi dire que du bonheur, malgré un petit faux pas (j'y reviens plus bas sur l'album incriminé) !

29057260;encoding=jpg;size=300;fallback=defaultImageLive ED (1989) : Premier live de Daho (il y en aura d'autres !), et il est double. Très bon, et même excellent, Live ED offre le meilleur du début de carrière de Daho, dans de très bonnes versions. Pas grand chose à dire, c'est juste du bon boulot, mais ce n'est pas son meilleur album live non plus.

52714286_pParis Ailleurs (1991) : Le sommet absolu - absolu, je ne plaisante pas - d'Etienne Daho. Enregistré en grande partie ailleurs qu'à Paris (ah ah ah !), à New York, Paris Ailleurs a été produit par Edith Fambuena, des Valentins, j'en ai parlé plus haut déjà. Un disque très court (38 minutes quasiment tout rond, en 1991, alors que le CD prend le pouvoir depuis des années, c'est short) mais parfait. Encore une fois des classiques (Un Homme A La Mer, Saudade, Des Attractions Désastre, Comme Un Igloo) et des chansons mémorables (La Berlue reprise à Françoise Hardy, Double Zéro Et L'Infini, Paris Ailleurs et ses boucles électro...) font de ce disque un authentique sommet, pas seulement de Daho, mais de chanson et de rock français, tout simplement. Un des albums de la décennie 90.

u0724385007521Reserection (1995) : Un mini-album, sans aucun doute difficile à trouver aujourd'hui (quoique...), et que Daho, entre deux albums, a fait avec Saint-Etienne. Saint-Etienne Daho, l'occasion était trop belle de s'associer avec ce groupe dont la moitié du nom est son prénom ! Un disque franchement pas mal dans l'ensemble.

0724384243555_600Eden (1996) : Le voici, le faux pas de Daho. Non pas qu'Eden soit mauvais, mais ce disque aux accents très électro/techno/pop est franchement une petite déception après trois albums studio grandioses. On a de bonnes chansons ici (Au Commencement, Rendez-Vous Au Jardin Des Plaisirs, Les Bords De Seine, Me Manquer), mais ce disque est, il faut bien l'avouer, moins bon, et surtout moins accrocheur que les précédents (les deux premiers exceptés) et que les suivants. Si vous êtes fan de Daho, il vous faudra bien, tôt ou tard, l'écouter, mais si vous voulez découvrir ce remarquable artiste, ne commencez pas par Eden.

52826817_pCorps & Armes (2000) : Retour totalement gagnant après un Eden en demi-teinte. Corps & Armes est une réussite totale qui, de son Ouverture à San Antonio De La Luna (longueur totale de ce morceau, quasiment 18 minutes, mais on a un morceau caché après plusieurs minutes de silence, aussi !), est parfait. Encore des tubes (Le Brasier, Rendez-Vous A Vedra, La Nage Indienne) pour un disque à découvrir absolument, une de ses plus belles réussites.

0724381204450_600Daho Live (2001) : Un très bon live de Daho, de la tournée de  Corps & Armes. Les meilleurs moments de la carrière du Rennais dans de bonnes versions. Là encore, pas grand chose à dire, ce Daho Live est juste très bon, mais toujours pas son meilleur opus en public non plus !

0724359208657_600Réévolution (2003) : Plus sombre et limite torturé que les précédents, Réévolution offre quand même des tubes (If avec Charlotte Gainsbourg, Retour A Toi) et est une autre grande réussite, moins accessible que de coutume, mais plus recherché aussi. On notera une chanson (Les Liens D'Eros) en duo avec Marianne Faithfull, qui déclame, en français, un texte de Léopold Von Sacher-Masoch, auteur autrichien qui n'est autre que son grand-oncle (et l'auteur de La Vénus De Fourrure, et créateur du masochisme), bel hommage qu'elle lui rend. Autres excellentes chansons : Talisman, Réévolution, Vis A Vis, pour un disque franchement excellentissime.

1900Sortir Ce Soir (2005) : Comme je l'ai dit plus haut, cette liste discographique ne concerne que les albums studio et live officiels de Daho. Mais j'ai quand même voulu proposer ce disque, qui est une double compilation des meilleures chansons de Daho en live. Un best-of live, donc, ce qui est assez peu fréquent, en général ! Et c'est vachement bien dans l'ensemble (pléonasme) !

52790179_pL'Invitation (2007) : Dernier vrai opus studio de Daho pour le moment (celui de 2010 n'en est pas vraiment un), c'est une incontestable réussite. Obsession, L'Invitation, Boulevard Des Capucines, autant de merveilles pop/rock qui font de L'Invitation un des sommets du chanteur. Rien d'autre à dire à part que c'est fabuleux...

45476669_pDaho Pleyel Paris (2009) : Le voici, le meilleur live d'Etienne Daho. Un concert donné à la salle Pleyel, fameuse salle servant surtout à la musique classique, une sorte de Carnegie Hall français. Les meilleures chansons des albums de Daho, y compris et surtout du génial L'Invitation, dans des versions à tomber (Boulevard Des Capucines...). Un grand live !

jeanne-moreau-etienne-daho-condamne-mort-jean-L-ia8xJxLe Condamné A Mort (2010) : Adaptation d'un des plus fameux textes de l'écrivain Jean Genet, ce disque est à part pour Etienne Daho, et sera le prétexte à une série de performances scéniques avec celle qui partage l'interprétation, à savoir Jeanne Moreau. C'est pas mal, mais franchement pas ce que Daho a fait de mieux, même si l'hommage à Genet est très réussi.