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C'est indéniablement une des révélations, un des piliers de la musique de 2011, et il fallait bien, donc, qu'un jour ou l'autre, ce disque se retrouve sur le blog. Ce disque, c'est 21, et l'artiste, Adele (de son nom complet Adele Adkins), citoyenne britannique à la voix assez incroyable. Le titre de l'album s'expliquerait par le fait qu'Adele avait 21 ans à la sortie du disque (pourtant, elle est née en 1988, l'album est sortie en 2011...calculez, ça lui fait 23 ans, et pas 21, à la sortie de l'album !). Son précédent (et premier, car 21 est le deuxième et dernier en date) album studio était sorti en 2008, et s'appelait 19. Adele avait enregistré 19 à 19 ans, en 2007, et le sortira un an plus tard. A-t-elle enregistré 21 en 2009 et attendu deux ans pour le sortir ? Ou bien, sa date de naissance officiellement placée sur Wikipédia est-elle fausse ? Bon, en même temps, que ce disque s'appelle 21 ou 23, ou peut importe comment, on s'en fout, l'essentiel est d'en parler. Cet album, son deuxième et à ce jour dernier album studio, date donc de 2011, et a été littéralement propulsé, comme la navette de Space Mountain, par un single au succès fulgurant (et une chanson au demeurant soufflante, remarquable), chanson qui, justement, ouvre le bal, Rolling In The Deep. Une des trois chansons les plus courtes de l'album (a égalité avec Take It All, elle fait 3,48 minutes, et Rumour Has It, la plus courte, fait 5 secondes de moins, toutes les autres font au minimum 4 minutes), un album long de 48 minutes pour 11 titres. Rolling In The Deep est une chanson absolument incroyable, on peut même la qualifier de ouveau classique, au même titre que le Back To Black d'Amy Winehouse qui a fait le même effet en 2006. La voix d'Adele est assez puissante, remarquable. Une voix de fer dans un corps n'ayant pas la classe mannequin (mais là aussi, on s'en fout), ce n'est pas comparable avec Beth Ditto de Gossip, mais elle n'est pas Kate Moss non plus. Et elle a un joli visage, la pochette de l'album est très classe (le livret est pas mal, entièrement constitué de photos, dommage qu'il n'y ait pas les paroles).

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 21 est un très bon disque. Certes, ce n'est pas le disque de 2011, ni le disque de soul et de pop (c'est un peu des deux), mais, franchement, cet album est vraiment réussi. L'album a été produit pas plusieurs personnes, c'est en fonction des chansons. Quatre chansons ont été produites par Rick Rubin (un producteur très connu), Paul Epworth en a produit deux, dont le tube, Jim Abbiss en a produit deux autres, Fraser T. Smith en a produit une autre, Ryann Tedder une autre, et la dernière chanson de l'album est une coproduction entre Adele et Dan Wilson. Un petit bordel à expliquer. Les musiciens ? Ils sont très bons, et nombreux, c'est limite s'ils ne changent pas à chaque production différente, je ne vais donc pas foutre en l'air un paragraphe rien qu'à les citer tous. Ils le mériteraient, c'est sûr, car ce ne sont pas des manches, mais je préfère parler des morceaux. Parmi eux, une chanson retiendra l'attention des fans de The Cure : Lovesong. Une reprise, évidemment, de la fameuse chanson de leur album Disintegration, album sorti alors qu'Adele, si sa date de naissance est bien authentique, n'avait qu'un an à peine. C'est un des morceaux les plus longs (5,20 minutes), et c'est aussi, à mes oreilles, un des plus beaux. C'est différent de la version originale des Cure, mais ce n'est franchement pas raté, du tout, même. On notera des arrangements, orchestrations étonnantes (accordéon, guitares, orgue électrique Hammond). Someone Like You, Set Fire To The Rain, Turning Tables sont également d'immenses chansons, plus réussies que Don't You Remember et He Won't Go, deux chansons, cependant, bien jolies, certes, mais pas autant que le reste.

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Si Rolling In The Deep et Someone Like You vampirisent bien l'album de part leur côté déjà mythique (Set Fire To The Rain aussi, ce sont les trois tubes), 21 est, dans l'ensemble, un disque à écouter, et vraiment frais et sympathique, interprété par une chanteuse à la voix assez incroyable (elle a tellement poussé sur sa voix, d'ailleurs, qu'elle en a connu des problèmes de santé...). Les chansons sont belles, voire même éblouissantes, la voix est tuante, les mélodies sont sublimes, la production est excellente, le disque n'est pas trop long et ne contient aucune mauvaise chanson (les deux chansons les moins parfaites sont tout de même largement appréciables)... Bref, avec 21, Adele signe un très bon album, et probablement un des meilleurs albums de l'année 2011. Pas le meilleur au-dessus des autres, peut-être pas, mais un des meilleurs, oui, ça c'est clair ! Si vous aimez KT Tunstall et Amy Winehouse (la première pour la voix, la seconde pour les ambiances soul/jazz/swing...et la voix aussi, même si ce n'est pas le même timbre vocal), vous devriez aimer !

Chronique complémentaire d'Alice In Oliver :

Adele fait partie de ces quelques artistes à s'être fait remarquer via le buzz sur internet. Très vite, la chanteuse devient un véritable phénomène. Son premier disque, 19, s'écoule à plus de six millions d'exemplaires. La jeune femme séduit tout le monde et même les très jeunes gosses braillards. Sur Youtube, certains mioches s'amusent à reprendre certaines chansons d'Adele, souvent accompagnés par leurs parents, fiers du talent naissant de leur progéniture. Donc oui, on peut parler de phénomène Adele, à tel point que sa musique pose une nouvelle évidence: vous êtes obligés d'aimer Adele.

Impossible de détester cette artiste, débarquée de nulle part, qui s'est fait connaître par le bouche à oreille, et qui possède, il est vrai, une grande voix, une très grande voix. En ce sens, Adele est évidemment une artiste respectable. Ensuite, contrairement à la concurrence, Adele n'a rien d'une bombe sexuelle en puissance. Clairement, Adele n'a pas grand chose à voir avec Shakira. Evidemment, le public se reconnaît et s'identifie à cette jeune femme au physique plutôt basique, d'autant plus que celle-ci nous fait part de ses désillusions et de ses chagrins d'amour à répétition dans ses albums.

En l'occurrence, 21 est le second album d'Adele. Il est sorti en 2011. Il se vendra encore mieux (et même beaucoup mieux) que son prédécesseur avec 26 millions d'exemplaires. C'est un score énorme. Mieux encore, certains fans la comparent déjà aux plus grands, entre autres, à Amy Whinehouse. Adele possède-t-elle cet immense potentiel ? Avec 21, l'artiste apporte la meilleure des réponses. En l'occurrence, la réponse est "non", mais alors définitivement "non". Au mieux, Adele s'apparente à une sorte de nouvelle version de Dido. On pourrait presque parler d'une "Dido version bis", pour ne pas dire une Dido du pauvre.

Déjà, à la base, je ne suis pas spécialement fan de Dido, mais alors là, avec Adele, on tombe dans de la variété qui aimerait se faire passer pour de la soul. Certes, comme je l'ai déjà souligné, Adele est une artiste qui possède, et je le répète, une grande voix, mais sûrement pas un grand répertoire, loin de là. 21 montre toutes les limites de l'artiste, sorte de croisement entre le bonhomme bibendum de Michelin et la même Dido. Après 19, donc son tout premier disque, Adele est toujours dans la complainte amoureuse. Clairement, la chanteuse aurait tout intérêt à changer un peu de registre.

Bien sûr, Adele possède une très grande sensibilité. Hélas, sur la forme, 21 ressemble à un disque avec quelques singles, certes écoutables, mais qui visent également à remplir un album lisse, quelconque et franchement très rébarbatif. D'où ma comparaison avec Dido. De ce fait, on est très loin, pour ne pas dire à des années lumières, de la qualité d'un disque d'Amy Whinehouse (même si cette dernière n'a sorti concrètement qu'un seul album). Visiblement, Adele fait ce qu'elle sait faire, à savoir cette facheuse tendance à se lamenter sur elle-même et à nous faire partager ses peines de coeur, dont on se fout royalement.

En vérité, 21 se contente de reprendre la formule de 19, sans apporter quoi que ce soit de nouveau. En ce sens, 21 apparaît comme un nouvel ersatz de 19, une sorte de recyclage de son précédent album en fin de compte. Certes, à la première écoute, le disque peut paraître poignant, voire joli. Pourtant, au fil des écoutes, l'évidence se fait rapidement. 21 repose presque toujours sur la même formule, à savoir des chansons pompeuses, "tièdasses" (par là, comprenez "ni chaudes ni froides" mais avec une légère odeur de moisi) et ultra convenues. On peut donc parler de ratage musical. Et ce ne sont pas les morceaux tristounets (par ailleurs hautement impersonnels) qui viennent relever le niveau.

Bref, sur le fond, 21 ne présente aucun intérêt, tout comme son prédécesseur finalement. Oui, bien sûr, en fond sonore, ça s'écoute gentiment... Et encore ! Si vous êtes invité chez un ami et qu'il met du Adele en fond sonore, par politesse, vous répondrez: "tiens, ce n'est pas désagréable", mais au mieux, ça s'arrête là. Mais peu importe, Adele cartonne encore et toujours. Et ne l'oubliez pas: vous êtes obligés d'aimer, sous peine d'être traités d'insensible. Pourtant, et je peux me tromper, je pense également que l'on aura oublié cette artiste d'ici quelques années. Ou comment effectuer un retour à la case "has-been", comme tant d'autres artistes en leur temps...

Rolling In The Deep

Rumour Has It

Turning Tables

Don't You Remember

Set Fire To The Rain

He Won't Go

Take It All

I'll Be Waiting

One And Only

Lovesong

Someone Like You