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Sorti en 1997, ce disque sera un assez beau succès commercial en son temps. J'avoue que je me demande un peu comment, tant le disque, agréable à la première écoute, devient franchement usant aux suivantes. Ce premier album de Dolly, éponyme (Dolly, donc), je ne le classe pas en 'ratages musicaux', mais c'est de justesse, croyez-moi. Dolly, pour les ceusses qui ne connaitraîent pas encore ce groupe, est un groupe de rock français, originaire de Nantes, mené par la chanteuse et guitariste Emmanuelle 'Manu' Monet (c'est elle qu'on voit sur la pochette ; enfin, le dos de sa tête), et constitué, aussi, de Nicolas 'Nico' Bonnière (guitare), Thierry Lacroix (batterie) et Mickaël 'Micka' Chamberlain (basse). Ce dernier est mort dans un accident de bagnole en 2005, ce qui a entraîné la fin du groupe. A la base, le groupe s'appelait Dolly & Co et a été raccourci en Dolly, tout court. Leur style ? Un rock nerveux, parsemé d'éclairs métalliques. En gros, ce disque, ce groupe, c'est du grunge, à la française, à une époque où le grunge n'était déjà plus trop à la mode (depuis la mort de Kurt Cobain en 1994, en gros, même si la mort de Cobain n'a cependant pas entraîné celle du grunge). Produit par Clive Martin, ce premier album, en 47 minutes, aligne 12 titres, dont 2 en anglais.

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Musicalement, donc, Dolly est proche du grunge, et certaines chansons ont des paroles assez sombres, dans le plus pur style grunge (Quand L'Herbe Nous Dévore, ou Joe, chanson sinistre sur un accident de bagnole, écrite par le parolier de Bashung, Jean Fauque). En revanche, le chant de Manu est assez pop, éclatant, sa petite voix fluette d'adolescente un peu énervée n'est pas trop grunge. Ce n'est pas non plus une voix bubblegum à la Jennifer Ayache (Superbus), mais ce n'est pas du Alice In Chains féminin non plus. D'abord charmante, cette voix finit rapidement par devenir lassante, on a plus l'impression d'écouter un disque de faux rock pour teens qu'un groupe de grunge. Dommage, car musicalement, il y à du bon, ici, le guitariste Nico Bonnière (sous son look d'étudiant à la ramasse ; c'est le binoclard sur les photos) délivre la marchandise via des riffs, des giclées de guitare bien sanglantes. La rythmique basse/batterie est franchement bonne, aussi. Les morceaux se suivent, certains connus (Je N'Veux Pas Rester Sage, Partir Seule, Love And Money), d'autres moins (Killing Time, Garde Moi, J'Attends, Les Mots), et tous, à la première écoute, sont agréables. Certains le restent, comme Fin D'Epoque ou Quand L'Herbe Nous Dévore.

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Dans l'ensemble, ce disque n'est pas honteux, mais pas réussi non plus, c'est un disque de faux grunge qui aurait franchement pu ^tre meilleur, bien meilleur. Bonne production, bons musiciens, mais la chanteuse, sans etre mauvaise, ne semble pas vraiment à sa place selon moi, sa voix est trop gentille. Dolly livre ici un disque à écouter une fois ou deux, mais pas plus. Dans le genre rock, à la même époque, en France, il y à bien meilleur (le premier Louise Attaque, 666.667.CLUB des Noir Désir, Vivants de FFF), même s'il y à, aussi, pire (No One Is Innocent, pour ne citer qu'eux). C'est, donc, pas pourri, mais pas génial non plus ; ça n'a surtout pas très bien vieilli.

Je N'Veux Pas Rester Sage

Quand L'Herbe Nous Dévore

Fin D'Epoque

Les Mots

Joe

Partir Seule

Killing Time

Garde Moi

Si Nous Déposions Les Armes

Monde Sauvage

J'Attends

Love And Money