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Ah, quel bordel que ce disque... Et quelle pochette, aussi. Pour être clair, la pochette de ce deuxième album des Moving Gelatine Plates (un groupe français de rock progressif/expérimental tendance Canterbury), The World Of Genius Hans, sorti en 1972, est tout simplement une des 10 plus atroces, hideuses, révulsantes, pourries, de l'histoire de la musique enregistrée. Pensez-donc : un homme à tête de vache (une vraie tête de vache), avec un blouson de cuir avec col en fourrure, avec du persil dans les naseaux, oreilles et sur la tête, une sorte de cigare entre les 'dents', sur fond rose boucherie, il y à de quoi s'en relever la nuit pour aller pleurer sa mère dans la salle de bains (entre deux crises de vomissement). Heureusement, musicalement parlant, ce disque rare (mais pas le plus difficile à trouver en CD, car, heureusement, il a été réédité il y à quelques temps, avec des bonus-tracks faisant passerle tout à une heure de temps ; l'album, lui, approche des 40 minutes sans les atteindre) est aussi réussi que sa pochette est massacrée. Vous dire s'il est bon, alors ! Le groupe est constitué de Didier Thibault (basse, chant, guitare 12-cordes), Gérard Pons (batterie, percussions), Maurice Hemlinger (orgue, trompette, cuivres divers) et Gérard Bertram (guitare, chant).

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En seulement 7 titres, dont deux sur la première face (le premier morceau, éponyme, dure la bagatelle de 14 minutes, et se trouve en clip plus bas ; les 6 autres morceaux vont entre 6,15 minutes pour Astromonster et 1,25 minute pour Un Jour..., et dans l'ensemble, ne dépassent pas 4 minutes de moyenne), The World Of Genius Hans est un disque vraiment cinglé. Comme sa pochette, oui, je sais. Faisant partie de la scène dite de Canterbury (Soft Machine, Caravan...), mais française (ce qui est plus rare), les Moving Gelatine Plates, quel nom à la con, n'ont pas grand chose à envier à Soft Machine. Leur style est identique, un rock prgressif expérimental un peu weird, le genre de musique qui, à la première écoute, ne donne pas spécialement envie de passer à nouveau du temps (seulement 38 minutes, pourtant) à l'écouter dans le futur. Pourtant, ça serait faire preuve d'une vraie saloperie, tant Astromonster, Cauchemar, Moving Theme et surtout, surtout The World Of Genius Hans (ce morceau dantesque de quasiment un quart d'heure) valent le coup. Plus que Funny Doll ou Un Jour..., mais rien de grave pour ces deux titres. Ca aurait en revanche été préférable de rallonger la durée du premier morceau pour en faire un de 18 minutes au lieu de 14, et, de ce fait, de lui permettre d'occuper toute la face A, et non pas de la partager avec Funny Doll, nettement moins fort et semblant même un peu en trop, après ce cataclysme de 14 minutes.

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Dommage que sa pochette ne donne franchement pas envie d'acheter et d'écouter l'album, car The World Of Genius Hans est clairement un des meilleurs albums de rock progressif et expérimental français avec le Dans Quel Etat J'Erre d'Emmanuel Booz, Obsolète de Dashiell Hedayat, le Camembert Electrique de Gong, l'Album A Colorier d'Albert Marcoeur et le Sarcelles-Lochères de Red Noise. Sans oublier Kobaïa et Mekanik Destruktiw Kommandöh de Magma, qui sont, eux, les meilleurs (et un peu à part, aussi : c'est plus du jazz/rock progressif). Un disque rare, méconnu, à (re)découvrir absolument !

FACE A

The World Of Genius Hans

Funny Doll

FACE B

Astromonster

Moving Theme

Cauchemar

We Were Loving Her

Un Jour...