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18 mai 1980: Ian Curtis, chanteur du groupe de post-punk Joy Division, se pend dans sa cuisine à la veille de la première tournée américaine du groupe qui s'annoncait triomphale. Le groupe est dissous et les membres restant forment un nouveau groupe: New Order. Ils abandonneront alors la cold-wave pour devenir des pionniers de l'electro-pop avec des albums comme Power, Corruption & Lies, et Low-Life, se détachant presque entièrement du son qui avait fait la renommée de leur ancien groupe. Et pourtant au milieu  de cette discographie se cache un album de pur cold-wave qui est le lien qui relie Joy Division à New Order: Movement, parut en 1981.

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Verso de la pochette

Cet album est à part dans la discographie du groupe: En effet, ici pas de tube à la Blue Monday, juste des chansons rythmées mais froides comme de la glace. Si Ceremony, leur premier single sorti avant l'album reste pour moi leur meilleur chanson c'est parce qu'elle est composée de ce qui a fait la renommée des deux groupes: noirceur et desespoir pour Joy Division, et rythme dansant pour New Order. Pour movement c'est la même chose, cet album represente le pont entre Unknown Pleasures et Low-Life, entre Love Will Tear Us Apart et Blue Monday, entre Joy Dvision et New Order. L'album commence par une chanson chantée par Peter Hook le bassiste du groupe: Dream Never End. La chanson est sans doute la moins difficile d'accès avec son rythme presque dansant. Viens ensuite la chanson Truth, chantée par Bernard Summer. Cette fois il n'est plus question de danser: la chanson ne s'y prêtes pas du tout. Ambiance dépressive, paroles sombres, voix grave. On est devant du pur... Joy Division. Et oui car malgré le fait que le groupe ait sorti cet album sous le nom de new order, il s'agit en fait d'un vrai-faux album de new order. D'ailleurs comment en aurait-il put être autrement? La mort de Ian Curtis a marqué les autres membres et ça s'entend: Son fantôme plane sur tout le disque, et une chanson lui est même dédiée: ICB (qui signifierait Ian Curtis Buried). D'ailleurs qu'on on l'entends chanter on a l'impression que Bernard Summer tente d'imiter la façon de chanter de Ian Curtis.

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Movement n'est pas l'album le plus réputé de New Order, on dira qu'ils essayent veinement de refaire la musique qui leur avait permis de percer, mais qui n'est plus la même depuis la mort de Ian. Alors, oui cet album ne fait pas le poids contre les deux chefs d'oeuvres qui l'ont précédé mais il n'est pas mauvais pour autant. Car si ce n'est plus Curtis qui chante et qui ecrit les paroles, les anciens membres de Joy Division sont toujours là, unis dans la fatalité. Et si cet album n'est pas leur meilleur ni leur plus réputé, je ne peux pas m'empêcher de l'aimer. Car on sens que le groupe a tenté de faire honneur a Curtis à travers ces neufs chansons, et que malgré un résultat un peu bancal, ils y ont mis tout leur coeur, et ça c'est déjà pas mal. Cet album sonne comme un adieu au génie disparu, lui qui disait" Guess the dreams always end, they don't rise up just descend" dans Insight.

New+OrderJe ne sais pas à qui je pourrais conseiller ce disque: trop sombre pour les fans de New Order, et trop brouillon pour les fans de Joy Division. Mais si un jour l'envie vous prends de l'écouter, faites-le. Vous ne tomberez pas par terre mais vous découvrirez un disque attachant, fait par des musiciens qui malgré la fatalité voulaient poursuivre leur rêve. Et n'est ce pas le plus important?

Face A

Dreams Never End

Truth

Senses

Chosen times

Face B

ICB

The Him

Doubts Even Here

Denial