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Sorti en 1977, Works - Volume 1 n'est pas, contrairement à ce que l'on pourrait penser en voyant son titre ('travaux, volume 1'), une compilation d'Emerson, Lake & Palmer. Non, Works - Volume 1, double aussi bien à sa sortie en vinyle qu'en CD (il dure 88 minutes, mais le deuxième CD propose trois bonus-tracks live qui en rajoutent évidemment à la durée, faisant passer le tout à 100 minutes environ ; sinon, le CD 1 dure 41 minutes, et le CD 2, 47 minutes), est bel et bien un album studio officiel et inédit du trio de rock progressif comptant parmi les groupes/artistes les plus honnis des fans de rock (avec Jethro Tull et Yes). L'album, qui sera suivi, plus tard dans la même année 1977, d'un Works - Volume 2 à la couverture blanche (et, cette fois-ci, simple album) nettement moins réussi, est en réalité un triple mini-album solo agrémenté d'une dernière face faite par le groupe au complet. Si la face D est, donc, signée Emerson, Lake & Palmer, la face A est, elle, d'Emerson (claviers) seul, la face B, de Lake (chant, guitare, basse) seul, et la face C, de Palmer (batterie) seul. Pour les compositions (même si le parolier Peter Sinfield aide). Un peu comme Ummagumma de Pink Floyd, clairement la référence d'ELP pour ce disque, du moins, pour la structure. Car, musicalement parlant, Works - Volume 1 est nettement moins expérimental qu'Ummagumma ! C'est du rock progressif joué par trois virtuoses, souvent agrémenté d'un orchestre, mais ce n'est pas expérimental. Ce n'est cependant pas non plus totalement commercial, malgré que l'album sera un gros succès commercial (ELP vendait beaucoup de disques à l'époque, un des groupes stars des années 70).

Emerson+Lake++Palmer

Putain, mais mettez-vous dans l'ordre, les mecs ! De gauche à droite, Lake, Palmer, Emerson

La face A ne contient qu'un seul titre, ce Piano Concerto N°1 signé Keith Emerson, et qui est en fait une pièce de musique classique (Emerson, qui s'emballe cependant pas mal vers la fin des 18,30 minutes de ce titre, est un pianiste de talent qui prouve ici qu'il ne sait pas faire que du rock progressif). Ce Piano Concerto N°1 est très bon, c'est même un des tous meilleurs moments de ce double album, mais les fans de rock progressif déchanteront quand même, c'est vraiment de la musique classique, avec orchestre, un peu comme le fameux Concerto For Group And Orchestra de Deep Purple (1969) ; si vous aimez la musique classique, néanmoins, ça devrait vous plaire. Vraiment, Emerson est un bon claviériste. La face B, celle de Greg Lake (ancien de King Crimson de 1969/1970), offre 5 titres, qui sont tous des ballades quasiment acoustiques, de niveau assez inégal. C'Est La Vie (qui n'est pas chantée en français, sauf pour le titre) et Nobody Loves You Like I Do sont assez moyennes, Hallowed Be Thy Name (inutile de dire que ça n'a rien à voir avec la chanson du même nom qu'Iron Maiden fera en 1982...) et le plus long Closer To Believing sont meilleures. Mais dans l'ensemble, cette face B assez sirupeuse n'est clairement pas la meilleure de l'album. Le disque 2 commence par la face de Carl Palmer, six titres (dont un avec la participation guitaristique et vocale de Joe Walsh, des Eagles, New Orleans) qui, eux aussi, alternent entre le super réussi et le passable. The Enemy God Dances With The Black Spirits et la reprise de Tank (morceau initialement présent sur le premier album du groupe, Emerson, Lake & Palmer de 1970), L.A. Nights aussi, sont franchement excellents, tandis que Food For Your Soul et New Orleans déçoivent pas mal. Enfin, la dernière face, qui est celle du groupe au complet, n'offre que deux titres, un de 9,30 minutes qui est une reprise du Fanfare For The Common Man d'Aaron Copeland (excellentissime), et un Pirates de 13 minutes également fantastique. A noter que le morceau Hoedown présent sur l'album Trilogy (1972) du groupe était aussi une reprise de Copeland. Dans l'ensemble, la face D est probablement la meilleure des quatre, preuve que le groupe est meilleur en tant qu'unité qu'en tant que trois entités séparées, comme sur les trois précédentes faces.

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Enfin dans l'ordre !

Works - Volume 1 est donc un disque qui aurait pu être nettement meilleur en simple album ; supprimez les moins bons titres des faces B et C et tout tient sur un seul CD. Tout ne tiendrait pas sur un seul vinyle, en revanche, à moins de virer les morceaux de la dernière face, ce qui ferait donc de l'album un vrai triple mini-album solo. Au final, si on excepte Tank et The Enemy God Dances With The Black Spirits de Palmer, seul Emerson et son concerto de piano classique de quasiment 20 minutes s'en sort avec le plus d'honneur ici, les chansons de Lake, pour belles qu'elles sont souvent, sont quand même un peu fadasses. Quant à la dernière face, elle est vraiment le meilleur moment de ce Works - Volume 1 très sympathique, recommandé aux fans d'ELP et de rock progressif (et d'audaces musicales, aussi), mais qui n'est clairement pas le meilleur moment de la carrière du groupe. A ce moment précis, même, le meilleur d'ELP est derrière eux (Brain Salad Surgery de 1973 est le meilleur album studio du groupe et leur dernier sommet studio) ! Mais c'est quand même pas mal. On notera, ce qui est rare pour le rock progressif, une pochette d'une sobriété exemplaire.

FACE A

Piano Concerto N°1

FACE B

Lend Your Love To Me Tonight

C'Est La Vie

Hallowed Be Thy Name

Nobody Loves You Like I Do

Closer To Believing

FACE C

The Enemy God Dances With The Black Spirits

L.A. Nights

New Orleans

Two Part Invention In D Minor

Food For Your Soul

Tank

FACE D

Fanfare For The Common Man

Pirates