Voici une liste concernant les meilleurs (selon moi) double-albums de l'histoire. Aucun double live ici, cette liste n'est constituée que de double-albums studio (et aussi de double-albums à moitié studio et à moitié live, une concession que je fais car on trouve des titres studios sur ces albums hybrides). Certains sont désormais commercialisés en simple CD. Je préciserai le cas échéant (néanmoins, je ne le préciserai plus à partir des années 90 : les double albums, dès cette période, sont évidemment sortis directement en CD) ! Aucun ordre, mis à part l'ordre chronologique par année (et par année seulement) !

1Blonde On Blonde, Bob Dylan (1966) : En concurrence avec le suivant de la liste pour être le premier double album de l'histoire (en fait, Blonde On Blonde est le premier double album sorti, mais l'album suivant de la liste a été enregistré un peu avant, donc, ils sont ex-aequo selon moi). 73 minutes (simple CD, désormais, donc) imparables qui achèvent la 'Thin wild mercury sound trilogy', trois albums électriques de Dylan sortis entre 1965 et 1966. Blonde On Blonde est probablement le sommet de Dylan. Pas mon préféré (c'est Desire), mais, oui, le meilleur, probablement ! Un immense album ! A noter, un morceau de 11 minutes occupant toute la dernière face à lui tout seul.

2Freak Out !, Frank Zappa & The Mothers Of Invention (1966) : Enregistré avant le Dylan, et sorti après, Freak Out ! est le premier opus de Zappa et ses Mères, un disque bien cintré, court malgré qu'il soit double (une soixantaine de minutes ! inutile de dire, donc, que tout tient sur un seul CD désormais), et offrant une ribambelle de morceaux généralement très courts, mais, aussi, une pièce montée de 12 minutes sur la face D, un vrai bordel sonore que Zappa proposait aux auditeurs d'écouter en premier : si l'écoute était appréciée, supportée pendant les 12 minutes, alors là, ils pouvaient écouter le reste sans problème ; sinon, la benne à ordures !

3Electric Ladyland, The Jimi Hendrix Experience (1968) : 75 minutes (simple CD) immense, une sorte de concept-album sans en être vraiment un. Un des albums les plus phénoménaux, grandioses, jamais faits, un album qui, dès la première écoute, m'a fracassé la tête comme rarement un album l'a fait (et le fera par la suite). Un disque totalement parfait que cet Electric Ladyland, et je pense avoir tout dit pour le coup ; la perfection se passe de commentaires.

4The Beatles, The Beatles (1968) : 94 minutes de musique, pour 30 morceaux, l'album est toujours double en CD. On a tout dit sur ce disque : trop long, rempli de chansons assez moyennes, une auberge espagnole dans laquelle on trouve de tout, et un peu trop de tout...Les Beatles commençaient sérieusement à s'autodétruire (l'album a été enregistré par les quatre, chacun de son côté, mis à part quelques sursauts d'union de groupe), ce disque sorti sous une pochette spartiate en est la preuve. Le Double Blanc est une oeuve magistrale, culte, essentielle, mais, aussi, imparfaite, il y à vraiment, il est vrai, des trucs pas terribles. Mais, si on retire le moins bon, on se retrouve toujous avec un double album, peut-être pas en CD, mais toujours un double vinyle. Donc, même en virant le moins bon, ce disque reste un grand moment de créativité, et inutile de dire que si vous aimez le rock et que vous n'avez pas ce disque chez vous, alors c'est que vous n'aimez pas le rock tant que ça. Le genre de disque qui impose le respect.

6Living The Blues, Canned Heat (1968) : Toujours double en CD, cet album, comme le suivant, est à la fois live et studio. Le premier disque, le plus long (47 minutes) est le studio, il offre un morceau de 20 minutes, mais aussi pas mal de morceaux plus courts, et parmi eux, vraiment de très bonnes chansons. Le disque live dure 40 minutes, et ne contient qu'un seul titre, un boogie de 40 minutes, donc, scindé en deux faces (sur le CD, on a deux plages audio de 20 minutes, elles n'ont pas été réunies en une seule, heureusement, ça rend l'écoute plus facile). Ce qui est un peu trop, on en conviendra, mais ça aurait pu être pire, Canned Heat a souvent joué pendant une heure sur un seul morceau, à l'époque... Dans l'ensemble, caricatural, mais sansdoute le sommet du groupe.

5Wheels Of Fire, Cream (1968) : Là aussi, un album à la fois live et studio. En revanche, c'est nettement plus court : à quelques secondes près, tout tiendrait sur un seul CD ! Le disque studio est le premier, 36 minutes, quasiment rien à dire de négatif (une ou deux chansons un peu datées, rien de grave), une collection de classiques de Cream. Le deuxième disque dure 44 minutes, est live, et n'offre que 4 titres, dont deux de plus de 16 minutes (l'un des deux est un solo de batterie monstrueux, sans doute le meilleur solo de batterie live jamais enregistré). Je ne sais pas lequel des deux disques est le meilleur ; sans doute le live, car la performance (au Winterland et dans un des Fillmore) est insensée !

9Chicago Transit Authority/Chicago I, Chicago (1969) : Premier album de Chicago, qui s'appelait, alors, Chicago Transit Authority, mais la compagnie de transports publics de Chicago, qui porte ce titre, leur demandera de changer de nom ; ils le raccourciront (la ville de Chicago n'a pas gueulé, heureusement). 76 minutes (simple CD, donc) absolument sensationnelles, avec notamment un titre enregistré totalement live et long de 14 minutes, sans rajouts ou modifications studio, en final d'album. Un croisement hallucinant entre rock et jazz, interprété par un groupe (constitué de sept membres dont un trio de cuivres) au sommet de son art, ce qui, pour un premier album, est assez remarquable (et sortir un double album en tant que premier album est assez rare et osé, même s'ils ne sont pas les seuls à l'avoir fait) !

7Tommy, The Who (1969) : 75 minutes pour 24 titres, simple CD désormais. Un opéra-rock cultissime qui sera adapté en film (1975, Ken Russell, les Who jouent dedans, ainsi que Tina Turner, Elton John, Eric Clapton...) et en comédie musicale scénique. Un album très riche en sonorités, avec une histoire très abracadabrantesque, mais, Tommy, mis à part ça, reste un classique absolu, avec livret d'opéra dans la pochette, morceaux parfois très très courts, multiples personnages, chansons indémodables... Oui, un classique !

10Ummagumma, Pink Floyd (1969) : Mon album préféré du groupe, toujours double (86 minutes), et constitué d'un disque live (le premier, 39 minutes, 4 titres immenses, malgré une production assez moyenne, rapport aux techniques de l'époque) et d'un disque studio (47 minutes, 12 titres) constitué de pièces solo des quatre membres du groupes, toutes ou presque séparées en plusieurs parties (officiellement, la pièce de Wright fait 4 sous-parties, celle de Gilmour et de Mason en font chacune 3, et Waters, le tricheur, a signé deux pièces solo en une partie chacune). Ummagumma est un disque expérimental, très expérimental, de la pochette aux morceaux, et c'est un des joyaux du groupe. Mais il faut s'accrocher, par moments ! Grand Prix du Disque, Académie Charles-Cros, en France, en 1969.

8Uncle Meat, Frank Zappa & The Mothers Of Invention (1969) : Un délire qui, logiquement, en CD, devrait tenir sur un seul disque. Mais, hélas, Zappa a laissé mettre trois bonus-tracks totalement nuls, dont 40 minutes (en deux plages audio, dont une de 37 minutes !!!) de dialogues extraits d'un film tourné par Zappa, jamais sorti, et qui aurait du être l'équivalent filmique de l'album. Gros problème : ces trois bonus-tracks, qui totalisent environ 43 minutes de son, sont posés au début du deuxième CD, avant l'équivalent de la face D de l'album !!! Pourquoi ne pas les avoir foutus après les morceaux de la face D ? Et surtout, pourquoi les avoir foutus sur l'album, en fait ? On peut parler de malus-tracks, et pas de bonus-tracks, pour ce coup. Mis à part ça, Uncle Meat, très difficile d'accès, est un album franchement grandiose, bien barré, rempli de grands moments. Mais il faut aimer Zappa !

11Odessa, Bee Gees (1969) : Album méconnu, qui tient sur un seul CD désormais, et est probablement le sommet des Bee Gees, devant le pourtant fabuleux Trafalgar sorti par la suite. Un disque vraiment magnifique, rempli de sublimes chansons, un album, sinon, assez méconnu, rare, qu'il faut à tout prix découvrir. Sauf erreur de ma part, ce ne fut pas un succès retentissant à sa sortie, raison de plus pour redécouvrir Odessa, album assez injustement oublié !

12Trout Mask Replica, Captain Beefheart & His Magic Band (1969) : 28 titres, pour 78 minutes (simple CD, donc, mais de justesse) de pur bordel produit par Zappa, et ça se sent ! Un chef d'oeuvre déconstruit, qui revisite allègrement pas mal de courants musicaux américains, rock, folk, blues, bluegrass, jazz, country...A la sauce Beefheart (alias Don Van Vliet, ami de Zappa, mort en début d'année 2011). Trout Mask Replica, sous sa pochette assez hideuse, sera un bide, et un disque généralement mal-aimé des foules, car vraiment cintré, il faut plusieurs écoutes et une bonne volonté pour l'aimer. Un classique barge !

16Self Portrait, Bob Dylan (1970) : Oui, vous ne rêvez pas, n'hallucinez pas, je parle bien de Self Portrait. Double album, mais simple CD de 74 minutes (24 titres), il est le premier album des années 70 pour Dylan, son deuxième double album studio, et un de ses plus mal-aimés. Il faut dire que Dylan a bien réussi à faire venir tout le monde contre lui, avec cet album sorti sous une pochette qu'il a peint lui-même, album constitué en grande partie de reprises, et sur lequel Bob chante d'une voix de crooner déjà utilisée sur Nashville Skyline (1969). Dylan veut tuer sa réputation de prophète annonçant la bonne parole folk, et il y est parvenu, même les plus fervents fans n'apprécieront pas ce disque qui, aujourd'hui, tend à être un peu réhabilité. Perso, je l'ai toujours adoré pour ce qu'il est : un bon disque de musique simple, sans fioritures, sans génie, certes, mais tout sauf raté. Clairement pas le meilleur du Barde, mais c'est pas mal !

18Third, Soft Machine (1970) : Simple CD de 75 minutes, Third contient quand même 4 titres allant entre 18 et 19 minutes, soit un par face ! Très difficile à écouter car très complexe, expérimental, recherché, ce troisième cru de Soft Machine est une pure réussite de free-jazz/rock progressif/Canterbury rock. Impossible d'aimer l'album à la première écoute, il en faut plusieurs pour pleinement l'apprécier, mais au bout du compte, c'est une incontestable réussite du genre.

17All Things Must Pass, George Harrison (1970) : Triple album (double CD) constitué de deux disques studio (qui pourraient tenir sur un seul CD) et d'un troisième disque plus court, constitué de jams instrumentales studio (en fin du CD 2). Produit par Phil Spector, All Things Must Pass, premier vrai album solo de George Harrison, est un sommet absolu, touchant, puissant. Participation de musiciens de grand talent (Clapton, Billy Preston, Ringo, Phil Collins, Bobby Keyes, Peter Frampton...) pour cet album indispensable au plus haut point, rempli de pépites inoubliables. Pochette qui fait allusion aux Beatles (les quatre nains de jardin), comme certaines chansons, composées pendant qu'Harrison était dans le groupe...

21(Untitled), The Byrds (1970) : A la fois live (le premier disque) et studio (le deuxième), c'est l'album le plus long des Byrds (dont la durée moyenne des albums est de 30 minutes...), et une belle réussite, sans être toutefois un sommet absolu, n'exagérons rien. Mais ce (Untitled) de 1970 est vraiment un disque sous-estimé, oublié, même, et il est, tout du long (il tient sur un seul CD de 71 minutes), franchement  réussi et à découvrir !

20Bitches Brew, Miles Davis (1970) : La claque, durant 95 minutes (donc, toujours double en CD). Le sommet de Miles Davis, devant Kind Of Blue et On The Corner. Un album quintessentiel sur lequel je n'ai rien d'autre à dire, si ce n'est que c'est probablement mon album préféré !

13Layla And Other Assorted Love Songs, Derek & The Dominoes (1970) : 77 minutes sensationnelles (simple CD). Eric Clapton, alors en pleine addiction à l'héroïne, a regroupe autour de lui plusieurs super musiciens rencontrés pendant les sessions de l'album de Harrison situé plus haut. Et il a aussi fait venir Duane Allman, guitariste des Allman Brothers Band, pour, au final, un chef d'oeuvre de blues-rock qui, hélas, ne marchera pas fort à sa sortie (la faute à une pochette douteuse et à l'absence de crédits des musiciens dessus, personne ne savait vraiment ce que c'était, sauf les spécialistes). Un pur sommet totalement parfait.

14Chicago II, Chicago (1970) : Deuxième album du groupe, qui s'est renommé Chicago (officiellement, ce deuxième album s'appelle Chicago, et pas Chicago II). Encore un double, mais c'est un double très court (67 minutes, pour...23 minutes !!), tout tient donc sur un CD. Album immense qui impose encore une fois le groupe. Chose assez incroyable de sortir d'affilée deux double albums studio (et le suivant aussi sera double), mais Chicago l'a fait ! Ce deuxième cru est probablement meilleur encore que le déjà fantastique premier opus, là aussi, fallait le faire !

15Yeti, Amon Düül II (1970) : 68 minutes (simple CD) assez barges. Un premier disque assez sulfureux, avec des morceaux très étranges, chantés ou instrumentaux, et un deuxième disque constitué de trois jams (dont une de 18 minutes et une de 9), très expérimentales. Un des sommets du krautrock (rock progressif expérimental allemand), car Amon Düül II est allemand. Un disque à l'image de sa pochette : étonnant, envoûtant, un peu flippant, et totalement maîtrisé !

19Kobaïa, Magma (1970) : Toujours double en CD (81 minutes, c'est donc de peu), Kobaïa, alias Magma, est le premier album de Magma, groupe français de jazz/rock progressif. Leur musique est en fait tellement à part qu'elle a quasiment été créée par eux, et baptisée zeuhl. De même que le langage dans lequel ils chantent, idiome inventé par le batteur et leader du groupe, Christian Vander (un fan absolu de Coltrane), le kobaïen. Guttural, germanique, scandinave, hors de ce monde, et totalement fantastique. Les 10 titres de ce double album sont inoubliables. Parfois flippant (Vander pousse, parfois, des cris assez weird !), porté par la batterie fantastique et le chant également fantastique de Klaus Blasquiz, Kobaïa est le sommet du groupe, même si Mekanïk Destruktïw Kommandöh de 1973 (simple) est également parfait. A noter, cet album raconte l'histoire d'une horde de Terriens qui quittent la Terre à bord d'un vaisseau, pour trouver un nouvel Eden, qu'ils trouveront sur la planète Kobaïa, leur nouvel havre de paix...

22Tago Mago, Can (1971) : Sur une construction proche de celle du Yeti d'Amon Düül II (un disque bizarre, mais assez rock et accessible, et un disque expérimental et complexe), ce double album de 73 minutes pour 7 titres (tout tient sur un CD) est une pièce monumentale, monstrueuse, inclassable, un coup de génie de la part des Allemands de Can (et de leur chanteur nippon Damo Suzuki). Tago Mago est une expérience à vivre plus qu'un album à, vulgairement, écouter. Incroyable.

23Chicago III, Chicago (1971) : Encore un double album (71 minutes, simple CD, pour 23 titres dont plusieurs formant des suites musicales) pour Chicago ! Et l'album suivant, live, sera quadruple, lui ! Chicago III est une superbe réussite, bien qu'un chouia moins exceptionnel que les deux précédents. Comme je l'ait dit, on a plusieurs suites de morceaux, quasiment une par face excepté sur la première ; pas mal des morceaux sont très, très courts. L'ensemble, malgré une suite finale (face D) un peu en-deça, est d'un grand niveau. Du jazz-rock franchement remarquable !

24Live - Evil, Miles Davis (1971) : Toujours double en CD (50 minutes environ par CD), Live - Evil est à la fois live et studio, mais il n'y à pas un disque par style, ici ; tout est habilement en alternance. Une grande partie de la face A est live, comme la D, comme aussi, quasiment toute la C et une bonne partie de la B. En gros, on a environ 15 minutes d'enregistrement studio et 85 minutes de live. L'ensemble est totalement fantastique, et si cet album sorti sous une pochette de Mati Klarwein (comme Bitches Brew) est moins connu que ce dernier, c'est vraiment une grosse injustice, car il est, clairement, aussi bon.

25Tanz Der Lemminge, Amon Düül II (1971) : Les trois premières faces sont constituées de trois longs morceaux, et la dernière offre trois titres plus courts. Tanz Der Lemminge, qui fait suite à Yeti, est aussi long (68 minutes, simple CD, donc), et aussi grandiose, mais la longueur des morceaux (entre 15 et 19 minutes, sauf la face D) rend le tout très difficile d'accès au départ. Mais ça n'empêche pas ce double album de 1971 d'être une totale réussite de krautrock. Le deuxième meilleur album du groupe.

28Exile On Main St., The Rolling Stones (1972) : 67 minutes (simple CD) enregistrées dans une cave de villa à Villefranche/Mer, Côte d'Azur, en été 1971, par des Stones bien défoncés (la villa avait été louée par Keith Richards). Un son assez rocailleux (vu les circonstances d'enregistrement) et une série de chansons monstrueuses, qui revisitent les différents styles musicaux américains, comme le blues, la country, le gospel, le rock... Le sommet des Stones, probablement. Il sera moyennement accueilli à sa sortie, on se demande vraiment pourquoi. Et si c'était le meilleur double album de l'histoire, finalement ? En tout cas, un des meilleurs, clairement.

27666, Aphrodite's Child (1972) : Toujours double en CD, malgré que le premier disque dure 36 minutes (pour 16 titres), et le deuxième, 42 (pour 8 titres), soit 78 minutes en tout ; autrement dit, tout 666, album concept sur le dernier livre de la Bible (L'Apocalypse ou Les Révélations), pourrait tenir sur un seul CD. Un album grandiose et totalement barge, totalement écrit (pour la musique) par Vangelis, qui était membre des Aphrodite's Child. Les textes sont de Costas Ferris, qui ne faisait pas partie du groupe. Un disque totalement cinglé qui mélange rock, rock progressif, musique expérimentale, ambient, musique traditionnelle grecque, spoken-word... Quand il chante, Demis Roussos est au sommet, sa basse aussi. L'ensemble de ce disque est totalement bluffant, littéralement. Mais il faut s'accrocher, aussi, parfois !

29Something/Anything ?, Todd Rundgren (1972) : Toujours double en CD (il dure environ 90 minutes), Something/Anything ? est le premier sommet absolu de Todd Rundgren, qui livera par la suite bien souvent des performances incroyables en album (durée explosée pour un vinyle simple, morceaux très longs ou, au contraire, très courts et très nombreux...). Quasiment chacune des faces est à part : la première est pop, la deuxième plus expérimentale, la troisième plus rock et mainstream, la dernière, jouée par Todd et des musiciens (car, sur les trois premières faces, Todd joue de tout, tout seul, comme un grand). L'ensemble force le respect, même si l'album suivant, A Wizard/A True Star (56 minutes, 19 titres, un seul vinyle) est supérieur encore.

26Some Time In New York City, John Lennon & Yoko Ono (1972) : Là, je vais être clair, c'est comme pour Self Portrait (et un autre album, français celui-là, plus bas dans la liste) : l'album n'est pas immense du tout. Mais ce double album (toujours en CD : il dure 90 minutes), à la fois studio - disque 1 - et live - disque 2 - est quand même sous-estimé. Oui, ce n'est pas du grand art, on a des chansons assez moyennes (dont certaines chantées par Yoko) sur le disque studio, et le disque live est souvent inaudible (Yoko, qui miaule insupportablement pendant plus d'un quart d'heure), malgré de bons passages, notamment avec Frank Zappa (les morceaux datent notamment d'un concert de Zappa au Fillmore East en 1971, au cours duquel Lennon et Yoko ont aimablement participé ; Zappa sortira, de son côté, en 1971, un Fillmore East, June 1971 sur lequel Lennon et Yoko n'apparaissent pas, ce disque live de Some Time In New York City est donc un petit complément). Dans l'ensemble, cet album est considéré comme un des moins bons de Lennon, ce qui n'est pas totalement faux, mais il reste quand même très écoutable, surtout le disque studio (43 minutes).

30Eat A Peach, The Allman Brothers Band (1972) : En 1971, Duane Allman (guitare) meurt, accident de moto. Moins d'un an plus tard, Berry Oakley (basse) défunte aussi, pareil. Le groupe, en deuil, sort ce double album à moitié live (un morceau de 33 minutes, scindé en deux parties de 16 minutes en vinyle, tout a été réuni en un bloc en CD) et à moitié studio, pour rendre hommage aux disparus. Un très très grand album méconnu du ABB, ce Eat A Peach. Pour fans de blues-rock sudiste. Et pour les autres.

31Manassas, Stephen Stills & Manassas (1972) : Entouré de grands musiciens (Hillman des Byrds, Taylor, Joe Lala...), Stills forme son groupe Manassas, qui tiendra deux-trois albums. Ce premier, 72 minutes et zéro secondes (bravo, le timing ! Tout tient donc sur un CD), est le meilleur. Quatre suites, une par face, et quasiment quatre styles musicaux abordés, la country, le rock, la folk, le blues, un par suite. L'ensemble est totalement puissant et force le respect. Le meilleur de Stills en solo, même s'il n'est pas seul (mais l'album est quasiment considéré comme faisant partie du répertoire solo de Stills).

32Quadrophenia, The Who (1973) : Deuxième et dernier opéra-rock des Qui, et le meilleur. Double en CD (de justesse : 82 minutes), Quadrophenia sera, comme Tommy, adapté au cinéma (1979, par Franc Roddam, avec Phil Daniels et Sting). Sans doute trop de cuivres et synthés, mais l'album est vraiment grandiose à part ça, et il compte beaucoup pour moi, aussi et surtout. Un album culte, à l'histoire pas toujours évidente (les aventures d'un jeune mod atteint de double schizophrénie, la quadrophrénie, maladie mentale imaginaire), et rempli de grands moments. L'album du groupe dont Townshend (guitare, leader) est le plus fier.

331962/1966, The Beatles (1973) : Rien de moins que le meilleur de la première période des Beatles. Seul hic : la durée de ce double album est infime : deux disques de 30 minutes. Mais il est toujours double en CD, ce qui, surtout au prix des albums des Beatles (chers), est une honte. Mais ça ne serait plus le 'double rouge', sinon, dans un sens... Immense, sinon.

341967/1970, The Beatles (1973) : Immense compilation regroupant le meilleur de la fin des Beatles. Ma période préférée d'eux. Ce 'double bleu' est, sinon, toujours double en CD, lui aussi, et là, au moins, on le comprend, car il offre 50 minutes par disque. Soit, rendez-vous compte, quasiment la totalité du 'double rouge' par disque ! Grandiose, tout simplement.

3641 Original Hits From The Soundtrack Of "American Graffiti" (1973) : 100 minutes (50 par disque, toujours double, donc) fantastiques, et 41 morceaux (un instrumental et 40 chansons) issus de la bande-son du film American Graffiti de George Lucas. Du rock'n'roll des années 50 et 60, de la pop et du doo-wop de la même période, les Cleftones, Del Shannon, Bill Haley, Buddy Holly, Fats Domino, Booker T. & The M.G.'s, les Platters, et le faux groupe Flash Cadillac & The Continental Kids qui apparait dans le film, ce double album de compilation et musique de film est une oeuvre indispensable qui fonctionne parfaitement comme machine à remonter le temps. Magnifique !! Pas d'Elvis Presley, en revanche, mais il ne manque pas tant que ça...

35Goodbye Yellow Brick Road, Elton John (1973) : 73 minutes (simple CD) sensationnelles, une collection de grandes chansons glam et pop, un album qui montre Elton (qui l'a enregistré au Château d'Hérouville, en France, mais vouait à la base le faire en Jamaïque) à son sommet, à son meilleur absolu. Rien d'autre à dire, 17 immenses titres.

37Tales From Topographic Oceans, Yes (1973) : Toujours double en CD, cet album n'offre que 4 titres allant entre 18 et 21 minutes chacun ; un par face, deux par disque (40 minutes par CD). Le sommet de Yes, mais aussi un disque très caricatural, sa longueur et sa richesse sont telles qu'il est difficile d'apprécier pleinement l'album avant une bonne poignée d'écoutes. La pochette de Roger Dean, habitué du groupe, est une des plus belles au monde. Grand disque de rock progressif.

39Chicago VII, Chicago (1974) : Après leur quadruple live de 1971, le groupe a livré deux albums simples (une première pour eux !), puis, en 1974, retour à un double album avec leur septième, qui tient sur un seul CD. Ce septième opus n'est pas aussi quintessentiel que les trois premiers, mais il offre vraiment de belles chansons et reste à écouter si on aime Chicago et la pop/rock mélangée au jazz. C'est vraiment du bon travail !

40Big Fun, Miles Davis (1974) : 50 minutes par disque, et 2 morceaux par disque ; un par face, donc. Deux de 28 minutes, et deux de 21 minutes, faut le faire (Miles fera plus fort la même année) ! Big Fun date des sessions de Bitches Brew, d'ailleurs, deux des morceaux sont sur le longbox The Complete "Bitches Brew" Sessions, désormais. Rien à jeter, c'est sans doute un peu long par moments, mais c'est du grand, très grand jazz-rock. Pour fans.

38Todd, Todd Rundgren (1974) : Au final assez court (67 minutes, tout tient sur un CD ; amusant, un an plus tard, Rundgren sortira un album de la même durée, qui tiendra sur un seul vinyle chargé à bloc, Initiation), Todd est un album assez méconnu mais vraiment réussi de Todd Rundgren, rempli de grandes chansons (et d'autres moins remarquables). Un disque assez expérimental, même s'il va moins loin qu'Initiation ou A Wizard/A True Star (1973). Un très très bon opus de la part de ce génie musical un peu fou !

41The Lamb Lies Down On Broadway, Genesis (1974) : 93 minutes de bonheur progressif. Un album conceptuel racontant une histoire assez absconse (un jeune désoeuvré new-yorkais d'origine portoricaine, Rael, descend dans le métro pour aller chercher son frangin John, porté disparu, et va vivre d'étranges aventures, rencontrer diverses créatures fantastiques...), qui sera le dernier album de Genesis avc Peter Gabriel. Une oeuvre incroyable, complexe, riche, bénéficiant de la collaboration de Brian Eno, et qui s'impose, malgré une face C un peu ratée, comme un des sommets du rock progressif et du groupe. Culte.

42Get Up With It, Miles Davis (1974) : Attention, chef d'oeuvre méconnu, et album très long, au point même qu'on en vient à se demander, dans un premier temps, si tout était bien sur le vinyle (c'est le cas) : le premier disque dure 60 minutes, et le deuxième 64, et chacun offre 4 titres, dont un de 32 minutes sur la face A, et un de 32 minutes sur la face C ! Dernier album studio de Miles avant une période de repos de 7 ans, Get Up With It est un sommet absolu de fusion, un chef d'oeuvre qui se pose là comme étant un de mes albums de chevet, en général. Mon deuxième préféré de Miles derrière Bitches Brew. Immense !

43Physical Graffiti, Led Zeppelin (1975) : Toujours double (82 minutes). Un disque considéré comme un des sommets du groupe, ce qui, dans un sens, est tout à fait vrai ; mais ce n'est pas le sommet du groupe non plus, leur quatrième album sans titre de 1971 est nettement supérieur. Mais Physical Graffiti, quand même, et comme l'album Blanc des Beatles, offre plus de réussites que de ratages. En supprimant le moins bon, on aurait, c'est sûr, un simple CD, mais l'album serait toujours double en vinyle (ou alors, en écrasant bien les sillons, tout tiendrait, mais le son serait très faible, dans ce cas). L'album, qui mélange morceaux enregistrés en 1974 et morceaux datant d'anciennes sessions, est inégal, mais, sincèrement, ça reste une claque de heavy rock, que j'adore réécouter de temps en temps, toujours avec bonheur. Quelque part, c'est un grand disque !

44The Basement Tapes, Bob Dylan & The Band (1975) : Désormais simple CD, The Basement Tapes a été enregistré dans le sous-sol d'une maison de West Saugerties, près du futur lieu du festival de Woodstock, par Dylan et The Band, en 1967. Les bandes sont sorties en bootleg à l'époque, et officiellement en 1975. 24 chansons remarquables, qui seront pour quelques unes reprises par les Byrds ou The Band. Un album fantastique, séminal même, enregistré à l'arrache par un groupe en grande forme et un Dylan en pleine convalescence (après un accident de moto, en réalité une cure de désintox maquillée). Un disque essentiel.

45Songs In The Key Of Life, Stevie Wonder (1976) : La perfection en double album. Triple en vinyle (deux disques 33 tours de 42 et 44 minutes, et un mini album de 17 minutes glissé dans la pochette, offrant 4 titres en plus), désormais double (premier disque : le premier vinyle ; deuxième disque : le deuxième vinyle et le mini-album) de 100 minutes environ. Rien à jeter, la perfection pop, soul, funk et même rock. Immense. Le sommet de Stevie Wonder, malgré Innervisions de 1973.

47Blue Moves, Elton John (1976) : Sans doute le dernier chef d'oeuvre d'Elton John. Pas son sommet, mais, clairement, une belle réussite de pop teintée de glam (mais plus trop). De superbes chansons, d'autres moins remarquables. Sans doute un peu trop long (toujours double en CD, je crois ; je ne l'ai qu'en vinyle), mais il y à plus de réussites que de choses moyennes sur ce Blue Moves vraiment joli, et globalement très apprécié.

46Hamlet, Johnny Hallyday (1976) : Hé oui. Toujours double, mais de justesse (en fait, il devrait être simple CD, il me semble, à moins d'avoir mal additionné les durées), cet album concept, opéra-rock progressif sur la pièce de Shakespeare, sera un bide monumental à sa sortie. Tout le monde s'en foutra. L'album est devenu un objet de culte (que je suis bien content d'avoir en vinyle, il y avait un poster, et un livret avec des paroles, qui sont parfois assez tartignolles, d'ailleurs), une rareté, un OMNI absolu, et, sincèrement, si on excepte les paroles, ce n'est pas raté du tout. Musicalement, Hamlet version Johnny est même un disque très réussi et original, fallait oser le faire. Johnny se remettra mal de l'échec de cet album qui aurait du, sinon, être adapté en comédie musicale scénique ; le bide de l'album enterrera ce projet...

49"Saturday Night Fever" Soundtrack (1977) : Grandiose bande-son (77 minuts, tout tient sur un CD) constituée en partie de morceaux des Bee Gees (période disco, évidemment) et de morceaux disco et lounge, tous dans le film, tout superbes (de David Shire, Tavares, etc). Dans l'ensemble, ce best-seller des années 70 est une réussite totale qui vieillit nettement mieux que le film de John Badham !

48Moonflower, Santana (1977) : A la fois live et studio, mais comme Live - Evil de Miles Davis, autrement dit, un peu de tout par face (même si la face B est quasi exclusivement live). Moonflower est toujours double en CD (40 et 46 minutes). On a environ une demi-heure de morceaux studios inédits (superbes) et un peu moins d'une heure de live (anthologique). L'ensemble est totalement inoubliable, et cet album est un des sommets du groupe. L'alternance live/studio est telle qu'on croirait presque que tout est live ! Certains l'ont longtemps cru, mais c'est pourtant clairement indiqué sur la pochette, ce qui est live et ce qui est studio sur l'album...

50One Nation Under A Groove, Funkadelic (1978) : Pas vraiment un double, en fait : l'album initial, qui contient 6 titres, ne dure que 42 minutes (sur un seul vinyle), mais un deuxième disque, un maxi-45-tours de trois titres et d'une durée d'environ 17 minutes était glissé dans la pochette. Ce qui fait 58 minutes (simple CD), mais un double album en vinyle. Un album totalement cintré, du funk-rock assez zappaïen, grandiose de bout en bout, très inspiré par le sexe et le scato (âmes sensibles anglophones...), un disque mémorable à découvrir absolument !

51Here, My Dear, Marvin Gaye (1978) : Un Marvin Gaye miné par un divorce d'avec sa femme, soeur de Berry Gordy (patron de Motown Records) est à l'origine de ce double album remarquable, amer, cynique, désabusé, qui sera un bide retentissant à sa sortie et est aujourd'hui assez mal apprécié. Mais Here, My Dear, tenant sur un seul CD (du moins, il me semble), est une vraie réussite de la part de cet immense artiste soul/funk. Fans de Gaye, vous savez quoi faire, désormais. Réhabilitons cet album !

53Sheik Yerbouti, Frank Zappa (1979) : 70 minutes de musique (simple CD) enregistrées live, mais les applaudissements ont été virés. Cet album est donc l'unique inclusion d'un live sur la liste, car, dans un sens, ça n'en est pas un (et puis, tous les titres sont inédits). Un excellent album, bien qu'un peu moyen sur certains titres, vers la fin, mais dans l'ensemble, c'est un des derniers grands albums de Zappa. Qui s'est encore une fois entouré d'immenses musikos (Adrian Belew...). Excellent !

52Tusk, Fleetwood Mac (1979) : Simple CD d'environ 75 minutes, Tusk est le dernier chef d'oeuvre du groupe, un disque aventureux, remarquable, aussi réussi qu'il sera un échec (enfin, pas un bide total, mais clairement pas un triomphe commercial) à sa sortie. On accusera Fleetwood Mac, qui faisait de la pop classieuse depuis 1975, d'en faire trop, sur ce coup, avec ces 20 titres pas toujours totalement évidents. Mais ça reste pop, et sincèrement grandiose. On a même quelques unes des plus grandes chansons du groupe. Bref, un grand cru du Mac ; à noter que l'album n'a rien à voir avec le film du même nom, de Jodorowsky, de 1978 (le titre de l'album et du film signifie 'défenses d'éléphant', le film parle d'un éléphant, et on en voit sur les photos du livret, mais ça s'arrête là) !

54London Calling, The Clash (1979) : Double vinyle, simple CD de 65 minutes. Rien à dire sur cet album, le seul double album de l'histoire du punk (même si l'album suivant du groupe, Sandinista ! de 1980, sera, lui, triple, vendu au prix d'un simple, comme London Calling, vendu aussi au prix d'un simple - mais Sandinista ! n'est pas vraiment punk), un disque mémorable, caviardé d'immenses chansons. On notera la présence d'un 19ème titre absent de la pochette de l'album initial, car rajouté à la dernière minute ; en quelque sorte, une sorte de ghost-track avant l'heure (le morceau est désormais officiellement crédité). Pochette mythique parodiant Elvis Presley (son album de 1956), notamment le lettrage.

55Metal Box, Public Image Limited/PiL (1979) : Triple en vinyle, mais l'album ne dure qu'une petite heure, tout tient donc sur un CD. La raison des trois vinyles (il y à 12 titres) est que le groupe a voulu élargir le plus possible les sillons pour laisser le son, et surtout la basse, prendre son envol. La basse de Jah Wooble est en effet totalement hypnotique, grandiose, sur ce disque sorti dans une grande boîte de métal (toujours en CD), et qui est plus connu pour son contenant que son contenu, malheureusement. Mais ce deuxième album de Public Image Limited, alias PiL, est clairement un essentiel de la new-wave, un disque sensationnel, froid, clinique, plein de dubs et de trucs bizarres, mais un chef d'oeuvre.

56The Wall, Pink Floyd (1979) : Comme Physical Graffiti et, dans un sens, Some Time In New York City : tout sauf parfait, mais, quelque part, un album vraiment intéressant. The Wall est longuet (pourtant, il n'est toujours double, en CD, que de justesse), mais il offre pas mal de grands, grands moments, il serait donc dommage de l'ignorer plus longtemps. Après, évidemment, ce disque est un peu surfait, inégal, surestimé, ce n'est pas le sommet du Floyd, c'est même leur chant du cygne (rien ne va plus pendant l'enregistrement), mais, quelque part, ce disque monolithique à la pochette aussi imposante et sobre que celle du fameux album des Beatles sorti 11 ans plus tôt, cet album, donc, est indispensable, malgré tout.

58The River, Bruce Springsteen (1980) : Toujours double en CD, de peu (à trois/quatre minutes près). Un album qui alterne entre rock et pop, entre énergie et douceur, tristesse, aussi. Le Boss, ici, mérite pleinement ce surnom, tant The River assure du début à la fin, même si je regrette une ou deux chansons un peu moyennes sur la face B (qui, cependant, se finit en apothéose avec le morceau-titre). Un album essentiel et emblématique de Springsteen.

57Joe's Garage, Frank Zappa (1980) : Triple en vinyle, double en CD, c'est un album concept racontant littéralement une histoire qui se veut être une sorte de Fahrenheit 451 dans laquelle on remplace l'interdiction des livres par l'interdiction de la musique. On a vraiment de grands moments dans Joe's Garage, même si cet album, qui marque en quelque sorte la fin de la grande période Zappa (de ses débuts à 1980, soit une immense période), est trop long (2 heures) et contient, aussi, des passages un peu moyens. Mais, dans l'ensemble, un zappaphile se doit de l'écouter, car c'est du bon boulot.

591999, Prince (1982) : 70 minutes (tout tient sur un seul CD) dont seule la production un peu datée est à reprocher. Sinon, une série de chansons imparables, assez longues le plus souvent (il n'y en à que 11), et qui prouve qu'en cette fin  d'année (octobre/novembre) vampirisée par Michael Jackson (Thriller venait de sortir), Prince arrive à devenir un concurrent sérieux. Au final, c'est Jackson qui gagnera la guerre, aussi bien pour l'album que les singles, mais Prince a bien essayé, et 1999 reste son deuxième meilleur album derrière...celui qui sera abordé un peu plus bas dans la liste !

61Entre Gris Clair Et Gris Foncé, Jean-Jacques Goldman (1986) : Le sommet de Jean-Jacques Goldman. Pas mal de classiques sont là, sur ce disque qui est toujours double en CD, et s'impose comme un des meilleurs albums de chanson et de pop française de la décennie 80. Un disque assez pop, un autre plus acoustique et 'chanson', et dans l'ensemble, c'est vraiment sublime.

60Sign 'O' The Times, Prince (1987) : A une minute près, tout pourrait tenir sur un seul CD...Ce qui est assez rageant, comme pour deux autres albums de la liste abordés bien plus haut ! Musicalement, cet album est le sommet de Prince, ce qui n'est pas peu dire, car Prince a quand même sorti pas mal de très très grands albums, un autre, double aussi, a même été abordé dans la liste plus haut. Que des classiques sur les 16 titres de ce double album qui ne l'est, en CD, que de justesse.

62Mellon Collie & The Infinite Sadness, The Smashing Pumpkins (1995) : Sans doute un peu trop long (plus de 70 minutes par disque ; comme les deux Use Your Illusion des Guns'n'Roses, que je n'ai pas mis dans la liste car sortis séparément), mais honnêtement, cet album des Pumpkins est globalement immense. On a certes une paire de chansons un peu moyennes, mais dans l'ensemble, on tient un des albums essentiels de la décennie 90. Même si Siamese Dream de 1993, simple album, est supérieur, car plus concis. Mais ne boudons pas notre plaisir !

63Garage Inc., Metallica (1998) : A l'origine, un EP de 25 minutes sorti en 1987 (The $5.98 E.P. Garage Days Re-Revisited), mais, en 1998, devant l'ampleur de la demande pour ressortir ce disque vinyle devenu rarissime, Metallica en a profité pour le coupler avec des morceaux datant de la période 1988/1993, ainsi qu'avec une dizaine de morceaux enregistrés en 1998. Tous les morceaux, sans exception, y compris ceux du E.P. de 1987, sont des reprises, de Black Sabbath, Budgie, Queen, Motörhead, Killing Joke, Thin Lizzy, Blue Öyster Cult ou bien encore Diamond Head. Dans l'ensemble, du très bon boulot !

64Lilith, Jean-Louis Murat (2003) : Honnêtement, je n'aime pas trop l'Auvergnat (oui, Murat vient d'Auvergne), mais ce disque est vraiment superbe. Sans doute un peu trop long, ce qui fait qu'au final, tout pourrait tenir probablement sur un seul CD (si on vire les deux-trois chansons un peu moyennes), mais dans l'ensemble, c'est du très très bon boulot ! A ne pas écouter trop souvent quand même pour ne pas s'en lasser.