HotterThanHell

 Entre 1974 et 1977, Kiss sort deux albums par an. Pas mal, non ? Et ce, même si quasiment tous leurs albums (excepté deux double lives) sont très courts (même les double lives pourraient tenir chacun sur un seul CD, ce qui, hélas, n'est pas le cas à l'heure actuelle, vendus au prix d'un double, en tant que double CD, malgré une durée assez courte permettant de les foutre chacun sur une seule galette, mais bon, je m'égare). Leur premier album, Kiss, est sorti en 1974, en février. Il ne sera pas un succès, mais le groupe commence déjà à faire parler de lui (leur look, leur attitude scénique - ces mecs donnent tout ce qu'ils ont - ont fait le boulot). En août, ils entrent en studio, au Village Recorded de Los Angeles, avec les mêmes producteurs (Kenny Kerner et Richie Wise) que pour le premier opus, et entament l'enregistrement du deuxième album, qui sortira en octobre, et s'appelle Hotter Than Hell. Le premier album était court (35 minutes), ce deuxième l'est encore plus (33 minutes pour 10 titres), et ça n'est pas le plus court du groupe (j'y reviendrai bientôt, mais le suivant sera le plus court du groupe à l'époque, et le reste toujours à l'heure actuelle) ! Hotter Than Hell est encore une fois un grand disque de hard-rock rempli de classiques, mais, encore une fois, le succès sera tout sauf au rendez-vous. Si Kiss commence vraiment à se faire un nom sur scène, ce deuxième album sera encore une fois un bide pour eux et leur maison de disques, Casablanca Records.

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Verso de pochette

Deux raisons sont capables d'expliquer ce bide. Deux raisons, qui sont aussi des points noirs, des reproches à faire à l'album. Le premier reproche n'est pas musical, car il concerne la pochette, qui est, franchement, hideuse. Recto comme verso (voir ci-dessus pour le verso). On y voit les quatre Kiss, en noir & blanc, avec à côté de chaque membre, un petit encarté jaune indiquant leur nom, en anglais et en idéogrammes nippons. Idem pour le nom du groupe et le titre de l'album, qui sont également traduits en japonais. Au verso, pareil. En bas du recto, un idéogramme (signifiant 'pouvoir') est placé. Sinon, entre des petites montagnes cheloues au centre de l'image, des couleurs bariolées hideuses, des doigts placés en haut sur les coins pour représenter quelqu'un tenant la pochette, et ces photos ridicules, au verso, des membres du groupe (Gene dans ses oeuvres en crachant le feu, Paul Stanley avec une gonzesse ou deux, idem pour Peter Criss qui s'éclate avec une fille, et Ace tout seul comme un con), entre tout ça, la pochette de cet Hotter Than Hell ('plus chaud que l'Enfer') est collector dans la catégorie moins c'est sobre, plus c'est moche. Une pochette telle que celle là, honnêtement, ça n'aide pas la vente. Mais ce qui sera le plus gros reproche fait à l'album, finalement, ce n'est pas ça, mais la production. Je ne sais pas si, à l'époque, ça a été souvent critiqué, au fil des articles, au sujet de l'album, mais on ne peut pas faire, de nos jours, comme si ça n'était pas grave et important, on ne peut pas mettre ça de côté, alors disons-le franchement : le son, sur Hotter Than Hell, est ultra pourri. Mais vraiment. On dirait que le disque a été enregistré dans une grotte humide et étroite. Le son est caverneux, c'est du black-metal avant l'heure.

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Cette production (pourtant signée des mêmes Wise et Kerner ayant plutôt bien réussi la production du premier album, qui n'était pas extraordinaire mais avait quand même un bon son) empêche le plaisir d'être total et absolu quand on écoute l'album, et c'est grandement dommage, car la quasi-totalité des morceaux sont immenses : Hotter Than Hell, Got To Choose, Parasite (le son pourri rend cette chanson encore plus agressive, son riff est totalement doom avant l'heure), Strange Ways (classique méconnu de l'album), Watchin' You, Goin' Blind (une chanson assez destabilisante sur un homme apparemment très âgé, dans les 80 ans voir plus, amoureux d'une fille apparemment mineure ; une chanson datant de la période pré-Kiss, quand Simmons et Stanley étaient dans Wicked Lester), Mainline, Comin' Home... A la rigueur, All The Way est un peu énervante, et Let Me Go, Rock'n'Roll, qui deviendra un classique live durant les années à venir, est un peu énervante aussi, mais c'est au final peu de mauvaises choses à dire sur les chansons de ce deuxième opus. Donc, si on excepté une production terrifiante de médiocrité (et que le CD remastérisé n'a pas améliorée, ou si peu) et une pochette atroce, ce Hotter Than Hell s'impose comme un des meilleurs albums du groupe, meilleur encore que le premier. Difficile de se faire au son caverneux, boueux, mais les morceaux sont tellement puissants...Un de mes préférés de Kiss !

FACE A

Got To Choose

Parasite

Goin' Blind

Hotter Than Hell

Let Me Go, Rock'n'Roll

FACE B

All The Way

Watchin' You

Mainline

Comin' Home

Strange Ways