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En 1974, sort un album qui, hélas pour le groupe qui l'a sorti, ne marchera pas du tout, mais deviendra, un an et demi plus tard, culte : le premier album de Kiss. Ce premier album est éponyme, c'est à dire qu'il s'appelle Kiss, et il offre 10 titres pour un timing assez court (35 minutes), mais qui sera battu maintes fois, par la suite, dans la discographie kissienne, par des albums encore plus courts. Produit par Kenny Kerner et Richie Wise, de premier opus de Kiss est important, car il met en scène pour la première fois un des groupes les plus emblématiques, dingues, essentiels, séminaux de l'histoire du rock. De part leur maquillage insensé (jusqu'à 1982, le groupe ne se montrera jamais sans ce maquillage), leur jeu de scène ahurissant (les concerts du groupe, dès le départ, deviendront emblématiques eux aussi), leur rock attitude poussée à l'extrême. Des groupes tels que Slipknot, Marilyn Manson, Cradle Of Filth, j'en passe, puisent leur attitude, leur look, leurs riffs, aussi, parfois, chez Kiss, qui, eux, se sont clairement inspirés des New York Dolls (qui se fringuaient en travelos). Kiss a été fondé par Gene Simmons (basse, chant), Paul Stanley (chant, guitare), qui faisaient partie d'un groupe du nom de Wicked Lester. Ace Frehley (guitare, chant occasionnel) et Peter Criss (batterie, chant occasionnel) ont aussi partie des Baiser, qui enregistrèrent ce premier opus en octobre 1973 (l'album sort en février 1974).

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Kiss, bien que bide à sa sortie (il faudra attendre la sortie du double live Alive ! en 1975 pour quele groupe commence à vendre, et les albums précédents, eux, deviendront alors des succès ; jusqu'à Alive !, ça sera la disette pour Kiss, sauf en live), est un immense album, sorti sous une pochette qui, déjà, mise totalement sur la particularité visuelle du groupe. A noter, plusieurs choses, sur cette pochette : d'abord, elle singe celle du With The Beatles des Beatles, et ensuite, Ace Frehley (dernier à droite) se montre avec ses genres d'ailes de chauve-souris argentées autour des yeux. Le maquillage argenté lui procurera une allergie violente, ce qui fera que, par la suite, il dessinera un contour noir autour des yeux, avant d'appliquer le maquillage argenté ! Tous ont fait leur maquillage eux-mêmes, sauf Criss (l'homme-chat, deuxième en partant de la gauche), par un professionnel. Les autres sont Stanley et Simmons, dans le même ordre (Simmons en contrebas, grimaçant, est clairement celui dont tout le monde se souviendra le plus, c'est le plus extraverti des quatre Kiss ; son personnage, c'est une sorte de démon, là où Criss est un homme-chat, Frehley, un extraterrestre à la Ziggy hard, et Stanley, un loverman étoilé). Bon, on a parlé de la pochette, qui est culte, revenons à l'album, musicalement parlant.

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Et là, c'est juste immense. Soyons clairs, ce premier album de Kiss offre un nombre hallucinant de classiques : six en tout (sept, même) ! Une bonne partie de la future setlist live du  groupe, pour les années à venir, est là : Strutter ouvre le bal avec force et efficacité, un riff mortel, un Paul Stanley roublard (I know a thing or two about her), une chanson indémodable, comme le sont aussi 100,000 Years, Deuce (ce riff ! Tudieu !), Cold Gin (même remarque, bordel à cul, quel riff, quel riff !), Firehouse, Nothin' To Lose (bien boogie)...Et Black Diamond, qui achève l'album sur une note apocalyptique totalement bienvenue. Le morceau commence doucement, assez gentiment, avant de passer à la vitesse hard, un riff terrible, un chant parfait, un refrain inoubliable tout en étant d'une simplicité écoeurante...Le morceau se paie même le luxe d'un solo très réussi, avant de laisser la place, à 3,20 minute (sur 5,10 minutes), à un final aussi long (2 minutes à peu près, donc) qu'incroyable : une lente, très lente, chute de vitalité, un break très lourd, répété avec, à chaque fois, une baisse de rapidité, ça devient de plus en plus pesant, lourd, peeesaaaannnt, looouuurrd, peeeeeeeesaaaannnnt, looooouuurrrrrd, jusqu'à ce que l'on n'entende plus qu'un vague drone s'effaçant lentement, puis le silence, et fin de l'album. On trouvera difficilement une conclusion d'album aussi efficace (limite flippante, même, vers la fin) que Black Diamond.

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Papa Gene dans ses oeuvres ; appelez la Firehouse !

Le reste de l'album est un petit peu moins exceptionnel : Kissin' Time est assez sympathique, comme Let Me Know, et le Love Theme From Kiss est un instrumental sans intérêt majeur, signé de l'ensemble du groupe, sympathique comme tout, mais clairement en-deça du reste de l'album. Mais sept grandes chansons (enfin, six, car Nothin' To Lose est excellente, mais un petit cran en-dessous des six autres classiques) sur dix, voilà clairement de quoi faire de ce premier opus de Kiss, bien produit mais pas non plus immensément bien produit, un classique du genre, un disque dont on se demande vraiment bien pourquoi il n'a pas marché à sa sortie. Car c'est vraiment un des meilleurs premiers albums de l'histoire, je n'exagère en rien en disant ça !

FACE A

Strutter

Nothin' To Lose

Firehouse

Cold Gin

Let Me Know

FACE B

Kissin' Time

Deuce

Love Theme From Kiss

100,000 Years

Black Diamond 

http://youtu.be/IbiFkS4XwG8