trompelemonde

Après un Bossanova dégueulasse de totale maîtrise en 1990, les Pixies n'attendront pas longtemps avant d'envoyer de nouveaux missiles. La bande à Frank Black, ou Black Francis, sortira en effet son successeur, le quatrième album long-format et cinquième tout court, en 1991, sous une pochette assez, euh...

a) moche

b) pas belle

c) repoussante

d) les trois à la fois, en fait.

e) Sinon, je fais ce genre de conneries dans une chronique quand je sens que je vais un peu ramer pour faire un premier paragraphe plus original que les précédents d'un même cycle. Ca fait gagner de la place, voyez-vous. Ouais, je sais, c'est fainéant, mais vous devriez me connaître, depuis le temps, c'est pas la première fois que je fais ce genre de trucs, non ?

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Le groupe, toujours à l'affût de titres étonnants pour leurs albums, décide de l'appeler Trompe Le Monde, un titre qui, selon Black, fait allusion à deux choses : l'expression 'trompe-la-mort' qu'il aurait entendu durant une partie de l'enregistrement de l'album, à Paris (l'album a été fait entre Paris, Londres et la Californie, tout le long de 1991, il sortira en septembre), et la principe du 'trompe-l'oeil', fameux procédé pictural. Bossanova était assez orienté surf-pop, Trompe Le Monde, de l'aveu même de Black, sera le disque punk des Pixies, un retour aux sources dont ils avaient peut-être besoin, en tout cas envie. Apparemment, ce n'est pas ce que les fans avaient, eux, envie d'entendre, vu que l'album ne se vendra franchement pas aussi bien que les précédents. Il ne sera pas un bide commercial non plus, et en ce qui concerne les avis dans la presse, ils furent et continuent d'être franchement positifs, on parle de ce disque comme étant un de leurs meilleurs albums, et d'un des meilleurs albums de sa génération. Trompe Le Monde, dernier album du groupe avec Kim Deal (le groupe se sépare peu après, et quand il se reformera, elle ne participera pas à leur album de retour, en 2014), est un album assez abrasif dans l'ensemble, Black n'a pas tort quand il en parle comme de l'album punk des Farfadets.

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Ce qui n'empêche pas des morceaux plus 'mélodiques' comme ce qui est probablement le chef d'oeuvre de l'album, Motorway To Roswell. Mais c'est clair que ce morceau mis à part, les 39 minutes (pour 15 morceaux ! Hop là, ça défouraile à toute berzingue, ici !) de l'album sont très hargneuses, entre le morceau-titre, Head On (reprise de The Jesus And Mary Chain, c'est extrêmement rare que les Pixies fassent des reprises, ils sont plutôt du genre à se faire reprendre par d'autres, ah ah ah), Subbacultcha, Alec Eiffel, U-Mass...C'est pas exactement de la musique douce à faire écouter aux chiards pour qu'ils dorment paisiblement. Entre Motorway To Roswell et The Navajo Know, l'album se termine cependant sur des morceaux plus paisibles, mélodiques (et puissants). C'est une vraie réussite de rock alternatif teigneux, sans qu'il s'agisse pour autant du sommet des Pixies, Doolittle et Bossanova sont supérieurs et je lui préfère Surfer Rosa. Bref, c'est, des albums de l'Âge d'Or du groupe, le moins grandiose pour moi, mais bien nombreux sont les groupes de rock alternatifs qui s'en contenteraient bien comme magnum opus de leur discographie...Totalement essentiel et recommandé, donc. 

FACE A

Trompe Le Monde

Planet Of Sound

Alec Eiffel

The Sad Punk

Head On

U-Mass

Palace Of The Brine

Letter To Memphis

FACE B

Bird Dream Of The Olympus Mons

Space (I Believe In)

Subbacultcha

Distance Equals Rate Times Time

Lovely Day

Motorway To Roswell

The Navajo Know