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Alors que je me posais la question existentielle suivante, vas-tu, ou ne vas-tu pas, aborder le cas du dernier album de Polnareff, Enfin !, sorti en 2018 ?, je me suis dit que la réponse serait probablement négative (je ne veux pas tirer sur une ambulance), mais qu'il serait, cependant, sympa de réaborder un peu de Polnareff sur le blog. Mais quel album ? Le premier album, remarquable, mais avec lequel j'aurais bien du mal à combler trois paragraphes (une fois que tu as dit qu'il est encore plus truffé de classiques qu'une viennoise l'est de pépites de chocolat, tu fais quoi ?) ? Le deuxième album, moins époustouflant (mais offrant tout de même Le Bal Des Laze et Âme Caline), pour lequel j'aurais sans doute le même problème ? Polnareff's ? Ah, celui-là... Fame A La Mode, son album en anglais, je passe, qui sait, je le referai peut-être un jour, mais pas pour le moment. J'avais aussi abordé ici, il y à longtemps, et la chronique est d'ailleurs bien nulle, son album Bulles de 1981, qui mériterait que j'en reparle. Incognito, je l'avais réabordé, en le défonçant bien comme il faut, en 2018, donc on passe. Kâmâ-Sûtrâ, son disque de 1990, son dernier pendant des années, j'ai pas envie d'en reparler (on ne tire pas sur une ambulance, j'ai dit). Je n'ai jamais abordé le live Polnarévolution, ni l'album studio de 1979 Coucou Me Revoilou, et autant je ferai sans doute le premier, autant je préfère charitablement passer sur le second. Et il y à l'autre live, Live At The Roxy, celui-là aussi, je ne pense pas le faire. Sans parler de celui de son retour de 2007, et celui de son autre retour, de 2016. Pour être totalement sincère, je suis moins fan de Polnareff qu'avant, je continue d'adorer ses grandes chansons, et son album Polnareff's de 71, mais c'est tout. Je trouve que ses autres albums studio, généralement, sont décevants. Les deux premiers, non, c'est vrai, mais après 1971...

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Et le disque que j'ai décidé de réaborder (il l'avait été en 2011), il date justement d'après 1971, vu qu'il date de 1974. Il ne porte pas de vrai titre, il s'appelle donc, officiellement, Michel Polnareff, mais les fans l'ont surnommé, rapidement, Polnarêve, du nom d'un des morceaux (un instrumental). C'est un disque qui marque le tournant dans la carrière et la vie du chanteur lunetté et bouclé. Quatrième album studio du natif de Nérac, il est sorti sur le label Atlantic Records, et est le premier album du bonhomme depuis son départ pour les USA en 1973. Ce disque, court (33 minutes, 11 titres), a plusieurs problèmes sérieux. D'abord, sa pochette. On ne va pas se mentir, c'est d'un ridicule frôlant l'interstellaire, cette photo d'un Polna torse-nu, ceintures de strass façon Rambo et brassières de plumes roses... au dos, on le voit assis en tailleur au milieu d'une rue, probablement au Japon vu les nombreuses inscriptions en idéogrammes. Ensuite, Polnareff, ruiné à l'époque à cause d'une magouille de son homme d'affaires (parti avec la caisse), n'a plus la force d'assurer l'écriture des chansons, et a délégué à Jean-Loup Dabadie et Pierre Grosz, qui ont fait ce qu'ils ont pu, mais ce n'est pas du grand art (Tibili, Rosy). C'est surtout Grosz, d'ailleurs, Dabadie ne signant les paroles que d'un titre, I Love You Because, une des meilleures de l'album. Ensuite (le retour), la production et le mixage de l'album est, sans être pourri, vraiment plat, décevant, l'album a un son assez moyen, il n'a pas super bien vieilli, et pourtant, c'est le grand Jean-Claude Vannier qui est aux commandes. Mais peut-être n'était-il pas ce qu'il fallait à Polnareff, les deux hommes ne recollaboreront plus dès lors. Enfin, l'album offre deux des pires chiures de l'Amiral (qui a composé toutes les mélodies), Il Est Gros et Tibili. Ces deux morceaux sont merdiques à un point que c'est difficilement imaginable, alors n'essayez même pas.

N'essaie pas, j'te dis ! 

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Polnarêve n'est pas le meilleur album de Polnareff, c'est clair, mais ce n'est pas le pire non plus : ses trois derniers albums studio sont pires, et même Coucou Me Revoilou est pire. Pour tout dire, j'aime beaucoup (malgré deux chansons infâmes) Polnarêve, moi. On y trouve des morceaux tout simplement époustouflants. Le Prince En Otage est une de ses plus belles chansons, tout simplement, un joyau méconnu et inoubliable. L'Homme Qui Pleurait Des Larmes De Verre, bien qu'un peu répétitif, est une autre splendeur, et si vous voulez que je vous raconte son histoire, envoyez-moi votre nom et votre adresse. La Fille Qui Rêve De Moi (présent aussi dans une peu utile version instrumentale ne servant qu'à rajouter 3 minutes à un disque vraiment court) est efficace, I Love You Because est une splendeur, Polnarêve (instrumental) est sublimissime, La Vie, La Vie M'A Quitté est du grand Polnareff qui rappelle les chansons de ses débuts et on a le cas du Grand Chapiteau, morceau musicalement décevant (une musique de fête foraine), mais aux paroles cintrées, glauques (L'équilibriste laissera une mare de sang au milieu de la piste/Mais comme sa partenaire n'aura rien on pourra crier bis) sur un grand spectacle où rien n'ira comme il faut, accidents, morts brutales, le tout chanté sur un ton de Monsieur Loyal. Le contraste est saisissant, choquant même. Une sorte de Being For The Benefit Of Mr Kite ! francophone et inversé. Pas la meilleure chanson de l'album ni du chanteur, mais clairement un morceau méconnu et à (re)découvrir, situé au milieu d'un album souvent mal-aimé, pas parfait, pas le meilleur, mais lui aussi à (re)découvrir. 

FACE A

La Fille Qui Rêve De Moi

Le Prince En Otage

Rosy

La Vie, La Vie M'A Quitté

La Fille Qui Rêve De Moi (instrumental)

Le Grand Chapiteau

FACE B

Il Est Gros

I Love You Because

Polnarêve

Tibili

L'Homme Qui Pleurait Des Larmes De Verre