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Je vais reprendre la même phrase d'introduction que pour le précédent article (Baptism de Kravitz), mais là aussi, il fallait bien que ça arrive un jour : après une série de grands albums (Jailbreak, Johnny The Fox, Bad Reputation, le double live Live And Dangerous et Black Rose : A Rock Legend), Thin Lizzy s'est laissé aller, en 1980, avec leur 10ème album studio, Chinatown. Produit par le groupe et Kit Woolven, Chinatown est, en effet, un ratage. Pas un ratage monstrueux du style Hot Space (Queen) ou Never Let Me Down (Bowie), mais un ratage quand même, surtout après une série d'aussi efficaces albums. En 41 minutes (pour 9 titres), Chinatown offrira deux singles mais, au final, ne convaincra pas les fans, ni les critiques. Le groupe est alors constitué de Phil Lynott (chant, basse, claviers), Scott Gorham (guitare), Brian Downey (batterie), Snowy White (guitare), avec aussi Midge Ure (claviers), Tim Hinkley (piano électrique) et Darren Wharton (claviers, choeurs). A noter que Midge Ure fera partie de deux groupes de new-wave, Ultravox et Visage (groupe qu'il a crée), deux groupes ô combien différents du son de Thin Lizzy !

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C'est un fait, Chinatown alterne entre le ratage intégral et la réussite passagère. Si la face A contient de très bonnes chansons (We Will Be Strong est tuerie, les deux singles Killer On The Loose et Chinatown assurent bien comme il faut, sans être révolutionnaires) et n'est, dans l'ensemble, pas d'un niveau terriblement inférieur aux albums précédents, la face B, elle, est catastrophique, foirée, remplie de chansons plus qu'anecdotiques : franchement, Didn't I, Having A Good Time ou Genocide (The Killing Of The Buffalo) sont vraiment largement en-dessous de ce que la Fine Lizzy avait alors l'habitude de faire. On sent que les soucis de came de Lynott (il en mourra en 1986) et de Gorham, mais surtout de Lynott, ont bien ralenti leur créativité. Chinatown est un album médiocre et ennuyeux ; et quand un album de hard-rock est ennuyeux, c'est vraiment dramatique. Surtout après un tel disque que Black Rose : A Rock Legend.

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La suite (et fin) de la carrière du groupe sera hélas du même tonneau, entre un Renegade un petit peu meilleur mais tout de même médiocre, et un Thunder And Lightning qui ne vaut pas mieux (du même niveau que Renegade). Chinatown est leur moins bon, leur pire album, mais les deux suivants, donc, ne sont guère mieux. Définitivement, le meilleur des Lizzys s'est arrêté avec les années 70 (Black Rose : A Rock Legend étant de 1979) ! Celui-ci est vraiment à déconseiller, sauf aux fans hardcore.

FACE A

We Will Be Strong

Chinatown

Sweetheart

Sugar Blues

Killer On The Loose

FACE B

Having A Good Time

Genocide (The Killing Of The Buffalo)

Didn't I

Hey You