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Sorti en 1982, Feline est le septième album studio des Stranglers. Produit par le groupe et Steve Churchyard, l'album a été enregistré aux studios ICP de Bruxelles et a été mixé par Tony Visconti, ce qui apporte un son plus sophistiqué, calme, aérien, pop que de coutume. Ce qui, franchement, détonne pas mal, compte tenu que les Stranglers étaient, avant ce disque, connus pour leur brutalité baignée de cynisme (des paroles machistes, agressives) et même teintées de mauvais goût délibéré. Une sorte de groupe punk sous influence Doors (les claviers très très présents de Dave Greenfield, qui sonnent si bizarrement qu'à la première écoute, difficile d'aimer le son du groupe). Avec La Folie en 1981, le groupe devenait un tout petit peu pop, tout en restant assez à part. Avec Feline, sorti un an plus tard sous une très belle pochette, le groupe devient carrément pop tendance new-wave. Deux ans plus tard, ils signeront l'album Aural Sculpture, très pop, et encore deux ans plus tard, le très médiocre Dreamtime, qui contiendra leur plus gros tube, Always The Sun, purement new-wave.

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Mais revenons à Feline. Bien accueilli à sa sortie, ce septième cru des Etrangleurs ne sera cependant pas un gros succès commercial. Il faut dire que Feline n'a pas grand chose pour lui. Je ne classe pas ce disque dans les ratages, mais sachez que c'est de peu.  L'album, court (38 minutes, 9 titres), offre quelques (rares !) bonnes chansons, comme The European Female (In Celebration Of), Midnight Summer Dream, Never Say Goodbye et It's A Small World. Soit quasiment la moitié du disque (ces quatre morceaux totalisent 18 minutes sur 38). Mais, hélas, le reste, et surtout All Roads Lead To Rome, Ships That Pass In The Night et Blue Sister, ne vaut pas tripette. Trop pop, trop chatoyant, trop sophistiqué, trop new-wave (pourtant, ils ont toujours été un peu new-wave : leurs premiers albums sonnaient un peu comme du new-punk, assez recherché tout en étant brutal, ce qui était plutôt bien trouvé et efficace), Feline fait un peu putassier.

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Désormais, les Stranglers ont trouvé leur voie, il ne feront quasiment plus que ce genre de musique (du moins, pendant les années 80). C'est vraiment dommage d'abandonner la brutalité et le cynisme d'albums tels que Rattus Norvegicus (IV), The Raven ou No More Heroes pour cette musique passe-partout. Mais bon, c'est l'époque qui le voulait...

FACE A

Midnight Summer Dream

It's A Small World

Ships That Pass In The Night

The European Female (In Celebration Of)

FACE B

Let's Tango In Paris

Paradise

All Roads Lead To Rome

Blue Sister

Never Say Goodbye