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En 1971, John Cale collabore avec Terry Riley, un des maîtres de la musique contemporaine, pour un album aussi court (33 minutes) que dévastateur et méconnu, The Church Of Anthrax. Un an plus tard, en 1972 donc, il récidive seul, sans Riley, pour un autre album consacré lui aussi à la musique expérimentale, sorte de croisement entre rock et musique contemporaine. Cet album, sous une pochette designée par Andy Warhol, s'appelle The Academy In Peril. Ce disque. A l'époque, Cale est déjà lancé en solo (Vintage Violence), mais n'a pas encore vraiment sorti d'album essentiel. Les Paris 1919 et Fear, Helen Of Troy, ça sera pour après (1973, 1974, 1975 respectivement). L'album, 45 minutes, a été enregistré au Shipton Manor d'Oxon et à la St. Giles Church de Londres. Cale y tient basse, guitare, viola et claviers, mais pas le chant. Pourtant, The Academy In Peril n'est pas entièrement instrumental. Mais le chant, quand il y en à, est signé Adam Miller (qui, déjà, sur The Church Of Anthrax, chantait un peu). Autres musiciens : Ron Wood (slide guitar sur le premier titre), Del Newman (batterie), et le Royal Philarmonic Orchestra. Ainsi que Legs Larry Smith, un batteur de groupe comique, le Bonzo Dog Doo-Dah Band, à la narration sur le titre basé sur son nom (Legs Larry At Television Centre).

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Comment décrire cet album, je ne sais pas trop. Généralement pas très aimé (contrairement à The Church Of Anthrax), The Academy In Peril est un album assez particulier et très difficile d'accès. C'est un disque, aussi, nettement inférieur, en terme d'impact, de qualité, de niveau, que le précédent fait avec Riley. Ici, c'est du kif-kif, mais on sent bien que l'absence de Terry Riley est un inconvénient. Cale se démerde comme il peut, mais le résultat est, dans l'ensemble, inégal et surtout, surtout, trop long. 45 minutes, avec une moyenne d'environ 5 minutes par titre (le plus court fait 3 minutes, The Academy In Peril, et le plus long, 3 Orchestral Pieces : Faust/The Balance/Captain Morgan's Lament, fait 8,30 minutes). Musicalement, Cale est un excellent artiste, un très grand, même, mais l'ensemble des morceaux fait un peu trop expérimental pour plaire totalement.

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Avec sa pochette warholienne en forme de diapositives posées les unes à côté des autres, The Academy In Peril (titre assez étrange et un peu oppressant, pour un album) est donc un album très à part pour Cale. Pas un mauvais album, il y à de bons moments, comme The Philosopher, John Milton et le long 3 Orchestral Pieces. Mais on est vraiment en droit de préférer The Church Of Anthrax fait avec Riley, pour ce qui est de la phase expérimentale de Cale, et, en général, de préférer aussi la période 1973/75, au cours de laquelle des albums monstrueux tels que Paris 1919 ou Fear furent enregistrés et publiés, clairement sa meilleure période. Mais The Academy In Peril, tout en étant inégal et un peu mineur, n'est pas non plus mauvais. Si vous aimez Cale et les dingueries musicales, pourquoi ne pas tenter l'écoute ?

FACE A

The Philosopher

Brahms

Legs Larry At Television Centre

The Academy In Peril

FACE B

Intro/Days Of Steam

3 Orchestral Pieces : Faust/The Balance/Captain Morgan's Lament

King Harry

John Milton