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Les habitués du blog, celles et ceux qui viennent depuis un bon moment, se diront probablement, en aperçevant ce nouvel article, tiens, mais il n'avait pas déjà abordé cet album, le ClashDo ? Il déconne, ou bien ? Je vous répondrai, oui et non. Non, je ne débloque pas. Mais oui, en effet, j'avais déjà abordé Out Of Time sur le blog il y à plus d'un an (en mai 2010). Seulement, je me suis décidé à refaire complètement certains articles, certaines chroniques d'albums, ce que j'avais déjà fait il y à quelques mois avec Starsailor de Tim Buckley, car certaines chroniques me semblent ratées, ne reflètent pas ce que je pense vraiment de l'album (c'était le cas pour l'album de Buckley que je viens de citer : dans le fond, entre l'ancienne et la nouvelle chronique, rien de neuf, si ce n'est que la nouvelle, qui remplace l'ancienne, a plus de gueule). Bref, certaines anciennes chroniques seront remplacées par de nouvelles et republiées. Soit je pense toujours la même chose de l'album, soit j'ai changé d'avis entre temps. C'est le cas pour cet album de R.E.M., sorti en 1991, Out Of Time. Je n'ai jamais été fanatique du groupe de Michael Stipe et Peter Buck (pour n'en citer que deux sur les quatre membres), mais il y à des albums d'eux que j'aime vraiment : Murmur, Life Rich Pageant, Automatic For The People, Monster...et Out Of Time.

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Out Of Time, produit par Scott Litt et le groupe, est donc sorti en 1991. Deuxième album du groupe sur le label Warner, c'est aussi leur septième opus tout court, et assurément un de leurs meilleurs. C'est aussi leur plus gros succès à ce jour, enfin, un de leurs plus gros succès, et leur premier carton plein. Si on excepte une pochette assez moche, Out Of Time n'a que des avantages : il n'est pas trop long (44 minutes, et aucun des 11 titres n'atteint ne serait-ce que 5 minutes), il offre des classiques instantanés du groupe, il possède une atmosphère légère, ensoleillée, pop, insouciante (malgré une paire de chansons plus sombres), et sa production est vraiment imparable. Les classiques ? Oui, il y en à, c'est clair ! Radio Song est une pure petite merveille, tout au plus peut-on se demander si la participation du rappeur KRS-1 était obligatoire. Non pas que KRS-1 vienne foutre le morceau en l'air, mais bon, Radio Song aurait quand même pu s'en passer, c'est un excellent morceau d'ouverture, bien efficace en tant que tel. Michael Stipe chante super bien, et ce n'est que le début de l'album. Le morceau suivant mettra tout le monde d'accord, dès le départ, et sera un des tubes de 1991, une des chansons qui, avec le Smells Like Teen Spirit de Nirvana, Alive de Pearl Jam, Nothing Else Matters de Metallica, Knockin' On Heaven's Door dans sa version Guns'n'Roses et Black Or White de Michael Jackson, a littéralement traumatisé l'année 1991 et les ondes FM, ainsi que les chaînes de clips telles MTV, MCM...M6 aussi. Je parle bien entendu de ce tube monstrueux qu'est Losing My Religion. Morceau culte, imparable, servi par une partition de mandoline aussi sublime que rarement utilisée à aussi bon escient, et avec un Stipe en grande forme. Oh, life is bigger, bigger than you, and you are not me... Que dire d'autre ? Tout percute sur ce titre génial, sur lequel tout à été dit cent fois.

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La suite de l'album pourrait être décevante, forcément, après un tel morceau, tout paraîtrait fadasse... Mais Low, le morceau le plus long de l'album (4,55 minutes), surgit, et là, silence. Comme je l'ai dit, Out Of Time est un album ensoleillé (Automatic For The People, son successeur de 1992, sera l'inverse), mais j'ai aussi précisé plus haut qu'il contient une ou deux chansons assez sombres. Low est une de celles-là, une chanson assez lente, faussement morne, tristounette sans pour autant plonger dans la noirceur absolue (aucune des deux chansons 'tristes' de l'album n'est à ce point triste). Low est une pure merveille, suivie par le morceau le plus court de l'album (3,15 minutes), Near Wild Heaven, qui en est l'exact opposé, une chanson insouciante, pop, chaleureuse, interprétée avec fougue et légèreté ; c'est franchement très bon, tout comme le quasi-instrumental qui achevait la face A du vinyle (l'album est sorti directement en CD, mais il existe une édition vinyle, comme il se doit), ce Endgame qui n'est pas, et ne sera jamais, un de mes préférés de l'album, mais n'en demeure pas moins très bon. Un petit peu longuet, dans un sens (pourtant, il ne dure pas 4 minutes), mais c'est assez charmant quand même. Mais la deuxième grosse viandasse surgit alors, deuxième tube de l'album, Shiny Happy People. Cette chanson, interprétée en duo avec Kate Pierson des B-52's (elle aussi originaire d'Athens, Géorgie, ville de création de R.E.M.), tout comme une autre de l'album, est une petite merveille pop bien ensoleillée, une des chansons les plus 'bulle de savon' d'Out Of Time. Le groupe ne l'a jamais interprété live, Stipe ayant toujours refusé, la trouvant trop évidente, trop facile (elle traumatisera aussi les charts et radios en 1991), la chanson qui représente trop le groupe, au dépens d'autres chansons moins connues, ou tout aussi connues, mais que l'on ne cite pas aussi souvent (Losing My Religion n'est pas de celles-là, elle est aussi connue et citée, mais je pense notamment à What's The Frequency, Kenneth ? ou a It's The End Of The World As We Know It (And I Feel Fine) par exemple). Une chanson trop pop, trop connue, trop évidente, mais il faut quand même dire qu'elle est très belle et très bonne.

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Encore une fois, la suite sera difficile, tant Shiny Happy People marque l'album. Belong est une chanson un peu étrange, faisant penser à ce que le groupe faisait au sein du label I.R.S. (leurs débuts indépendants, 1983/1987), et tout comme Endgame, elle est très bonne, mais ne sera jamais une de mes préférées de l'album et du groupe. C'est aussi le cas de Half A World Away, qui la suit, et là, pour la première fois sur l'album, on peut se demander s'il n'y aurait pas  une petite baisse de niveau après le gros tube situé en sixième position... Half A World Away est tout de même une très bonne petite chanson, comme Belong, mais elle n'est pas du niveau de Low, Near Wild Heaven ou des dernières chansons d'Out Of Time. Car, ouf, l'album se finit en fanfare. D'abord par le sublime Texarkana (titre étrange), chanson endiablée et insouciante qui, en 3,35 minutes, semble n'en durer que 2, tant elle passe vite et est imparable. Country Feedback, elle, est la deuxième chanson tristounette de l'album après Low, et elle se paie le luxe d'être encore plus belle. S'il n'y avait pas Losing My Religion, cette chanson serait aussi bien ma préférée que la meilleure de l'album, tout simplement ! Une chanson tout simplement quintessentielle, comptant parmi les sommets de Rapid Eye Movement. Enfin, la conclusion imparable, Me In Honey, interprétée, comme Shiny Happy People, en duo avec Kate Pierson. Une chanson qui reste longtemps en tête après l'écoute, et qui permet à Out Of Time de se finir sur une note, sinon insouciante, du moins légère et enlevée, après la tristesse mélancolique de Country Feedback. On en redemande, à ce stade !

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L'album est vraiment une réussite, on l'a vu. Out Of Time sera cependant un peu critiqué au fil des années, considéré comme trop pop, radiomical (fait pour la radio, pour passer sur les ondes, un album accessible et pop, donc), et c'est vraiment avec cet album que les fans de la première heure commenceront à regretter le temps où R.E.M. faisait du rock un peu new-wave, de manière indépendante, sans prétention commerciale (les premiers albums, remarquables pour la plupart, comme Fables Of The Reconstruction, Life Rich Pageant et surtout Murmur, sont dans l'ensemble peu connus, sauf des fans). Là, c'est clair et net, R.E.M. a succombé aux sirènes de la pop. Deux gros tubes, d'autres chansons qui, sans devenir des tubes, sont quand même devenues des classiques (Belong, Low, Country Feedback, Me In Honey, Radio Song), un son très pop, font de ce Out Of Time un disque très accessible et populaire auprès des masses, pour qui se sera souvent le premier album de R.E.M., mais un album un peu méprisé des fans de la première heure. Dans un sens, on les comprend. Moi, n'ayant jamais été fan (mais n'ayant jamais haï ce groupe non plus ; mon enfance a été bercée au son de Losing My Religion ou Everybody Hurts, que j'entendais à la radio ou à la TV, pour tout dire), peu m'importe si Out Of Time est trop pop. Au bout du compte, pour moi, c'est mon préféré absolu avec Automatic For The People, qui en est le polar opposite : des chansons plus sombres mis à part une ou deux assez insouciantes comme The Sidewinder Sleeps Tonite.

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Il est vrai qu'autrefois, je n'étais pas aussi fan de ce disque qu'avant, mais ayant réécouté dernièrement l'ensemble de la discographie du groupe (l'annonce de leur séparation définitive m'ayant donné envie de me replonger dans leur musique), je me suis moi-même surpris à écouter bien plus souvent Out Of Time que le reste. A en devenir limite accro. Ma relecture de mon ancienne chronique (ne la cherchez pas, elle n'existe plus) m'a donné envie de la refaire : je ne me reconnaissais plus dans ce que j'avais écrit auparavant, en mai de l'an dernier. A ce moment-là, Out Of Time m'emmerdait quelque peu. Mais à l'heure actuelle, c'est un de mes albums pop préférés au monde ; comme quoi, il n'y à que les cons qui ne changent pas d'avis ! Pour finir, j'espère vous avoir donné envie d'écouter (ou de réécouter) cet album remarquable qui ensoleillera votre journée. Pour ma part, hop !, j'y retourne... I tried to sing along, but damn that radio song... 

Radio Song

Losing My Religion

Low

Near Wild Heaven

Endgame

Shiny Happy People

Belong

Half A World Away

Texarkana

Country Feedback

Me In Honey