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Sous sa très drôle pochette montrant un chien de race komondor sauter un obstacle, Odelay est le cinquième album studio de Beck, alias Beck Hansen (de son vrai nom Bek David Campbell), un artiste américain assez frappé connu pour ses habituels mélanges de rock, pop, funk, hip-hop, country, blues, r'n'b, noise, jazz, lounge, musiques du monde... Devenu très connu dès 1994 avec son tube Loser, Beck signe, en 1996, cet album, son premier album sur une major (Geffen Records) après avoir sorti ses précédents albums sur des labes indépendants. Jouant des claviers (orgue, harmonium, celeste, piano, piano électrique, clavinet), de la guitare acoustique et électrique, de la basse, de la batterie et même de la slide guitar, Beck, sur ce disque, n'en est pas moins entouré de quelques musiciens (Mike Boito : trompette, orgue ; Charlie Haden : basse ; Greg Leisz : pedal-steel ; Joey Waronker : percussions ; David Brown : saxophone). Mais, de même que Todd Rundgren, Prince ou même Lenny Kravitz, Beck joue de tout, ici, en vrai whiz kid.

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Odelay, le titre, est une sorte de traduction anglophone de l'expression argotique mexicaine orale (que l'on pourrai traduire par puuuuuuutain !, à la rigueur ; c'est une expression qui est utilisée quand quelque chose de vraiment impressionnant est évoqué), mais qui est aussi un jeu de mots sur Oh Delay (oh, ce retard), allusion sans doute au fait que l'album a mis du temps, beaucoup de temps, à se faire. On entend, dans le final de Lord Only Knows, une répétition du titre de l'album, par ailleurs. L'album, en 55 minutes (pour les 13 titres), est un vrai bordel sonore qui mélange à peu près tout, électro, rock, folk (Beck appelera sa musique de l'anti-folk), musiques du monde, et beaucoup de samples. Quasiment tous les morceaux contiennent au moins un ou deux samples de chansons déjà existantes. (et essentiellement très peu connues, pas de hits utilisés ici, Beck ne cherche pas la facilité). Parmi les samples utilisés, I Can Only Give You Everything du MC5, reprise par Beck, Life par Sly & The Family Stone, Out Of Sight par Them, une reprise du It's All Over Now, Baby Blue par les mêmes Them, Needle To The Groove par Mantronix ou bien encore Inside-Looking Out par Grand Funk Railroad, ainsi que de la musique classique (8ème Symphonie, l'inachevée, de Schubert). Il y en à d'autres. Au final, deux chansons seulement n'utilisent pas de samples : Minus et Ramshackle.

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Odelay est un assez bon disque, bien cintré, nettement meilleur que Midnite Vultures que Beck fera en 1999. Mais je n'ai jamais vraiment réussi à accrocher au son de Beck Hansen, même sa voix, assez atone, me fait un peu chier. Il y à de bons morceaux sur cet album, comme Jack-Ass, The New Pollution, Devils Haircut ou Sissyneck, mais dans l'ensemble, je n'ai pas totalement, pas vraiment, adhéré à ce disque considéré, depuis, comme culte. C'est un disque original et recherché, bien produit de plus, mais ne comptez pas sur moi pour encenser plus que ça ce Odelay fourre-tout. Je ne déteste pas, mais je ne sais pas si je réécouterai ça avant un bon petit moment, car sans m'être ennuyé à l'écoute, je n'ai pas non plus ressenti ce frisson que je ressens généralement à l'écoute de grands disques. Peut-être qu'un jour...mais pas actuellement. Néanmoins, ce disque est conseillé pour deux raisons : 1) il n'est généralement pas vendu cher (je l'ai eu à moins de 7€, et facilement) ; 2) il possède une réputation d'album culte et indispensable, réputation pour moi un peu surfaite, mais il doit sans aucun doute y avoir beaucoup de monde pensant le contraire...

Devils Haircut

Hotwax

Lord Only Knows

The New Pollution

Derelict

Novacane

Jack-Ass

Where It's At

Minus

Sissyneck

Readymade

High 5 (Rock The Catskills)

Ramshackle