TheStranglers-TheRaven

Enregistré en partie à Paris (et à Londres), sorti en 1979, The Raven est le quatrième opus studio des Stranglers, et aussi leur meilleur. Enfin, un des plus grands, mais je pense sincèrement que c'est le sommet. Sous une remarquable pochette (qui était en relief dans l'édition originale vinyle) représentant un...corbeau (au vu du titre, ce n'est pas étonnant), l'album est un classique de la new-wave alors naissante, et possède le son Stranglers, un son assez particulier (claviers très spéciaux de Dave Greenfield, qui sonnent comme du Doors sous amphétamines). Le groupe, dans les sessions photo promotionnelles, pose dans un drakkar (pas en tenue de Vikings, cependant), accentuant l'allusion déjà apportée par le titre et la pochette : le corbeau du titre n'est pas une allusion au poème de Poe, mais aux corbeaux qui aidaient les Vikings à se diriger en mer, et qui étaient très importants pour eux (spiritualité, mythologie). L'album sera un succès, il se classera N°4 dans le UK Album Chart, mais il y aura une controverse avec le deuxième album de The Police, Reggatta De Blanc, qui, avant sa sortie, sera classé N°1 dans les charts, avec le nombre de ventes de l'album des Stranglers faussement crédité à The Police ! Un beau petit bordel...

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Mais revenons à The Raven. Un disque imparable, malgré une chanson un peu moyenne (Shah Shah A Go Go, chanson politique qui parle des problèmes en Iran, chute du Shah et révolution culturelle islamique ayant entraîné l'arrivée des Ayatollahs ; le refrain de cette chanson est assez énervant). S'ouvrant sur un court instrumental au titre éloquent par rapport au titre de l'album (Longships : bateaux longs, autrement dit, drakkars), et un remarquable instrumental par ailleurs, l'album offre Don't Bring Harry, chanson que le groupe refera en français (Jean-Jacques Burnel au chant) sous le titre de N'Emmènes Pas Harry, et présente en bonus-track sur le CD. Nuclear Device, Ice, Dead Loss Angeles, Meninblack (qui annonce l'album suivant du groupe, The Gospel According To The Meninblack) sont aussi d'excellentes chansons, mais The Raven, surtout, vaut pour deux titres tout simplement exceptionnels. Le premier est le single Duchess, qui marchera fort (mais le clip, montrant les Stranglers dans une église, sera censuré, pour blasphème), et est une chanson aussi courte (2,30 minutes) qu'imparable. Le deuxième, 5,10 minutes, est la chanson-titre, The Raven, donc, qui est tout simplement, avec La Folie (1981), le sommet des Stranglers. Là, de la ligne de basse au chant, en passant par les claviers, tout est sensationnel.

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The Raven est un disque mémorable, 41 minutes sensationnelles, même si une chanson (qui plus est de 4,50 minutes) est moins bonne que le reste, et même si l'album possède un petit côté un peu hermétique, complexe, qui rend son écoute difficile pour certains (le son des Stranglers est en effet assez particulier, il faut s'y faire). Mais les chansons sont en majeure partie des classiques du groupe, la production (de Alan Winstanley et du groupe) est excellente, l'interprétation aussi... Au bout du compte, pour moi, c'est le meilleur, devant Rattus Norvegicus (IV) de 1977 et La Folie de 1981.

FACE A

Longships

The Raven

Dead Loss Angeles

Ice

Baroque Bordello

Nuclear Device

FACE B

Shah Shah A Go Go

Don't Bring Harry

Duchess

Meninblack

Genetix