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Attention, album inclassable. Ou presque. Sorti en 1970, Vintage Violence est le premier album solo de John Cale, ancien bassiste et violoniste (claviériste aussi) du Velvet Underground, groupe qu'il a quitté en 1969 après le deuxième album (White Light/White Heat). Vintage Violence, sous sa très étrange pochette représentant Cale le visage recouvert d'une sorte de pâte (le visage lui-même semble robotique, comme un mannequin plutôt que Cale - en réalité, il arbore un bas denylon sur le visage), est un disque court (34 minutes), mais plutôt à part. Rien à voir avec Paris 1919 ou Fear, Slow Dazzle ou Helen Of Troy qui seront faits par la suite. Difficile d'accès, pas très connu, ce premier opus solo studio a été enregistré avec Harvey Brooks (basse), Sanford Konikoff (batterie), Ernire Coralla (guitare), Stan Szelest (piano) et Garland Jeffreys (guitare). Cale, en plus du chant, joue de la basse, de la guitare et des claviers ; et a coproduit l'album avec Lewis Merenstein.

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Tous les morceaux sont signés Cale à l'exception du dernier, Fairweather Friend qui a été signé Garland Jeffreys. Vintage Violence est, dans l'ensemble, un excellent disque de folk/rock un peu expérimental, pas vraiment facile d'accès mais vraiment magnifique. Que dire face à la beauté de Gideon's Bible, Cleo, Fairweather Friend, Amsterdam, Hello There ou bien encore Ghost Story ? Le chant de Cale est magnifique (comme toujours ; la voix du Gallois, sombre, profonde, est admirable), la production est très bonne. L'album sera qualifié de 'disque à la Byrds produit par Phil Spector, mariné pendant six mois dans du piment rouge, de l'anis et du vin rouge de bourgogne' par un critique inspiré de Rolling Stone Magazine, Ed Ward.

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Pas facile d'accès malgré la fausse simplicité des chansons, Vintage Violence est un album magistral et peu connu, limite oublié, même (comme la quasi-totalité des albums de Cale excepté Paris 1919, qui est resté dans l'inconscient collectif le disque le plus connu de l'artiste ; ce qui me désole surtout, c'est l'oubli dans lequel est tombé Fear, son sommet, de 1974), interprété à la perfection par un John Cale inspiré qui, par la suite, en 1971/72, se lancera dans une musique encore plus recherchée (The Academy In Peril, Church Of Anthrax avec Terry Riley, musique concrète). Pas recommandé pour découvrir Cale, mais un disque, mis à part ça, recommandé quand même.

FACE A

Hello There

Gideon's Bible

Adelaide

Big White Cloud

Cleo

Please

FACE B

Charlemagne

Bring It On Up

Amsterdam

Ghost Story

Fairweather Friend