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Mon Dieu, quel album... Quel album...je ne sais pas quoi dire. On parle ici d'un des plus grands albums de rock des années 80 à maintenant. Il s'agit d'un album de Replacements, un groupe de power pop américain sous profonde influence des Nerves (Hangin' On The Telephone, fameuse chanson de 1976 que Blondie reprendra trois ans après), des Plimsouls (dont le membre fondateur était un ancien Nerves), du Dwight Twilley Band et, bien entendu, car sans eux, pas de power pop, de Big Star. Big Star, dont le leader/chanteur/guitariste, Alex Chilton, mort il y à quelques années (comme quasiment tout Big Star...), est le héros d'une des chansons des Replacements issue de leur album Pleased To Meet Me de 1987 (Alex Chilton). Fondé en 1979, les Replacements sont constitués, sur ce disque sorti en 1985, leur quatrième, de Paul Westerberg (chant, guitare, piano), Tommy Stinson (basse, futur Guns'n'Roses sur Chinese Democracy, il quittera les Replacements en 1986), Chris Mars (batterie), Bob Stinson (frangin de Tommy) à la guitare, ce dernier sera viré en 1986, ce qui entraînera, j'imagine, le départ de Tommy la même année, dont j'ai rapidement parlé juste au-dessus). La production est signée Tommy Erdelyi, alias Tommy Ramone, un des membres fondateurs du fameux groupe punk new-yorkais. Alex Chilton a aidé Erdelyi à la production, au passage. Ce disque, sorti donc en 1985, et dont je sens que je vais avoir du mal à parler (j'aurai aussi du mal à parler de leur album précédent, Let It Be, au titre si évocateur, sorti en 1984, et que j'aborderai ici un de ces jours), dure 37 minutes, pour 11 titres, et s'appelle Tim. C'est la deuxième fois que j'en parle ici, la précédente chronique à son sujet, désormais défunte, remontait à 2011 et m'avait toujours déplu, ne rendant pas assez justice à ce disque. 

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Verso de pochette vinyle

La seule chose d'un tant soit peu négative à dire ici, c'est que la production a pris un petit coup dans l'aile (et la pochette n'est pas des plus réussie, on dirait la pochette d'un ds premiers albums de REM, ceux sortis, à la même époque, sur le label IRS, et très rock indie), l'album tape ses 30 ans cette année (en octobre, bientôt donc, on fêtera les 30 ans de sa sortie ; quel jour en octobre, en revanche, je ne sais pas) et ça s'entend. Mais c'est surtout parce que l'édition CD est des plus classiques, sans remastérisation efficace, du travail honnête mais sans âme, un transfert de l'analogique au numérique, tout simplement. J'imagine que le disque sonne mieux en vinyle qu'en CD. L'album, à sa sortie, marchera correctement, sans plus, mais sera, en revanche, accueilli par une presse rock en liesse, dithyrambique dans son ensemble. C'est à peu près comme pour Big Star : la press, à l'époque (1972/74), avait super bien accueilli leurs albums, mais ça n'empêchera pas ceux-ci de se vautrer bas, très bas dans les ventes, ils ne deviendront cultes que plus tard (quiconque n'a jamais entendu Radio City, monument de 1974, n'a rien entendu, et se doit d'écouter l'album avant de revenir lire la suite de l'article ; mais non, revenez ! Ca attendra bien quelques minutes, non ?), mais génèreront une foule d'admirateurs, dont plusieurs formeront des groupes (Posies, REM, Weezer... Replacements). Ici, sur ce Tim dont j'ignore la signification du titre (aucune chanson de l'album ne s'appelle ainsi, aucun musicien du groupe ne porte ce nom, les paroles ne sont pas dans le mince livret dont j'ignore si une des 11 chansons fait référence à ce prénom), on a du lourd.

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Mais alors, du vrai lourd, hein ! N'importe quel album s'ouvrant sur Hold My Life et s'achevant sur Here Comes A Regular (une merveille douce-amère et quasiment acoustique) peut se permettre de se la péter. Mais quand, en prime, on propose aussi Waitress In The Sky, Left Of The Dial, I'll Buy, et ces deux monumentales chansons, aussi différentes l'une de l'autre (la première est une pure douceur mélancolique, la seconde, une tuerie bien rock), que sont Swingin' Party et Bastards Of Young, alors l'évidence se fait : on tient un chef d'oeuvre. Le chant de Paul Westerberg est absolument génial, jouissif, de même que les guitares, et tout du long, on assiste à une progression du tonnerre de Zeus. Chansons musclées en ouverture, une ou deux petites douceurs au centre pour calmer le jeu, une remontée fulgurante en ouverture de la face B (une fac B meilleur que la déjà géniale A), un final qui met à genoux sur du verre pilé... Rien à dire, rien à faire, avec ce Tim anthologique comptant assurément parmi les meilleurs albums de sa génération, et indéniablement le meilleur de 1985, les Replacements ont sorti le grand jeu, et nous offrent leur meilleur album. Et pourtant, leur précédent opus, Let It Be, était déjà quelque chose de particulièrement réjouissant. We are the sons of no one, bastards of young...

FACE A

Hold My Life

I'll Buy

Kiss On The Bus

Dose Of Thunder

Waitress In The Sky

Swingin' Party

FACE B

Bastards Of Young

Lay It Down Clown

Left Of The Dial

Little Mascara

Here Comes A Regular