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Pour ce 339ème Track-by-track, un disque sorti en 1978 et faisant partie des meilleurs albums de pop-rock de l'histoire : le premier album, éponyme, de Toto. Toto, donc. Le groupe est alors constitué du guitariste Steve Lukather (chant occasionnel), du chanteur Bobby Kimball, du claviériste David Paich (chant occasionnel), du bassiste David Hungate, du batteur Jeff Porcaro et du claviériste Steve Porcaro, son frère (chant occasionnel). Sorti sous une pochette représentant une épée (pour je ne sais quelle raison, c'est le logo du groupe : on retrouve une épée sur les pochettes de Hydra, Toto IV, The Seventh One, ainsi que sur des compilations de Toto), ce premier album de Toto est une superbe réussite, pas totalement parfaite (deux chansons assez médiocres), mais, au final, très recommandé. Ce disque, le voici :

Child's Anthem : Instrumental, ce premier morceau est une totale réussite qui sera jouée souvent, très souvent en live par le groupe, généralement en entrée de jeu, en ouverture de concert. Ce qui est logique. Child's Anthem est un morceau de choix, un des meilleurs instrumentaux du rock, tout simplement. Claviers tonitruants, guitare à donf', ambiance parfaite, à la fois rock, pop, disco et funky, pour cem orceau court (moins de 3 minutes) qui fout la patate d'entrée, et sert donc parfaitement d'ouverture pour l'album. Emblématique, culte, et grandiose.

I'll Supply The Love : Riff bien efficace, très rock, pour cette chanson qui a bien aidé Toto à se lancer. I'll Supply The Love, chantée par Bobby Kimball, est une des réussites majeures de Toto. Tout le son de Toto est là : claviers parfaits, guitare acérée, rythmique haletante, ambiance disco/pop/rock, chant parfait, refrain entêtant et simpliste, facile à retenir... Un morceau qui aurait pu être plus original, mais il aurait perdu en spontanéité, car, franchement, on trouvera difficilement plus accrocheur que I'll Supply The Love, que ce soit sur ce disque ou chez Toto ! Bref, génial.

Georgy Porgy : Un tube, certes moins grandiose (en terme d'impact, pas de réussite) que Hold The Line (l'autre tube de l'album), mais c'est franchement immense. Georgy Porgy, interprété par Steve Lukather avec la participation de Cheryl Lynn, est une chanson très pop, un peu soul, franchement remarquable, avec des cuivres imparables (Chuck Findley, Jim Horn) qui apportent une touche supplémentaire à la chanson. Une chanson mémorable, une de mes grandes préférées non seulement de l'album (avec Angela et I'll Supply The Love), mais du groupe (avec Kingdom Of Desire, 99 et Angela).

Manuela Run : Très mauvais. Interprétée par David Paich et Kimball, Manuela Run est une chanson très énervante (le refrain) qui s'impose vraiment comme étant la moins réussie de l'album. Le refrain est vraiment insupportable, mais la chanson, en totalité, est assez médiocre, malgré la voix de Kimball, toujours parfaite, mais c'est peu, vraiment peu. Bref, à oublier...désolé d'être si court, mais que dire d'autre ?

You Are The Flower : Une chanson interprétée par Kimball pour achever la face A. You Are The Flower est mille fois meilleure que la précédente chanson, mais elle n'est pas non plus totalement convaincante. En fait, le refrain est très bon, et le chant de Kimball assure, mais la chanson, très pop/disco, n'arrive vraiment pas à la hauteur de Georgy Porgy, Hold The Line ou Angela, pour ne citer que ces chansons monstrueuses. C'est pas mal, hein, une ambiance assez lounge plutôt correcte, mais en tant que fin de face, c'est un peu plat, sans grande saveur. Oui, s'il y à pire, il y à aussi et surtout bien meilleur ici.

Girl Goodbye : Morceau le plus long (6,25 minutes), Girl Goodbye, qui s'ouvre sur des synthés très marqués signés Porcaro (ils ne sont pas du plus bel effet, mais le morceau s'arrange vraiment par la suite) et passe rapidement à un rock endiablé avec riff bien efficace de Lukather, Girl Goodbye, donc, est un morceau imparable ouvrant la face B avec force, et interprété par Bobby Kimball. Le refrain est aussi simpliste qu'efficace, et le moins que l'on puisse dire, c'est que le chant de Kimball (excellent timbre de voix) assure totalement ici, je ne pense pas que Lukather ou Paich auraient pu chanter ce morceau avec autant d'efficacité, surtout Paich, qui est plus plan-plan et basique, niveau chant (c'est quand même lui qui chante sur Africa ou Stranger In Town, deux gros tubes très réussis). Au final, une excellente chanson.

Takin' It Back : Steve Porcaro au chant, pour la seule fois de l'album. Steve Porcaro, qui partira en 1986 ou 1987 (le dernier album sur lequel il joue est Fahrenheit de 1986), est claviériste (synthétiseurs, effets sonores), et on sent bien que Takin' It Back est son truc. Plus de claviers que d'ordinaire, plus de claviers synthétiques, je veux dire. Porcaro chante bien, un timbre de voix à la Bob Welch (Fleetwood Mac 1971/74). La chanson n'est pas extraordinaire, mais elle n'est pas non plus mauvaise. C'est franchement sympathique, pas mal du tout, la mélodie est assez intéressante, et le chant, je le répête, est vraiment bon. J'aime assez !

Rockmaker : Interprétée par David Paich (citron), Rockmaker est, avec Manuela Run, la chanson la moins réussie, la moins remarquable, de ce premier album. Morceau assez rock comme son titre le dit, c'est une chanson plutôt prétentieuse et caricaturale, interprétée avec passion mais sans grande originalité. C'est plein de poncif, entre les who-ho-hoo, rockmakeeeeeer de Paich et les contrepoints vocaux de Kimball. Sympathique, mais vraiment mineur, secondaire, et même tertiaire. C'est un peu meilleur que Manuela Run, mais c'est pas terrible.

Hold The Line : Gros, gros tube, le premier gros tube de Toto (Georgy Porgy en est un aussi, mais un peu moins immense) pour ce Hold The Line mythique et très rock (un riff de guitare tueur, un drive de piano remarquable) interprété par Bobby Kimball, qui livre ici une de ses meilleures prestations sur ce premier album. Une chanson remarquable mais qui a été, depuis, tellement entendue (elle passe environ une fois par jour sur les ondes FM, et si ce n'est pas une fois par jour, c'est au moins 4 ou 5 fois par semaine, week-end inclus) qu'on s'en est sans doute un peu lassé. Mine de rien, Hold The Line assure quand même. Du très bon boulot.

Angela : Pure merveille à la fois calme et très rock (les refrains, sur lesquels on entend la voix de Paich, sont bien mouvementés, avec ce riff très efficace signé Lukather, qui chante sur le reste du morceau), Angela est la conclusion parfaite pour cet album. Toto se spécialisera dans les chansons aux titres en forme de prénoms féminins (Lea, Anna, Mushanga, Holyanna, Rosanna, Carmen, Pamela), et Angela est la première du lot. Probablement une des plus belles chansons du groupe, et un des sommets de ce premier album franchement excellent, qui s'achève à la perfection. J'adore.

 Alors, au final, que dire sur Toto ? Mis à part deux chansons (Rockmaker et Manuela Run) franchement médiocres, rien à dire, ce premier opus d'un des plus connus groupe de pop/rock est une réussite, un de leurs meilleurs, même si Hydra, le suivant, sera supérieur. On a déjà droit à de gros classiques ici, deux tubes absolus, trois, même, qui se trouvent sur les best-ofs de Toto. Interprétation remarquable, classiques, bonne production, ce premier album est, donc, à écouter si vous aimez la pop !