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Contrairement aux apparences, cet album ne propose pas de morceaux datant de 1965 à 1980 Ce n'est pas une compilation. Enfin, oui et non : en CD, cet album, qui s'appelle 1965 - 1980 et est le premier album de Basement 5 (j'y reviens juste après) a été édité (et il est désormais impossible de trouver le CD ; heureusement, on peut télécharger légalement et facilement l'album) avec un mini-album intitulé Basement 5 In Dub, et offrant 5 versions dub de morceaux de l'album initial. Le CD dure quelques 69 minutes, dont seulement 28 pour les cinq morceaux de Basement 5 In Dub (morceaux 10 à 14). Je ne sais pas pourquoi l'album initial s'appelle 1965 - 1980 vu que le groupe a été fondé en 1978, et que l'album est sorti en 1980, et est constitué de morceaux (9 en tout) datant des sessions, et pas d'avant. Entre ça et la pochette, qui est, vraiment, moche, Basement 5 ne partait pas bien dans la vie... car, comme on pouvait s'en douter, l'album ne marchera pas fort, et il est depuis introuvable en CD (et je ne parle pas du vinyle). Et c'est grandement dommage, car c'est un disque immense.

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Mais qui sont Basement 5, d'abord ? Un groupe dirigé par Dennis Morris, originaire de la Jamaïque, photographe et designer à la base (le boîtier rond et métallique de la Metal Box de PiL, c'est lui, la photo de pochette du Broken English de Marianne Faithfull aussi, et plein d'autres photos de Bob Marley, PiL, Clash, j'en passe...), et musicien, aussi. Le groupe, anglais de nationalité, a été fondé en 1978, avec Morris au chant (et à l'écriture), Richard Dudanski à la batterie, J.R. à la guitare et Leo 'E-Zee-Kill' Williams à la basse. Leur batteur, le premier jour d'enregistrement, fout le camp, et sera remplacé par Charley Charles (des Blockheads, groupe de Ian Dury, ami de Morris et de Basement 5). C'est Martin 'Zero' Hannett, producteur de Joy Division, qui produit le groupe. Il existe très peu de photos du groupe, savourez donc les deux présentes sur l'article ! Maintenant, la description (succinte) du son de Basement 5 : un mélange détonnant entre reggae et punk-rock, avec du dub également (et surtout sur Basement 5 In Dub, le mini-album, ou EP, présent en fin de disque). Un truc totalement inclassable, bien plus souvent punk que reggae, et aussi dingue, à la PiL, que jubilatoire.

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1965 - 1980 est un disque grandiose, il faut bien l'avouer : sur les 9 titres, si Omega Man (le plus long avec un peu plus de 7 minutes) et Immigration sont très reggae dans l'âme, le reste est du pur punk-rock assez inclassable, mâtiné, certes, de reggae et de dub, mais quand même bien teigneux, proche de Public Image Limited/PiL sur leur premier album. Le chant de Dennis Morris est pas mal (il remplace un premier chanteur, Don Letts), mais il y à mieux, et on sent que ses musiciens sont plus à l'aise que lui, niveau punk-rock. La production de Martin Hannett rappelle un peu le son de Joy Division sur Unknown Pleasures, leur premier album (1979), ce qui est normal, car, comme je l'ai dit, Joy Division était produit par Hannett. Morceaux de choix sur 1965 - 1980, comme ce classique absolu qu'est Last White Christmas, ou Riot, No Ball Games, Omega Man, Hard Work, Heavy Traffic...

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Pochette vinyle de Basement 5 In Dub (1980)

Basement 5 In Dub, quant à lui, est un EP nettement moins intéressant, sans être pour autant mauvais. Martin Hannett a transformé, avec le groupe, cinq morceaux de 1965 - 1980 (Immigration, Hard Work...) en dubs faisant penser, là aussi, à PiL, ou bien à la dernière face du Sandinista ! des Clash, qui offrait aussi des dubs. Ces cinq titres, Paranoiaclaustrophobia, Work, Games, Immigrant et Holocaust, tous suivis de la mention Dub comme il se doit, et pour la plupart sensiblement plus longs que les 9 titres de 1965 - 1980, sont sympathiques, mais je pense vraiment que les 9 titres initiaux se suffisent à eux-mêmes. Enfin, si vous décidez de télécharger légalement l'album, vous les aurez (et si jamais vous trouvez le CD, non seulement conservez-le précieusement, mais là aussi, vous les aurez, ces cinq dubs, car, comme je l'ai dit, le CD, désormais introuvable partout, regroupe les deux disques en 69 minutes de musique pour 14 titres). Au final, malgré la dernière (petite) demi-heure, ce Basement 5 In Dub, moins remarquable et utile sauf pour les fous de dubs, au final, donc, 1965 - 1980 est un disque crucial, grandiose, immense. A quand une réédition, putain ? On tient là un disque très important et culte.

1965 - 1980 :

FACE A

Riot

No Ball Games

Hard Work

Immigration

FACE B

Last White Christmas

Heavy Traffic

Union Games

Too Soon

Omega Man

Basement 5 In Dub :

FACE A

Paranoiaclaustrophobia Dub

Work Dub

Games Dub

FACE B

Immigrant Dub

Holocaust Dub