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Iggy Pop, un des parrains du punk-rock, décide, en 1986, de passer à la vitesse commerciale. Après tout, quasiment tout le monde, dans les années 80, de Bowie à Lou Reed en passant par les Stones, Dylan, faisaient de la musique nettement plus ancrée dans les sonorités pop, commerciales, que leur musique des années 60 ou 70. Est-ce un hasard si, à chaque fois, leurs albums sont des ratages, dans cette décennie qui, définitivement, sonne plus datée qu'une autre ? Ces Undercover, Never Let Me DownMistrial, Knocked Out Loaded, Empire Burlesque ou Tonight... Sorti, donc, en 1986, sous une pochette immonde (le design), Blah Blah Blah est un album très commercial, le plus commercial, d'Iggy Pop. Son seul album vraiment à 100% commercial. L'album est produit par David Bowie (ce qui explique son nom dans les tags) et David Richards, et, en 46 minutes, offre certes quelques très bonnes chansons, mais est dans l'ensemble daté et très très inégal.

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L'album a été enregistré avec Kevin Armstrong (guitare, choeurs), Bowie et David Richards (des effets de claviers, production, choeurs), Steve Jones des Sex Pistols (solo de guitare sur Cry For Love) et Erdal Kizilcay (claviers, basse, programmation de batterie, choeurs). Enregistré aux Mountain Studios de Montreux, en Suisse, Blah Blah Blah offre, comme je l'ai dit, quelques bonnes chansons : Cry For Love, avec son solo de guitare de l'ex-Pistols, est franchement remarquable, ainsi que Fire Girl ou Real Wild Child (Wild One), cette dernière étant par ailleurs une reprise du Wild One de Johnny O'Keefe, qui a été retitrée pour l'album. A la rigueur, Isolation est pas mal. Ce qui fait quatre chansons sur les dix de l'album. C'est assez peu, tout compte fait, même pas la moitié de Blah Blah Blah qui mérite l'écoute. Parce qu'à côté de ces quatre chansons franchement bonnes, on a Hideaway, Baby, It Can't Fall, Winners & Losers, Blah-Blah-Blah ou Shades qui, elles, ne valent pas tripette. Malgré la voix d'Iggy, toujours parfaite, elle.

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L'album est quasi-totalement ruiné par des sonorités trop 80's, ces claviers, ces synthés vraiment omniprésents, envahissants, sans parler de ces programmations de batterie électronique qui, trop souvent, remplacent une vraie batterie classique et honnête. Blah Blah Blah, tentative de pop pour Iggy Pop, tentative de rock commercial (l'album sera un succès, la tournée aussi, mais c'est l'époque qui le voulait), n'est pourtant pas le pire album de l'Iguane : Soldier, Beat 'Em Up ou Instinct (ce dernier, le suivant, sera du pur hard-rock) sont bien plus ratés encore. Mais il y à en plus un je-ne-sais-quoi qui gêne, ici ; le fait, probablement, que malgré que son pseudonyme/nom de scène (rappelons son vrai nom, James Osterberg) contienne le mot Pop, malgré cela, hé bien, la pop ne correspond pas du tout à Iggy Pop. Pour Bowie, à la rigueur, ça peut aller (ses albums de 1984 à 1993 sont cependant ratés, mais il a une plus grande prédisposition à la musique commerciale que l'ex leader des Stooges), mais pas pour Iggy. Blah Blah Blah le confirme, malgré quelques grandes chansons.

FACE A

Real Wild Child (Wild One)

Baby, It Can't Fall

Shades

Fire Girl

Isolation

FACE B

Cry For Love

Blah-Blah-Blah

Hideaway

Winners & Losers

Little Miss Emperor