Voici, en ordre chronologique (par année seulement), les plus grands albums de glam-rock qui soient. En tout cas, selon moi !

1Hunky Dory, David Bowie (1971) : Bowie est déjà avec ses Spiders From Mars, son fameux groupe glam de l'ère 1971/73, ici. Avec sa pochette en allusion à Marlène Dietrich (une photo d'elle est dans le même ordre) et son titre qui, en argot anglais, signifie 'comme sur des roulettes', Hunky Dory est un réservoir à classiques bowiens. Un disque, comme dire, euh, mythique. Jérôme Soligny, auteur de chansons (pour Daho notamment), écrivain et journaliste, spécialiste absolu de Bowie, a dit de cet album que le posséder sans même l'écouter suffit à rendre un homme heureux. Tout le futur glam est là, en ce qui concerne Bowie en tout cas. Ziggy n'est pas encore là, mais il s'approche, lentement. Dans un an, il aura pris le pouvoir de la scène rock anglaise de l'époque...

3Electric Warrior, T-Rex (1971) : Après quelques albums folk assez sympas mais bizarres (le premier d'entre eux possède un titre tellement long que le reprendre ici me condamnerait deux lignes... Allez, pour le fun, je le donne quand même : My People Were Fair and Had Sky in Their Hair... But Now They're Content to Wear Stars on Their Brows, en 1968 ; pas mal, hein ?), Tyrannosaurus Rex se renomme T-Rex, et se tourne vers de la musique plus rock et glam. Electric Warrior, sorti en 1971, est le sommet du groupe avec leur suivant, The Slider (1972). La guitare et le chant de Marc Bolan, une des icônes absolues du glam, mort dans un stupide accident de la route en 1977, est parfait. Il faut s'y faire, notamment à la voix, mais franchement, cet album, généralement considéré comme un des trois sommets du glam, est à écouter absolument.

2Killer, Alice Cooper (1971) : Où quand le glam devient trash. Quintessence du boulot de Vincent Furnier, plus connu sous son nom de scène Alice Cooper, Killer, qui représente Kachina, boa préféré d'Alice, en couverture, est un disque aussi violent et radical que son titre et sa pochette rouge sang. 8 titres qui parlent quasiment tous de mort, de violences, de sang, de cadavres, d'insanités... 36 minutes cataclysmiques, la production a un peu vieilli (1971), mais rien de grave, et, franchement, tout en étant assez glam, l'album est un classique de hard-rock comptant parmi les plus féroces et séminaux. On ne compte plus le nombre de groupes qui se réclament d'Alice Cooper, dont c'est vraiment le sommet absolu.

5Roxy Music, Roxy Music (1972) : La rencontre de deux légendes du rock, qui portent le même prénom, à une lettre près : Bryan Ferry (chant, claviers, auteur) et Brian Eno (claviers, bidouillages électroniques, arrangements). N'oublions pas le guitariste Phil Manzanera, le saxophoniste et joueur de hautbois Andy Mackay... Roxy Music, avec Kari-Ann Moller, une des petites amies de Keith Richards, en couverture, est un des sommets du glam-rock, dont le groupe, dont c'est le premier album, sera un des plus illustres représentants. Produit par Peter Sinfield (qui fut parolier de King Crimson), c'est un disque parfait, qui mélange innovations (les bidouillages d'Eno) et des choses plus anciennes (le son du hautbois de Mackay, instrument rare dans le rock, apporte une touche progressive, médiévale, inclassable au groupe), plus une interprétation éblouissante de Ferry, et des paroles en béton. Au final, ce premier opus du groupe est considéré comme un des meilleurs premiers albums qui soient.

6The Rise And Fall Of Ziggy Stardust And The Spiders From Mars, David Bowie (1972) : Que dire, franchement ? Avec sa pochette remarquable (une des plus belles de Bowie), prise à la base en noir & blanc et colorisée par la suite (et ça se voit), avec ses chansons pour la majorité d'entre elles immenses (seules deux, Star et Hang On To Yourself, ne me plaisent pas, mais elles sont courtes), avec ses musiciens, les Spiders From Mars, en grande forme et son Bowie idem, The Rise And Fall Of Ziggy Stardust And The Spiders From Mars, album conceptuel sur l'arrivée sur Terre (une Terre qui n'en a plus que pour cinq ans avant la fin) d'un extra-terrestre du nom de Ziggy Stardust, cet album, donc, est légendaire. Quiconque ne le possède pas et se dit fan de rock n'est pas, réellement, fan de rock, moi, je vous le dis ! Un chef d'oeuvre mythique.

9aAll The Young Dudes, Mott The Hoople (1972) : Les fans de glam-rock connaissent bien Mott The Hoople, groupe mené par son charismatique chanteur Ian Hunter. Cet album, leur meilleur mais ils en ont fait d'autres de remarquables, est célèbre essentiellement pour sa chanson-titre, qui fut offerte au groupe par Bowie (qui, de son côté, ne se gênera pas, vu qu'il en est l'auteur, pour la chanter en live). All The Young Dudes, sinon, ne vaut pas que pour cette quintessentielle chanson-titre. Les autres titres sont également sublimes, et dans l'ensemble, on tient ici un des 10 meilleus albums de glam-rock qui soient. Rien que ça. Purement essentiel.

7Transformer, Lou Reed (1972) : Là aussi, comme pour le Roxy Music ou le Bowie, ou même le T-Rex, je ne sais quoi dire qui n'a déjà été dit. Transformer, produit par Bowie (qui chantonne avec Lou sur un titre et pose des choeurs avec les musiciens, dont Herbie Flowers et Mick Ronson), est le deuxième opus solo de Lou Reed, et un de ses meilleurs. Son plus gros succès commercial, avec au programme plus de classiques que sur aucun autre album de l'ex-Velvet. Très commercial, tellement commercial que Lou, pour son album suivant, fera Berlin, radical opposé, album violent, sombre comme la nuit (et immense), tant il sentira qu'il n'est pas fait pour le commercial, le populaire, le gentillet. Transformer est un joyau brut, pochette magnifique que Lou reprendra 10 ans plus tard. Un album qui parle de sujets choc, transsexualité, putes, cames, voyous, homosexualité, ambiguïté sexuelle, bas-fonds...tout en étant totalement glam et précieux. Immense. Mais son album suivant, pas glam du tout (et, donc, pas dans la liste), Berlin, est encore meilleur.

4Something/Anything ?, Todd Rundgren (1972) : Double album (toujours en CD) totalement renversant, offrant des ritournelles pop suaves et inoubliables, des morceaux plus rock et même heavy, des expérimentations, des délires... Enregistré en quasi-totalité (sauf la dernière face) par Rundgren seul, Something/Anything ? est une oeuvre absolument essentielle, remplie de pépites, interprétées par un Todd Rundgren (vrai génie musical) au sommet de son art, pour la première, mais pas la dernière fois. Quelle voix ! Un disque à la fois glam et expérimental, plus glam qu'autre chose cependant, et très, très pop et accessible dans la grande majorité de ses chansons (il y en à 25, des titres). Sublime.

8The Slider, T-Rex (1972) : Suivant Electric Warrior, ce The Slider est tout aussi réussi. On y trouve une des plus grandes chansons du groupe, ce Telegram Sam tout simplement quintessentiel, mais l'ensemble des 13 titres est franchement réjouissant, même s'il faut plusieurs écoutes pour s'y faire. Pochette magnifique, production efficace, interprétation éblouissante du dieu glam Bolan (un ami de Bowie), morceau fantastiques... The Slider est un des classiques du glam, encore un, et même un des plus grands classiques. Essentiel.

10New York Dolls, New York Dolls (1973) : Présent aussi dans ma liste des meilleurs albums punk, ce premier opus des New York Dolls tient de toute façon à la fois du punk-rock (un des albums ayant influencé le mouvement, d'ailleurs, Johnny Thunders - guitare - et Gerry Nolan - batteur -, deux des membres du groupe, fonderont un groupe de punk par la suite, les Heartbreakers) et du glam. Un disque un peu inégal, une face B moins excellente que la A qui est, elle, parfaite. Mais une ambiance décadente, ce disque résume bien la situation de l'époque : came, guerre du Vietnam, ambiguïté sexuelle, putes, trash attitude, homosexualité, liberté sexuelle, tout est abordé au fil des chansons. Un disque culte.

12Aladdin Sane, David Bowie (1973) : Pour être tout à fait honnête, ce disque culte, sorti sous une des plus belles pochettes qui soient, et avec son titre en jeu de mots ('a lad insane' : 'un mec fou'), est un très très grand cru de Bowie, mais un peu surestimé : production grasseyante, morceaux parfois un peu poussifs, guitares saturées qui rendent le tout plus metal, par moments, que glam pur... On préfèrera largement le précédent, ...Ziggy Stardust... , à Aladdin Sane. Mais, mais, mais... il y à des chefs d'oeuvre, ici, comme la chanson-titre (et ce piano de Garson), Lady Grinning Soul ou Time. Dans l'ensemble, surestimé, un peu inégal, mais quand même essentiel ; fort, le gars Bowie, quand même !

17Billion Dollar Babies, Alice Cooper (1973) : La décadence absolue, à la limite même de la caricature, mais qu'est-ce que c'est bon ! A la fois violent, glauque, hilarant et jouissif, Billion Dollar Babies est un des sommets d'Alice Cooper (mais pas LE sommet, qui est Killer), et offre 10 chansons qui, pour la majorité d'entre elles, sont de purs régals auditifs, surproduits par Bob Ezrin (qui, la même année, produit difficilement le Berlin de Lou Reed, sur lequel jouent deux guitaristes teigneux ayant également joué, discrètement, sur l'album d'Alice : Dick Wagner et Steve Hunter), et franchement jubilatoires. Notamment ce Elected pharaonique, ou ce I Love The Dead sinistre et hilarant en même temps. Au final, un disque qui fait un peu penser à un gros gâteau à la crème et au chocolat : poussif, gras, écoeurant si on en mange trop et trop souvent, mais au bout du compte, de temps en temps, c'est remarquable et appréciable au plus au point. Ne l'écoutez pas trop souvent, mais écoutez-le quand même !

14Goodbye Yellow Brick Road, Elton John (1973) : Double album (simple CD) magistral, enregistré au Château d'Hérouville (France) alors qu'Elton, que l'album propulsera littéralement au firmament, voulait le faire en Jamaïque, influence de l'album Goats Head Soup des Stones oblige. Et Elton ne voulait pas faire un double (vendu trop cher, généralement), mais ne pouvant se résoudre à virer des titres... Son premier (mais pas son dernier) double album, et son meilleur album. Caviardé de tubes, de classiques, aucune mauvaise chanson (enfin, une est un peu moyenne, mais rien de grave), Goodbye Yellow Brick Road est un régal glam et pop, éclectique et fantastique. Rien d'autre à dire, sinon : écoutez-le !

11For Your Pleasure, Roxy Music (1973) : Deuxième album de Roxy Music, avec Amanda Lear sur la pochette. Brian Eno partira, quittera l'aventure, après For Your Pleasure, album démentiel qui offre encore plus de classiques que le précédent et que les suivants : Do The Strand, Editions Of You, In Every Dream Homes A Heartache, The Bogus Man, la chanson-titre, Stricktly Confidential... et il y à 8 titres en tout ! Un album encore une fois exceptionnel, un des tous meilleurs du groupe avec le premier et Country Life. Un disque qui marque la fin d'une époque, avec le départ, après sa sortie, d'Eno, qui se lancera en solo. Il manquera, mais, au bout du compte, pas trop, du moins pour les deux/trois albums à venir.

16Mott, Mott The Hoople (1973) : Revoilà les Mott The Hoople, avec ce disque, Mott, sorti sous une assez moche pochette, par ailleurs. Pas aussi grandiose que All The Young Dudes, Mott contient quand même de très grandes chansons, et se pose là comme un des meilleurs opus du groupe de Ian Hunter, groupe assez méconnu sauf des spécialistes es-glam, mais qui mérite vraiment la découverte ou redécouverte. On a ici encore une fois un pur petit régal glam, qui comblera les amateurs et amatrices !

15Pin Ups, David Bowie (1973) : Un disque uniquement constitué de reprises de chansons de rock britannique, de la période dorée du Swinging London (années 60), de groupes tels que les Who, Them, Pretty Things, Yardbirds, Merseys, Kinks et même Pink Floyd (période Barrett). Pas de Beatles ni de Stones, mais Bowie avait repris une chanson des Stones sur Aladdin Sane, et il reprendra une chanson des Beatles sur Young Americans en 1975. Pas de chansons américaines non plus. Des reprises très très bonnes, excellentes même pour certaines, et toutes à la sauce glam-rock, enregistrées au Château d'Hérouville (France, Oise) avec son groupe les Spiders From Mars, légèrement remaniés (le batteur, Woodmansey, viré et remplacé par Aynsley Dunbar, et le pianiste Mike Garson est toujours là), Bowie est d'ailleurs avec les Spiders pour la dernière fois de sa carrière. Après Pin Ups, il cessera le glam-rock. Un disque court (34 minutes, 12 titres) et souvent mal-aimé, il faut dire que c'est un disque de reprises, et que c'est toujours périlleux pour un artiste de faire un disque de la sorte. Mais c'est un des meilleurs albums de reprises qui soient, et, franchement, un Bowie exceptionnel. Les adieux de Bowie au glam, ça ne se loupe pas, et il faut donc écouter ce disque !

19Stranded, Roxy Music (1973) : Ca y est, Eno est parti, il s'est lancé en solo. Mais Roxy Music continue sans lui, et le moins que l'on puisse dire, c'est que même si Brian Eno a considérablement apporté sa touche au son du groupe, il ne manque pas trop sur ce Stranded remarquable offrant une des plus grandes chansons du groupe, A Song For Europe. Après, oui, effectivement, Stranded est un chouia moins grandiose que les deux précédents (et que le suivant), mais ce n'est pas à cause du départ d'Eno. L'album n'en demeure pas moins une vraie réussite qui conforte Roxy Music dans sa place de leader du son glam/pop britannique, un album offrant de sublimes chansons, remarquablement bien interprété...Un autre classique !

13A Wizard/A True Star, Todd Rundgren (1973) : 19 titres (dont un de 10 minutes), pour 56 minutes, en un seul disque vinyle... Todd a toujours été fou, et il fera encore plus fort par la suite (Initiation et le premier album de son groupe Utopia). A la fois férocement glam et sauvagement expérimental, ainsi que très pop, A Wizard/A True Star offre une face expérimentale très chatoyante et riche, et une face plus pop pure et glam. Tout est monstrueux, ici, pharéonique, monumental, et ce, même si la production, en vinyle, à cause de l'écrasement des sillons, est un peu moyenne (améliorée en CD). Un chef d'oeuvre absolu.

18Queen II, Queen (1974) : Le premier opus de Queen (éponyme), était bon, mais pas exceptionnel. Ce Queen II, lui, n'est pas bon du tout : il est exceptionnel ! Avec sa face blanche et sa face noire, avec sa suite de morceaux sur la face B, ce deuxième album, un des albums de chevet de W. Axl Rose des Guns'n'Roses, est un monstre de glam et de hard en même temps. Sensationnel. A noter que pour le clip de Bohemian Rhapsody, en 1975 (la chanson ne se trouve pas sur cet album), le groupe reconstituera le visuel de la pochette (photo de Mick Rock) de ce deuxième album absolument magistral. Et culte. Et magistral. Et culte. Et magistral...Et culte...

21Country Life, Roxy Music (1974) : Là, je vais être clair : voici le sommet de Roxy Music. Devant leur premier album éponyme, et devant For Your Pleasure aussi. Avec sa pochette qui fera scandale (et sera remplacée par un fond vert de feuillages, ce qu'on voit derrière les filles), et qui représente deux jeunes femmes allemandes, Eveline Grunwald et Constanze Karoli (soeur de Michael Karoli, guitariste du groupe Can), Country Life offre de pures merveilles : The Thrill Of It All, Triptych, All I Want Is You, Prairie Rose... La quintessence du groupe, tout simplement, 41 immenses minutes sur lesquelles, définitivement, Eno, absent depuis un album, ne se fait pas regretter.

22The Hoople, Mott The Hoople (1974) : Pour moi, l'ultime grand disque de Mott The Hoople. Après un album intitulé Mott, en voici un intitulé The Hoople, la boucle est bouclée ! Un excellent cru de glam-rock pur et dur, encore une fois, avec une pochette elle aussi éminemment glam. Encore une fois, la perfection de All The Young Dudes n'est pas atteinte, mais comment l'atteindre, en même temps ? Non, ce The Hoople plutôt méconnu ne démérite pas et est vraiment une belle réussite de plus pour ce groupe culte.

24Kimono My House, The Sparks (1974) : Ron et Russell Mael, frangins, sont les Sparks. En 1974, ils livrent deux très bons albums, Propaganda et ce Kimono My House. Propaganda est excellent, mais je pense que Kimono My House mérite encore plus sa place ici. Rien que pour This Town Ain't Big Enough For The Both Of Us, morceau légendaire, Kimono My House est un album essentiel pour tout amateur de glam pop et un peu cintré. Par la suite, anecdote, les Sparks passeront à la sauce new-wave, et collaboreront avec les Rita Mitsoukos, mais en attendant, en 1974, ils sont un des plus intéressants et originaux groupes de glam-rock.

23Sheer Heart Attack, Queen (1974) : Un pur bordel qui mélange hard, rock, pop, folk, metal (Metallica reprendra - mal - Stone Cold Crazy), opéra, ballade, pastiche... Avec sa pochette signée Mick Rock et son absence de synthétiseurs (comme l'ensemble de leurs albums jusqu'à The Game, 1979), Sheer Heart Attack est encore une fois un régal absolu, malgré une ou deux chansons vraiment nulles. Un disque à écouter plusieurs fois, difficile d'accès, mais vraiment bluffant, qui, tout comme Queen II ou A Night At The Opera, montre bien que Queen, à l'époque, envoyait grave et assurait tout aussi grave. Culte et magistral.

20Here Comes The Warm Jets, Brian Eno (1974) : Premier opus solo de Brian Eno, et pas encore un disque d'ambient comme le seront Another Green World, Before And After Science ou la série des Ambient. Non, Here Comes The Warm Jets est, lui, un pur disque de glam-rock décadent, un peu expérimental (Eno oblige), mais au bout du compte plus glam qu'autre chose. Eno passera rapidement à autre chose (après Taking Tiger Mountain (By Strategy), son album suivant), mais ici, on sent encore la patte Roxy Music, qu'il venait de quitter (et qui en était déjà à deux albums après son départ). Un grand disque bien représentatif de son époque.

26A Night At The Opera, Queen (1975) : Comme Sheer Heart Attack, mais en plus monstrueux. Un mélange détonnant entre rock, glam, opéra, hard-rock, folk, ballade, pastiche, servi par une production époustouflante. Morceaux grandioses, dont Bohemian Rhapsody ou cette reprise électrique de God Save The Queen qui achèvera dès lors tous les concerts du groupe. Et The Prophet's Song, immense chanson, la meilleure du groupe. Et bien d'autres... A Night At The Opera est un album tout simplement monstrueux. Titre en allusion à un film des Marx Brothers, comme l'album suivant, A Day At The Races (immense aussi, mais pas glam). A noter que les codes de couleur sont en totale contradiction avec les notions de 'night' ou 'day' des titres, vu que la pochette de l'album suivant est noire (avec quasiment le même motif) ! Album culte et essentiel.

25Captain Fantastic & The Brown-Dirt Cowboy, Elton John (1975) : Sorte d'album autobiographique sur la vie d'Elton (le Captain Fantastic) et de son pote le parolier Bernie Maupin (le Brown-Dirt Cowboy), c'est un album remarquable sans gros tube si on excepte Someone Saved My Life Tonight. Lester Bangs, fameux critique rock, dira de cette chanson qu'aussi longtemps qu'Elton poura sortir au moins une chanson de la sorte sur un de ses albums, le rock sera en forme. Captain Fantastic & The Brown-Dirt Cowboy, sinon, est un disque sublime, mais à écouter plusieurs fois, il n'est pas facile d'accès, son manque de classiques, excepté une chanson, le rend un peu hermétique. Mais c'est une pure réussite, qui était vendue, en vinyle, avec deux livrets, un pour les paroles, et un pour des illustrations et photos, un scrapbook en quelque sorte. Pas aussi glam que son double de 1973, mais vraiment remarquable.

27Siren, Roxy Music (1975) : Pendant 7 ans, cet album sera le dernier bon disque de Roxy Music (avec Jerry Hall, à l'époque petite amie de Bryan Ferry et qui sera par la suite mariée à Mick Jagger, sur la pochette). Sans être aussi époustouflant que Country Life, le premier album ou For Your Pleasure, Siren est du même niveau que Stranded, autrement dit, un très bon niveau. De très bons, et même grands morceaux (Love Is The Drug), des interprétations remarquables, font de ce disque un classique de plus, un 'petit' classique, certes, mais ne chipotons pas, Siren vaut le coup, largement. Et encore une fois, un excellent manifeste glam et sophistiqué.

47134288_pAvalon, Roxy Music (1982) : C'est le dernier album studio du groupe, et leur meilleur depuis Siren (entre 1976 et 1978, rien de la part du groupe en tant que disques studio, puis, en 1979 et 1980, deux albums assez moyens, Manifesto ! et Flesh + Blood). Avalon est un sublime album de pop sophistiquée, glam et précieuse, bien produite. Tubes à foison, ambiance suave, l'album n'est certes pas très rock (pas de prise de risques ici, que de la pop/glam), mais c'est aussi un très très bon disque d'un des groupes-phares du mouvement glam. Je pense qu'il se devait donc d'être ici.

65503088_pThe Queen Is Dead, The Smiths (1986) : Oui, je sais, ce n'est pas glam à 100%... Enfin, le look de Morrissey (chanteur et auteur principal, icône gay par excellence), leur côté très précieux, tout ça fait, un peu, glam, par moments. Le glam-rock, le vrai, le pur, non trafiqué (car, par la suite, le hair-metal à la Def Leppard ou Guns'n'Roses, ou Dokken, puisera pas mal dans le glam, ainsi que des artistes tels que Marilyn Manson), n'a existé que dans les années 70. Cet album date de 1986, mais, par moments, fait vraiment glam. Dont acte de sa présence ici.