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Le truc écoeurant concernant ce live n'est pas qu'il ait été apparemment refait en studio pour certains de ses élements (quelques prises de voix, quelques parties de guitare, quelques bruits de foule 'grossis'), mais qu'il soit toujours commercialisé sous la forme d'un double album, alors que si ce format double convenait forcément au vinyle (impossible de tout faire tenir sur une seule galette), il ne convient plus pour le CD : ce live dure dans les 75 ou 76 minutes, autrement dit, tout tiendrait sur un CD. Or, Alive !, car c'est de ce disque qu'il s'agit, est toujours double en CD, et vendu au prix d'un double, autrement dit, cher. Sinon ? C'est le premier live de Kiss, groupe qui, à l'époque (1975), était dans la merde. Ce live de 1975, leur quatrième album en totalité, sera le déclencheur, le catalyseur permettant à Kiss de devenir ce qu'ils deviendront : des géants du hard-rock. Mais, avant ça, flash-back sur l'ensemble de leurs précédents opus : Kiss, en 1974 (début d'année), est une réussite artistique, un album majeur, un des meilleurs premiers albums qui soient, avec une enculade de classiques dessus : Strutter, Black Diamond (et son final anthologique allant progressivement dans le ralenti), Deuce, Cold Gin, Firehouse... Mais l'album ne marchera pas fort dans les charts. Le groupe semble n'avoir que son attitude scénique grandguignolesque et ses maquillages et tenues pour sortir du rang. Même année 1974, Hotter Than Hell, avec encore une fois des classiques (Parasite, Strange Ways...), mais une production abominable (et j'insiste là-dessus), ne marchera pas fort, malgré qu'il soit super bon. Sa pochette nipponisante (et peu réussie) est un hommage aux premiers vrais fans du groupe : le Japon, toujours féru de hard-rock (Judas Priest, Deep Purple, Cheap Trick enregistreront des lives là-bas). 1975, le patron de la maison de disques de Kiss (Casablanca Records), Neil Bogart, décide de miser le tout pour le tout et produit Dressed To Kill, 30 minutes plus pop que de coutume tout en étant très heavy quand même (on parle de Kiss, hein). Bilan, encore un bon disque, vraiment très bon, même, et avec encore une fois des classiques (She, Rock'n'Roll All Nite, Rock Bottom...), mais un échec commercial.

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Dos de pochette vinyle (et CD)

Trois disques dans la sciure, d'un coup, voilà de quoi tuer un groupe. Mais Casablanca Records y croit encore. Les concerts de Kiss sont des trucs de malade (ils sont tellement bons que les groupes qui, en concert, les accueillaient en première partie refuseront de les prendre encore en ouverture de show : ils étaient parfois meilleurs que les têtes d'affiche !). On décide donc de sortir un live, et un double, s'il vous plaît. Et on demande à une légende de l'enregistrement rock de le faire, Eddie Kramer (Jimi Hendrix Experience, Led Zeppelin, pardon des références de malade). Qui va faire un truc de fou avec Alive !, 16 titres qui se trouvent tous, forcément, sur les précédents albums, mais ici en versions sublimées. OK, on a sans aucun doute du remontage studio, comme le Live And Dangerous de Thin Lizzy ou le Unleashed In The East de Judas Priest, mais dans un sens, on s'en fout, car à écouter, Alive ! démantibule votre mémé avec une fourchette à escargots. Au sujet de remontage studio, ça semble évident pour la voix, même si Paul Stanley assure et harangue souvent la foule (au point d'en être parfois saoûlant, je l'avoue), il a apparemment refait des voix en studio, soit elles étaient peu réussies, soit l'enregistrement avait des défauts. Même la pochette a été refaite, je parle du verso (ci-dessus), car la photo n'a pas été prise au cours d'un concert de Kiss (la banderole a donc été trafiquée). Ils ne remplissaient sans doute pas d'aussi grosses salles que ça à l'époque, rappelons qu'avant Alive !, Kiss étaient quasiment morts... Enfin bref. Bien que pas authentique à 100%, ce live détruit quand même tout et est un classique du genre.

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Car il faut dire que ce live tue : s'ouvrant sur un Deuce démentiel interprété par le bassiste Gene Simmons, Alive ! accumule les merveilles comme un récidiviste accumule les conneries : Strutter, Got To Choose, Hotter Than Hell, Firehouse, et ceci n'est que la face A ! La B offre notamment She, quasiment 7 minutes de bonheur machiste, et si le second disque n'offre que 7 titres, il contient les meilleurs : Black Diamond (sans son final ralenti impossible à refaire en live), 12 minutes de 100,000 Years avec solo de batterie de Peter Criss, Cold Gin, Rock'n'Roll All Nite... Yeah !!! Comme je l'ai dit, les interventions vocales de Paul Stanley, parfois, sont énervantes (ses I wanna know... à répétition...), mais elles font partie du bouzin, comme les Scream for me, Long Beach ! de Bruce Dickinson sur le Live After Death d'Iron Maiden. Aucun rejet à faire des 16 titres d'Alive !, même les morceaux qui, en studio, ne me plaisent pas trop (Let Me Go, Rock'n'Roll, par exemple, ou C'Mon And Love Me) me plaisent ici, mais vraiment. 75 ou 76 minutes (un disque de 36 minutes et un de 42... en fait, plus 78 minutes que 76 ! Tout tiendrait sur un seul CD, malgré tout) de folie. Que dire d'autre ?

FACE A

Deuce

Strutter

Got To Choose

Hotter Than Hell

Firehouse

FACE B

Nothin' To Lose

C'Mon And Love Me

Parasite

She

FACE C

Watchin' You

100,000 Years

Black Diamond

FACE D

Rock Bottom

Cold Gin

Rock And Roll All Nite

Let Me Go, Rock'n'Roll