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Attention, grosse claque en perspective avec cet album. Pour fans de rock et de blues-rock (de folk-rock aussi), ce disque, sorti en 1968, est un miracle. Si vous ne le connaissez pas encore, qu'attendez-vous, au fait ? Super Session (titre ô combien convenable !) est un disque grandiose qui, en une cinquantaine de minutes (et, en CD, 77 minutes : on a quasiment une demi-heure de bonus-tracks loin d'être dégueulasses, même si deux sont des versions sensiblement similaires et de même durée de Season Of The Witch et Albert's Shuffle présents sur l'album initial, mais sans les cuivres, qui sont sur les morceaux de l'album initial), offre une réunion imparable de trois grands musiciens : Mike Bloomfield (guitare), Al Kooper (claviers, chant, un peu guitare) et Stephen Stills (guitare). Ils ne jouent pas tous ensemble : Kooper joue sur tout le disque, mais Bloomfield n'est que sur la face A, et Stills, que sur la B. Harvey Brooks (basse), Edie Hoh (batterie) et, pour les deux premiers titres, Barry Goldberg (piano électrique), accompagnent les trois titans. C'est Al Kooper qui, clairement, est derrière tout ça, c'est le seul à chanter, à jouer sur tout le disque, et, de plus, il est le producteur des 9 morceaux, bref, de tout l'album.

Bloomfield

A la base, Super Session devait être un album de Kooper et Bloomfield (alors totalement drug-addict et insomniaque, dépressif - il décèdera d'overdose en 1981, à 37 ans), mais Bloomfield, immense guitariste, abandonnera après avoir enregistré les cinq titres de la première face. Kooper engagera le jeune (23 ans, un an de moins que Kooper et Bloomfield) Stephen Stills, qui venait de quitter l'aventure Buffalo Springfield et ne tardera pas à fonder Crosby, Stills & Nash. C'est pour ça que la face B est signée Kooper et Stills (et est, autant le dire, aussi quintessentielle que la A). Mention spéciale à Albert's Shuffle (quasiment 7 minutes), et la reprise sensationnelle du Man's Temptation de Curtis Mayfield (3,25 minutes) pour la première face, et au long et démentiel Season Of The Witch (11 minutes, morceau le plus long, reprise de Donovan) et à It Takes A Lot To Laugh, It Takes A Train To Cry (reprise de Bob Dylan), longue de 3,30 minutes, sur la A.

Harvey Brooks, Al Kooper And Stephen Stills

Mais, en fait, tout est fantastique, fabuleux, sur ce Super Session radical, un immense album de blues blanc, de blues-rock, magistralement interprété par un trio de musiciens fabuleux. Difficile de dire quel morceau est meilleur que les autres (ma préférence, Season Of The Witch), et très facile, en revanche, de dire quel morceau est moins bon que le reste (aucun). En une gigantesque cinquantaine de minutes, cet album parfois instrumental (Albert's Shuffle) est tout simplement divin. Concernant Bloomfield et Kooper, c'est leur meilleure oeuvre 'solo' (ils en ont fait d'autres). Pour Stills, c'est un de ses albums essentiels avec Manassas, son premier album solo éponyme, le premier album éponyme de Crosby, Stills & Nash, et bien entendu Déjà-Vu de Crosby, Stills, Nash & Young. En fait, avec Déjà Vu et Manassas, Super Session est le troisième meilleur album avec Stills dessus !

FACE A (Bloomfield/Kooper)

Albert's Shuffle

Stop

Man's Temptation

His Holy Modal Majesty

Really

FACE B (Stills/Kooper)

It Takes A Lot To Laugh, It Takes A Train To Cry

Season Of The Witch

You Don't Love Me

Harvey's Tune