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300ème Track-by-track !!!!

Et pour, l'occasion, ce nouveau Track-by-track est sans aucun doute le plus gros, le plus immense, le plus long de la série (j'en ai mis du temps à le faire !), un disque immense et à part des autres : c'est un album de musique de film et une compilation en même temps : 41 Original Hits From The Soundtrack Of American Graffiti, musique du film American Graffiti de George Lucas (1973, l'album aussi). C'est un double album (toujours en CD) de 100 minutes (50 par disque), et 41 morceaux de divers artistes de rock'n'roll, doo-wop et pop américaine des année 50 et 60. 21 titres sur le premier disque, 20 sur le second. 40 chansons, et un instrumental. Des artistes ou groupes tels que Buddy Holly, les Platters, les Beach Boys, The Big Bopper, Fats Domino, Lee Dorsey, Bill Haley & The Comets ou bien encore Buddy Knox, Del Shannon, les Fleetwoods (rien à voir avec Fleetwood Mac) ou Chuck Berry... et bien d'autres, bien souvent des groupes connus pour une seule chanson. Ce disque les contient dans des version originales (à noter qu'elles apparaissent selon l'ordre de leur apparition dans le film), avec, de temps en temps (rarement, ceci dit), des interventions vocales de Wolfman Jack, fameux animateur radio des années 60/70, à la voix inimitable. Ce disque, le voici :

CD 1 :

Rock Around The Clock : 2,08 minutes pour cette première chanson, que tout le monde connaît, et qui est interprétée par Bill Haley & The Comets. Rock Around The Clock est une des chansons les plus connues de l'histoire du rock, et son absence dans la bande-son du film (autrement dit, dans le film) aurait été une totale injustice (déjà qu'il manque des chansons telles que Summertime Blues, Shakin' All Over ou Whole Lotta Shakin' Goin' On dans le film). La chanson date de 1952 à l'écriture, mais a été enregistrée par Haley en 1955, et sera la première chanson de rock'n'roll à se classer N°1 au Billboard Hot 100. La chanson se trouve dans la bande-son, en 1955, du film Graine De Violence (un des innombrables films de l'époque sur la vague rock'n'roll/mauvais garçons, suite au succès de L'Equipée Sauvage en 1953). Pour en revenir à la chanson (One two three o'clock, four o'clock rock/Five six seven o'clock, eight o'clock rock/Nine ten eleven o'clock, twelve o'clock rock, we're gonna rock around the clock tonight), elle est mythique. Le genre de chanson que tout le monde connaît.

Sixteen Candles : Pour cette chanson, place à un groupe relativement peu connu, les Crests, qui livrent ici les 2,50 minutes de Sixteen Candles. Datant de 1958, cette chanson, du pur doo-wop, est leur plus connue, chanson qui sera reprise par les Jackson Five ou les Stray Cats. Une chanson assez mémorable, bien que le doo-wop soit aussi éloigné du rock'n'roll que l'odeur de l'huile de friture est éloignée de celle du N°5 de Chanel. Dans le genre, cette chanson suave et douce, typique du doo-wop (genre musical essentiellement vocal et langoureux), unique tube des Crests (groupe afro-américain avec cependant un latino-américain et un italo-américain dans le lot) est un pur petit classique. Dès le départ, à écouter le chanteur dire Happy birthday, happy birthday, sur fond de musique légèrement morriconienne, c'est sublime.

Runaway : Vous connaissez cette chanson. Si. Ah, ne me dites pas le contraire, hein ! Sortie en 1961, Runaway est une chanson de Del Shannon, et elle a été reprise, en français, dans les années 70, par Dave, sous le titre de Vanina. Hé oui, c'est elle, c'est cette chanson ! On notera que le fameux passage du refrain (dans la version Dave) est, ici, instrumental, avec un solo de Musitron (un clavier). Runaway, qui s'appelait Little Runaway à la base, est une chanson courte (2,20 minutes) et franchement réjouissante. La voix de Del Shannon, de son vrai nom Charles Weedon Westover, est excellente, et la chanson, on le sait, est immortelle. Enfin, dans cette version, je veux dire !!

Why Do Fools Fall In Love : Cette chanson elle aussi très courte (2,15 minutes), datant de 1955 (sortie en 1956), est signée de Frankie Lymon & The Teenagers. L'ancêtre de Michael Jackson. Frankie Lymon est né en 1942, il n'avait donc que 13/14 ans quand Why Do Fools Fall In Love fut enregistrée et publiée. Certes, Michael Jackson, par la suite, sera plus jeune quand, avec ses frangins, il commencera sa carrière, mais Lymon est un des plus jeunes chanteurs (afro-américain, par ailleurs) qui soit, et cette chanson est vraiment immense. Ecoutez la voix, on dirait vraiment Bambi adolescent ! Une pure petite merveille de doo-wop énergique, une vraie chanson pop. Lymo est mort en 1968, il avait 25 ou 26 ans, overdose.

That'll Be The Day : Outrancièrement masquée par une intervention rigolote mais impromptue du DJ Wolfman Jack (qui couvre les 20 premières secondes de la chanson, qui est courte par ailleurs : 2,15 minutes), That'll Be The Day est une chanson de 1957. C'est un vrai hymne du rock'n'roll, et elle est signée d'un de ses plus illustres ambassadeurs, mort en 1959 à l'âge de 22 ans seulement dans un crash aérien ayant également tué le Big Bopper et Ritchie Valens (le 3 février, le jour où est mort la musique selon Don McLean dans sa chanson American Pie, 1971) : j'ai nommé Charles Hardin Holley, alias Buddy Holly, dont le look de binoclard propre sur lui sera repris par Elvis Costello par la suite. Une voix inoubliable, un look rigolo, un talent fou. That'll Be The Day, c'est une pure chanson de pop et de rock'n'roll, un hymne absolu et indescriptible. A écouter d'urgence. That'll be the day, baby, when I die...

Fanny Mae : Chanson signée Buster Brown, datant de 1959 ; une des plus longues de l'album avec...2,50 minutes ! Fanny Mae est une petite réussite de rhythm'n'blues, par un artiste de blues, et fut reprise par la suite par les Rolling Stones, Gary U.S. Bonds, The Steve Miller Band, The Righteous Brothers ou bien encore Booker T. & The M.G.'s. Fanny Mae n'est pas la meilleure ni ma préférée de 41 Original Hits From The Soundtrack Of American Graffiti, mais sincèrement, c'est franchement très bon.

At The Hop : Flash Cadillac & The Continental Kids est un groupe fondé en 1969. Soit bien après la génération de chansons présente ici ! Dans le film, le groupe apparaît, physiquement, sous le nom de Herbie & The Heartbeats, et jouent trois chansons, dont deux reprises : Louie Louie (absente ici, dommage, mais sans doute pas de place pour la mettre) et At The Hop. La dernière chanson (voir juste après) est conçue par le groupe. At The Hop est une chanson énergique et fantastique de 2,25 minutes, datant de 1957 à la base, et originellement chantée par un groupe du nom de Danny & The Juniors. Une très bonne chanson, bien dans l'esprit rock'n'roll ! 

She's So Fine : Chose unique sur l'album : deux chansons du même groupe, à la suite l'une après l'autre ! En effet, She's So Fine est signée, tout comme At The Hop, Flash Cadillac & The Continental Kids. Ce groupe très peu connu n'est pas le seul avec deux chansons sur l'album : Buddy Holly, les Platters, les Beach Boys, The Diamonds et Chuck Berry aussi ont droit à deux chansons (trois pour les Platters, même) ici, mais à chaque fois, séparées, dispatchées. She's So Fine, 2,20 minutes et datant...du film ! Une composition originale, très douce, aussi calme que At The Hop était mouvementée. En un mot, dégoulinant de sucre, certes, mais : excellent. Et c'est la plus récente de l'album, avec la précédente.

The Stroll : Chanson datant de 1957, et dont le titre est aussi bien celui de la chanson (qui est du groupe The Diamonds, et dure 2,25 minutes) que de la danse qui va avec. C'est l'époque où une nouvelle danse faisait son apparition toutes les semaines, généralement popularisées par une ou deux chansons, et avec une notice de comment qu'on danse ça dis-donc dis-donc dis-donc en verso de pochette (quand il y avait une pochette, car, des fois, les 45-tours sortaient dans des pochettes papier trouées au centre, et, sinon, vierges). The Stroll est une chanson rétro assez sympa mais franchement pas extraordinaire ; disons que ce n'est pas mauvais du tout, mais ça ne fait pas non plus partie des sommets de la bande-son et de l'époque ! Une chanson qui passe tranquillement, mais généralement, on l'a oubliée quelques minutes après écoute...

See You In September : Chanson des Tempos, datant de 1959, et qui sera reprise en 1966 par The Happenings, où ce sera un succès encore plus fort que la version des Tempos. See You In September achevait la première face de l'album, et est une chanson très courte (2,05 minutes) et, ma foi, franchement excellente. Une bonne chanson de pop à l'ancienne, vaguement rétro, très agréable, qui achève super bien la première face et donne clairement envie, quand on possède le vinyle (ce qui n'est pas mon cas, mais j'espère que ça le sera un jour), de retourner illico le disque. Franchement excellentissime !

Surfin' Safari : La face B s'ouvrait sur Surfin' Safari, chanson datant de 1962, issue du premier album des Beach Boys, portant le même nom. C'est la première chanson de leur premier album, les gens ont donc quasiment découvert les Beach Boys (chanson écrite par Brian Wilson et Mike Love, chantée par Love) avec Surfin' Safari. Une chanson assez mythique, sans pour autant être un des sommets du groupe. De la pure pop/surf music, avec tout de que ça implique. Les Beach Boys n'ont fait, entre 1962 et 1966 (année de sortie de Pet Sounds, album qui a tout changé), que ce style de chanson, ce qui peut sembler lassant à la longue (d'autant que tout n'est pas bon chez eux, loin de là, même s'il y à pas mal de classiques). Une chanson très très agréable, courte (2,05 minutes), sympathique comme tout, mais ils ont fait mieux !

He's The Great Imposter : Chanson la plus courte des 41 de l'album, He's The Great Imposter ne dure en effet que 1,30 minute ! C'est une chanson de doo-wop/pop des Fleetwoods (rien à voir avec Fleetwood Mac, ce groupe de blues-rock, puis de pop/rock anglo-américain), qui fait partie de mes préférées de l'album, allez savoir pourquoi. Pourtant, c'est du même acabit que les Platters ou Everly Brothers, autrement dit, c'est du doo-wop, c'est assez mièvre, ça ne balance pas du tout. Mais cette chanson est quand même très très belle (et date de 1961). He's The Great Imposter est à écouter, donc, d'autant plus que c'est court !

Almost Grown : Arrivée de Chuck Berry dans l'album avec ce Almost Grown fantastique, court (2,10 minutes) et datant de 1959 (sortie en single avec Little Queenie, dans un single possédant deux faces A, aucune des deux chansons ne méritant la position de face B). On notera que dans les choeurs de la chanson, un certain Marvin Gaye est de la partie (un groupe vocal du nom de Harvey & The New Moonglows) ! Almost Grown est une chanson typique de Chuck Berry, lequel est toujours là, bien vivant, et faisant encore, de temps en temps, des concerts, chapeau le mec. Immense chanson.

Smoke Gets In Your Eyes : Sortie en 1958, cette chanson, une reprise (l'originale, datant de 1933, est de Jerome Kern, un compositeur d'opéra, cette chanson fait d'ailleurs partie, à la base, d'un opéra moderne du nom de Roberta), est une chanson signée des Platters, groupe de doo-wop vocal ultra connu ayant à son actif des tubes tels que Only You (And You Alone) ou bien encore Twilight Time. Ce Smoke Gets In Your Eyes est probablement leur meilleure chanson (bien qu'elle ne soit pas d'eux), une chanson mythique qui sera reprise notamment par Serge Gainsbourg (sur Rock Around The Bunker), Bryan Ferry, Cher, Louis Armstrong, Edith Piaf ou Barbra Streisand, est un mythe à elle toute seule. Un slow qui tue, certes, dégoulinant, mais on ne s'en lasse pas, 2,40 minutes de bonheur rétro.

Little Darlin' : Retour des Diamonds, après The Stroll : voici Little Darlin', chanson courte (2,05 minutes) datant de 1957, une reprise d'une chanson originellement chantée par The Gladiolas mais qui sera un plus gros hit interprétée par les Diamonds. Une chanson assez correcte, sans être extraordinaire. Comme The Stroll, d'ailleurs. C'est, avec la suivante, une chanson dont on a toujours un petit peu de mal à se souvenir de la mélodie quand on l'a écoutée, elle ne reste pas vraiment en mémoire. Mais ce n'est pas non plus une nullité.

Peppermint Twist : Chanson de 1961, interprétée par Joey Dee & The Starlighters. Peppermint Twist (2 minutes) est une chanson très sympathique, mais que j'ai toujours beaucoup de mal à resituer, musicalement parlant. Je ne me souviens quasiment jamais de sa mélodie ! Il faut dire que se souvenir de toutes les 41 chansons (enfin, 40 chansons et un instrumental) de l'album est un exploit, mais il y en à peu pour lesquelles c'est, à chaque fois, une sorte de redécouverte. Peppermint Twist n'est pas mauvaise du tout, mais pas ma préférée, loin de là, même. Comme son nom l'indique, c'est un twist, et, donc, ça remue !

Barbara Anne : Chanson interprétée par les Regents, d'une durée de 2,15 minutes, Barbara Anne est une chanson mythique de 1961, qui sera reprise par les Beach Boys, dans une version plus connue que l'originale (et meilleure). Néanmoins, cette version des Regents vaut quand même le coup d'oreille, et est sensiblement pareille que la reprise des Garçons de la Plage. Ca reste du bon boulot, une chanson culte, quelle que soit la version ! Pas grand chose à dire tant la chanson est mythique, les Martin Circus en feront une reprise en français (Marilène) par ailleurs...

Book Of Love : Le nom du groupe me fera toujours rire : The Monotones ! Pourtant, le nom du groupe n'est pas vraiment justifié, Book Of Love, chanson de 2,15 minutes comme la précédente, n'est pas monotone comme le nom du groupe. Datant de 1958, aussi connue sous le titre de (Who Wrote) The Book Of Love, elle est franchement réussie, une belle chanson de pop à tendance rhythm'n'blues et rock'n'roll. Refrain assez marquant pour cette chanson très très sympathique et réussie !

Maybe Baby : Deuxième et dernière (hélas) chanson de Buddy Holly sur la bande-son, ce Maybe Baby franchement grandiose, cultissime et parfait, datant de 1957. Chanson qui fut reprise par la suite par Paul McCartney, Jackie DeShannon, Phil Ochs et même Brian May de Queen (en solo), c'est un classique absolu du binoclard parti trop tôt (dans le film, une réplique cinglante d'Harrison Ford, coupant la radio au moment de la diffusion de That'll Be The Day, est mythique : Le rock est mort avec Buddy Holly, un peu comme la chanson de Don McLean American Pie de 1971). Chanson encore une fois courte (2 minutes tout rond) et franchement réjouissante. Paroles stupides, mais on s'en cogne.

Ya Ya : Chanson datant de 1961, Ya Ya est un tube signé Lee Dorsey. Une chanson pour le moins mythique qui fut inspirée par une comptine pour enfants et qui sera reprise par la suite par divers artistes, tels que Petula Clark, Dalida, John Lennon, Goran Bregovic, Tony Sheridan ou Steve Miller. Ya Ya est une chanson assez basique mais franchement bonne, ce n'est pas un joyau absolu en fait (juste une très bonne chanson de l'époque), mais elle est très agréable, et pas trop longue (2,20 minutes). En un mot, elle ne fait pas tâche sur l'album, sans en être une des plus grandes réussites.

The Great Pretender : Les Platters, deuxième. Datant de 1955, The Great Pretender, longue de 2,35 minutes, est une des plus fameuses chansons de ce groupe de doo-wop vocal. La chanson, qui fut reprise (dans une version très connue) par Freddie Mercury, mais aussi par The Band, Roy Orbison ou Dolly Parton (notamment), est une réussite destinée à faire anser les couples sur les pistes de danse, et rien d'autre. Musicalement comme au niveau des paroles, c'est dégoulinant, mièvre, mais, en même temps, de même que pour les Everly Brothers (qui manquent sur cet album), c'est agréable, ça passe très bien. Le premier des deux disques se finit donc sur ce tube immense des années 50.

CD 2 :

Ain't That A Shame : Le deuxième disque s'ouvre sur Fats Domino : Ain't That A Shame, une de ses meilleures chansons, datant de 1955. A noter que cette version ici présente, 2,30 minutes, n'est pas la version originale, mais une version réenregistrée ultérieurement (pas pour le film : la version réenregistrée date aussi des années 50, je crois, ou au pire du début des années 60). Une chanson mémorable qui est célèbre entre autres pour être la première chanson que John Lennon a appris à jouer (il l'a reprise sur son album Rock'n'Roll de 1975). Immense chanson de rock'n'roll mâtinée de jazz et de blues.

Johnny B. Goode : Retour de Chuck Berry (et la dernière chanson de lui sur le disque, hélas) avec cette chanson tellement mythique qu'il est inutile d'en parler davantage, Johnny B. Goode. Juste pour dire que la chanson, 2,40 minutes en tout, date de 1958 et que son riff d'intro est un des plus mythiques et réussis de l'histoire du rock. Une chanson mémorable et cultissime, son absence ici aurait été étrange et même scandaleuse. Paragraphe plus court ici, donc, mais en même temps, que dire ?

I Only Have Eyes For You : Chanson datant de 1934 à la base, conçue pour un film, et qui sera utilisée aussi dans des cartoons de Tex Avery (de la série "Merrie Melodies") ! I Only Have Eyes For You est ici interprétée par un groupe de doo-wop, les Flamingos, et date de 1959. Cette version Flamingos est très connue et assez réussie (les harmonies vocales, où on entend quelque chose comme doo-wop doo-wop, sont sublimes), et dure 3,10 minutes, c'est une des chansons les plus longues de l'album (en fait, c'est la plus longue devant Crying In The Chapel de Sonny Till & The Orioles qui dure 5 secondes de moins), une très belle chanson à la Platters ; autrement dit, ce n'est pas du tout rock, pas du tout énergique, mais c'est agréable et pour faire danser, du moins à l'époque, c'était bonnard. Mythique.

Get A Job : Un groupe de doo-wop, The Silhouettes, interprète cette chanson de 2,35 minutes, datant de 1958, Get A Job. Une chanson assez sympathique mais clairement pas du niveau de la précédente, Get A Job est quand même, ma foi, plus qu'écoutable. La chanson sera un immense succès aux USA, et reste une des chansons les plus emblématiques du doo-wop, chanson qui fut inspirée par ce que la mère d'un des membres du groupe lui dira, une fois son service militaire effectué : maintenant, trouve un boulot. Chanson plutôt pas mal dans son genre.

To The Aisle : Sortie en 1957, To The Aisle est une chanson des Five Satins, un groupe de pop/doo-wop. En 2,45 minutes, To The Aisle est une incontestable réussite majeure du genre (un genre qui, je le rappelle, ne me branche pas plus que ça, mais à petites doses, comme sur cet album, c'est très agréable), une chanson remarquablement bien interprétée, et qui marchera très fort à sa sortie aux USA. Franchement excellent !

Do You Wanna Dance ? : Là, on touche au classique, indéniablement. Do You Wanna Dance ? est une chanson légendaire, 2,35 minutes de bonheur, interprétée par Bobby Freeman et sortie en 1958. Chanson qui fut reprise notamment par...les Ramones, mais aussi et surtout les Beach Boys et Bette Midler, Do You Wanna Dance ? est un classique absolu de la pop un peu soul (Bobby Freeman était un chanteur de soul music, je dis 'était', mais il n'est pas mort), une des meilleures chansons dans son genre. Formidable !

Party Doll : Chanson de Buddy Knox, datant de 1957, Party Doll est une chanson de rockabilly assez courte (1,55 minute), qui sera un hit à sa sortie, le genre de chanson qui cartonne pendant quelques semaines avant qu'un autre chanson du même acabit ne vienne la remplacer dans les charts. Typique de l'époque. Deux des groupes présents sur cette compilation, les Fleetwoods et les Crests, reprendront cette chanson, pour l'anecdote ! Party Doll n'est pas une réussite majeure, mais c'est franchement pas mal du tout.

Come Go With Me : Chanson des Del-Vikings, de 2,35 minutes, Come Go With Me date de 1956. C'est une chanson emblématique de la pop et surtout du doo-wop, une chanson ma foi très belle, qui sera reprise par Dion (pas Céline, mais Dion DiMucci, un chanteur des années 60), ainsi que par les Beach Boys. On entend aussi cette chanson dans les films Stand By Me et Joe Contre Le Volcan. Pas mal du tout.

You're Sixteen, You're Beautiful (And You're Mine) : Connaissez-vous Johnny Burnette ? Un musicien de rockabilly qui, avec ses frangins, fondera un groupe de rock'n'roll assez mythique, dont un des succès est une reprise du fameux Train Kept A-Rollin', chanson qui sera par la suite reprise par les Yardbirds, Aerosmith, etc... Mais Burnette a aussi, et en 1960, signé ce You're Sixteen, You're Beautiful (And You're Mine), chanson également connue sous le simple titre You're Sixteen. C'est une chanson très belle, courte (1,55 minute), de la pop mâtinée de rockabilly, une sorte de ballade rockabilly qui sera reprise par Ringo Starr en 1974. Excellente chanson.

Love Potion N°9 : Immense chanson pop signée Jerry Leiber et Mike Stoller (auteurs, notamment, pour Elvis Presley), datant de 1959. Une chans0n assez courte (1,55 minute), interprétée par les Clovers, et qui, ici, achève la face C de l'album. Love Potion N°9 est un classique de la pop 50's, qui parle d'un homme qui, à la recherche de l'amour, va voir une gitane qui lui dit qu'il a besoin de la potion d'amour N°9, qui lui fera tomber amoureux de quiconque il regardera. Le mec l'achète, et embrasse la première personne qu'il rencontre et regarde et qui s'avèrera être...un flic, qui lui brisera la bouteille sur la tête ! Chanson qui fut bannie de certaines radios à cause du passage du flic embrassé, Love Potion N°9 est une réussite de pop/rhythm'n'blues.

Since I Don't Have You : Sortie en 1958, Since I Don't Have You, qui ouvrait la dernière face de l'album, est une chanson des Skyliners, et dure 2,35 minutes. Les Skyliners était un groupe de doo-wop, comme les Cleftones, les Flamingos, les Platters, etc, et cette chanson, assez réussie (la placer en ouverture de face est éloquent : elle est en effet plus réussie que, par exemple, Heart And Soul des Cleftones qui se trouve plus loin sur cette même face), se laisse écouter sans problème. Ce sera un gros succès aux USA à l'époque (le single se classera 12ème du Billboard 100), et c'est une chanson assez emblématique de son époque et du doo-wop.

Chantilly Lace : Attention, voilà qu'arrive un vrai cintré : Jiles Perry Richardson Jr, alias JP Richardson, alias The Big Bopper, un D.J. qui, en 1958, a sorti cette chanson, Chantilly Lace, un vrai hymne du rock'n'roll. Hello, this is the Big Bopper speaking... La chanson parle du Big Bopper qui téléphone à une jeune femme qu'il drague, vraisemblablement sa petite amie en fait, et certaines paroles (You know what I like !) sont vachement osées pour l'époque. Mort dans le même crash aérien que Ritchie Valens et Buddy Holly moins d'un an après Chantilly Lace, The Big Bopper est un précurseur d'artistes tels qu'Arthur Brown ou même Alice Cooper, ou G.G. Allin (et si vous ne savez pas qui est ce dernier, ne cherchez pas, c'était un punk-rocker violent, sans aucun talent, trash au possible, mort depuis, et il ne mérite pas qu'on s'y attarde davantage). Une chanson mythique, drôle et puissante, très pop, 2,20 minutes de bonheur. Un must.

Teen Angel : Chanson de Mark Dinning, Teen Angel dure 2,35 minutes. Sortie en 1959, c'est une chanson pop pour adolescent(e)s de l'époque, assez mièvre malgré des paroles plutôt tristes (la chanson est qualifiée, sur Wikipédia, de 'teenage tragedy song'), l'histoire d'une jeune femme et son petit ami, qui sont en voiture, à proximité d'une voie ferrée. La fille se fait heurter par un train et meurt. Ouh que c'est triste. Une assez bonne petite chanson, douce, calme, triste et emblématique des chansons pop lacrymales de l'époque.

Crying In The Chapel : Deuxième chanson la plus longue de la bande-son après I Only Have Eyes For You des Flamingos, Crying In The Chapel dure en effet 3,05 minutes, et est une chanson de Sonny Till & The Orioles. Elle date de 1953, et est une reprise d'une chanson de 1953 aussi (reprise assez rapide, donc). C'est encore une fois du doo-wop, et le fait que la chanson soit assez longue la rend assez moyenne, sans toutefois être mauvaise. Avec une minute de moins, Crying In The Chapel (qui sea un tube à sa sortie, aux USA, dans cette version) aurait été meilleure, plus intéressante. C'est quand même pas mal du tout.

A Thousand Miles Away : Chanson des Heartbeats, datant de 1957, A Thousand Miles Away est une chanson de doo-wop (il y à décidément beaucoup de doo-wop ici, n'est-ce pas ?), longue de 2,25 minutes. Les Heartbeats auront un certain succès en 1957 avec cette chanson ma foi assez sympathique, sans toutefois atteindre des sommets. De plus, ce genre musical essentiellement vocal et assez limité n'a jamais été ma tasse de thé... Mais je dois reconnaître que A Thousand Miles Away est très jolie et pas ennuyeuse pour un sou.

Heart And Soul : Chanson très courte (1,50 minute) des Cleftones, Heart And Soul date de 1961, même si la chanson est en fait une reprise, et a été composée en 1938 et chantée, à la base, par Larry Clinton & his Orchestra. Cette reprise doo-wop par un groupe originaire du Queens (New York) et constitué, comme les Heartbeats de la chanson précédente, de membres issus de la communauté jamaïcaine de New York est une assez bonne reprise, pas extraordinaire (pas une des meilleures chansons de l'album, clairement), mais ça se laisse écouter sans problème, en partie parce que c'est, justement, court, et que ça passe tout seul. Mais c'est pas du grand art non plus !

Green Onions : Unique instrumental de l'album, Green Onions date de 1962 et est un authentique tube. Signé Booker T. & The M.G.'s, c'est un morceau légendaire, imparable, groovy et culte, ue tout le monde connaît de part le monde, un des instrumentaux les plus connus et grandioses avec Apache des Shadows, Telstar des Tornados, Tequila des Champs, Rumble de Link Wray et Albatross (Fleetwood Mac), pour ne citer que ces titres. Le titre de ce morceau est une allusion au nom d'un chat, et non pas une allusion à la marijuana, ce qui a été cru pendant longtemps. Green Onions est un morceau de choix, qui a parfaitement sa place ici. Un chef d'oeuvre de soul/rhythm'n'blues, 2,25 minutes de bonheur !

Only You (And You Alone) : Revoilou les Platters, pour la troisième et dernière fois (ce sont eux les plus représentés sur la bande-son). Le fameux quintet de doo-wop nous offre ici leur plus gros tube (les deux autres chansons, toutes deux sur le disque 1, sont extrêmement connues aussi, cependant), ce Only You (And You Alone) datant de 1955, 2,35 minutes de slow. Un slow qui tue, probablement le plus dégoulinant des slows qui tuent, une chanson à faire mouiller les petites culottes et à créer des couples sur les pistes de danse, dans les boums des années 50/60 (je ne vous cache pas qu'à partir des années 70, tout le monde en avait apparemment marre, de cette chanson et des Platters). Musicalement, c'est du doo-wop, du vocal. Musique sirupeuse. Oui, c'est joli, mais c'est tarte, aussi, et aussi culte (le mot n'est pas faible) que limité. Faut aimer, ce n'est pas mon style du tout, mais je ne conteste cependant pas sa place ici ; au contraire, je pense que si cette chanson ne se trouverait pas ici, ça semblerait bizarre !

Goodnight, Well It's Time To Go : Avant-dernière chanson, datant de 1954, connue aussi sous le titre de Goodnite, Sweetheart, Goodnite, voici Goodnight, Well It's Time To Go, et elle est signée des Spaniels. Un groupe de doo-wop à l'ancienne, dont cette chanson de 2,45 minutes est l'unique tube (comme c'est le cas d'autres groupes présents sur cette compilation/musique de film tels les Crests). Une chanson, ma foi, correcte, bien que limitée, et je ne suis pas sûr qu'elle ait bien vieilli (les harmonies vocales et la basse font franchement kitsch maintenant). Mais c'est, dans l'ensemble, une chanson assez bonne, et idéale en tant que (quasi-) final de la bande-son. Quasi-final, car il y à encore un titre après ! Bref, une chanson pas mal, à écouter, mais pas révolutionnaire du tout non plus.

All Summer Long : Et les Beach Boys pour achever l'album, avec All Summer Long, chanson encore une fois courte (2,05 minutes) mais franchement excellente. Issue de l'album du même nom, elle date de 1964, ce qui en fait, si je ne m'abuse, une des chansons les plus récentes de la compilation ! All Summer Long achève à la perfection la bande-son d'American Graffiti, c'est une chanson nettement meilleure que Surfin' Safari par ailleurs. Elle est interprétée par Mike Love, a été écrite par Love et Brian Wilson. Elle laisse un sentiment de douce nostalgie à l'auditeur, qui se dit ça y est, c'est fini, et qu'est-ce que c'était bien ! Un goût de revenez-y plane alors, l'envie de remettre ça, illico. En résumé, une excellentissime chanson !

 Alors ? Un disque imparable, 100 minutes (en fait, un chouia moins, aucun des deux disques n'atteint 50 minutes, mais ils font quelque chose comme 48 et 49 minutes, on ne va pas chipoter pour trois minutes !) de pur bonheur. 41 Hits From The Original Soundtrack Of American Graffiti, c'est un pur régal pour quiconque ayant vu et aimé le film (qui est fantastique) de George Lucas, et aussi pour quiconque appréciant la musique américaine des années 50 et 60. Personnellement, quand j'ai envie de me faire une petite séance de musique de cette époque, j'ai le choix entre deux options : la version hard, avec le coffret Loud, Fast & Out Of Control : The Wild Sound Of 50's Rock, 4 CDs remplis de chansons des années 50 (et seulement 3 chansons de l'album de la bande-son d'American Graffiti, Johnny B. Goode, Chantilly Lace et Rock Around The Clock, s'y trouvent, autrement dit, pratiquement aucun doublon, et le coffret contient 104 titres) ; ou bien la version soft, qui consiste en ces 41 morceaux imparables, pas tous des années 50, pas tous de rock'n'roll, mais tous immenses. Un disque essentiel pour amateurs de rock'n'roll, de pop, de musiques de film, et une des meilleures compilations (car ç'en est une aussi) au monde. On notera, pour finir, aucun titre d'Elvis Presley, mais croyez-moi, le King, bien qu'absent, ne manque pas trop (dans le coffret cité plus haut, il y à deux de ses chansons), car il n'a pas fait la musique des années 50/60 à lui tout seul, bien au contraire ! Un seul mot pour finir : IMMENSE !