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Pour ce 298ème Track-by-track, place à un grand classique du hard-rock, et même du thrash-metal, sorti en 1986 (une année importante pour le thrash-metal : Reign In Blood de Slayer et Peace Sells...But Who's Buying ? de Megadeth datent aussi de cette année) : Master Of Puppets, le troisième album studio de Metallica, et un de leurs sommets, 55 minutes (pour 8 titres !) de pur furie sonore qui sera aussi, hélas, le dernier album du groupe avec le bassiste Cliff Burton, mort dans un accident de la route durant la tournée de l'album, en 1986. Pochette glauque et étrangement prémonitoire... L'album, bourrin et mélodique en même temps, aligne les classiques comme des perles sur un collier, et est servi par une production brutale de Fleming Rasmussen et du groupe. Un gros classique que voici :

Battery : Comme pour Ride The Lightning, Master Of Puppets s'ouvre sur une chanson possédant une intro aussi calme et 'classique' que le reste est bourrin et violent. Battery commence doucement, mélodie sublime, avant de passer à un riff bien thrash et brutal. Le chant de Hetfield est cette fois-ci totalement maîtrisé (ce n'était pas encore le cas sur Ride The Lightning), et sa voix est ici monstrueuse, sur cette chanson qui parle d'un homme luttant contre des voix intérieures, une sorte de force en lui l'enjoignant de massacrer toute sa famille avant de se buter. Une chanson, donc, assez éloignée de la berceuse, une chanson brutale et violente, et avec 5,10 minutes, c'est la plus courte de l'album (Oui, je sais, vous qui avez le CD entre les mains, vous lisez que Damage, Inc. est crédité à 5,08 minutes...mais cette dernière chanson est en fait plus longue, c'est une erreur de pochette). Excellente chanson d'intro.

Master Of Puppets : 8,40 minutes (chanson la plus longue, même s'il y à deux autres morceaux atteignant 8 minutes sur l'album !) pour Master Of Puppets, une des plus grandes chansons de Metallica, et donc, de l'album (c'est même le sommet, en fait, mais de peu : Orion est derrière). Premier morceau de Metallica faisant explicitement référence à la drogue, Master Of Puppets est une chanson racontée par le 'maître des poupées', lequel n'est autre que la came (et les poupées sont les accros, évidemment). Obey your master, master. Le solo de James Hetfield est tout simplement grandiose, aussi mélodique et mélancolique que très rock en même temps. Un autre solo, de Kirk Hammett, est, lui, plus mouvementé et rapide, plus technique aussi (et moins fort, dans un sens). Malgré sa longueur, ce morceau est tout simplement grandiose, légendaire, immense.

The Thing That Should Not Be : Un des morceaux les plus lourds du groupe (et de l'album) avec Leper Messiah (aussi sur l'album) et Sad But True. Et avant Sad But True. The Thing That Should Not Be, 6,30 minutes, parle d'une créature innommable à la Lovecraft (Cliff Burton était un grand fan de cet auteur, et il a passé le virus aux autres membres du groupe : c'est Hetfield qui a écrit les paroles de cette chanson qui s'inspire de la nouvelle Dagon de Lovecraft, issue du recueil de nouvelles du même nom, et qui parle d'une virée en bateau, en Méditerranée, de quatre personnes, pris au piège par une tempête, et échouant sur une île sur laquelle vivent des êtres hybrides et immondes... Une chanson très bourrine, riff puissant et pesant, une des chansons préférées du groupe et la préférée d'Hetfield. Excellent.

Welcome Home (Sanitarium) : Aussi 6,30 minutes pour cette splendeur, Welcome Home (Sanitarium), qui parle d'un homme enfermé dans un asile psychiatrique. La chanson semble se baser sur le roman Vol Au-Dessus D'Un Nid De Coucou de Ken Kesey, et forcément, aussi, du film qui en a été tiré avec Nicholson. Le mec se demande pour quelle raison il est enfermé, et devient de plus en plus violent (la chanson aussi, qui démarre doucement, sublimement, avant de passer à un mode plus agressif). Il finit par tuer (à ce moment-là, ce n'est plus une adaptation du roman), se qui semble le calmer... Et si le mec se trouvait dans l'asile parce qu'il est fou, dites ? Welcome Home (Sanitarium) est une chanson immense, à la fois douce et bourrine, un peu comme Fade To Black de l'album précédent. Fantastique. Fin de la face A.

Disposable Heroes : 8,15 minutes pour cette chanson qui ouvrait la face B de Master Of Puppets avec force et rage. Disposable Heroes, en relation totale avec l'illustration de pochette (les innombrables tombes militaires), est une chanson d'une violence rare sur la guerre, les combats, les soldats que l'on envoie à l'abattoir, au feu, comme des moutons. Comme des pions, des gars dont on dispose, dont on fait des héros morts pour la patrie, mais qui auraient bien voulu continuer à vivre, mieux vaut être un type normal et vivant qu'un héros mort... Refrain agressif : Back to the front/You willdo what I say, when I say/Back to the front/You will die when I say, you must die/Back to the front/You coward, you servant, you blidman. Une chanson terrible, fantastique, longue certes, mais franchement excellentissime.

Leper Messiah : 5,40 minutes pour Leper Messiah, chanson faisant partie des plus lourdes de l'album. Le riff est teigneux, sanglant et vraiment lourd, pesant. Dave Mustaine, premier guitariste du groupe, viré en 1983 avant le premier album, pour des raisons d'alcoolisme, et ayant son crédit sur quelques anciennes chansons du groupe, affirmera, mais ça ne sera jamais officiellement reconnu, avoir crée le riff. Il n'est par ailleurs pas crédité (alors que sur les anciennes chansons comme The Four Horsemen ou Ride The Lightning, il l'est). Chanson agressive à l'encontre de la religion, des dérives sectaires. Hetfield semble particulièrement remonté, ici, il faut savoir qu'à 16 ans, il a perdu sa mère, atteinte d'un cancer, et qui refusait de se faire soigner : elle était membre de l'Eglise de Scientologie, et refusait les soins pour satisfaire ses croyances. Une telle chose a de quoi rendre n'importe qui assez amer et remonté. La chanson n'en parle pas, mais parle de bien d'autres choses, comme l'argent que l'on file aux sectes, les lavages de cerveaux... Une chanson lourde, violente, puissante.

Orion : 8,10 minutes quintessentielles, un instrumental immense composé par Hetfield, Ulrich et Burton. Orion (le morceau a été appelé ainsi par le groupe, qui estimait le morceau assez nébuleux !) est un des pluslongs morceaux de l'album, et un des meilleurs aussi. Une pure épopée sans paroles, un morceau limite progressif tant il alterne les ambiances, les rythmes, les idées. Ca fait aussi penser un peu à de la musique classique, ce que Burton écoutait beaucoup par ailleurs. Un morceau limite indescriptible, à propos duquel on peut aussi dire que les parties de guitare centrales étaient, à la base, censées se trouver en final de Welcome Home (Sanitarium) avant d'être utilisées pour compléter Orion. Immense, on ne s'en lasse pas. Le meilleur instrumental du groupe, devant The Call Of Ktulu du précédent album.

Damage, Inc. : Comme je l'ai dit bien plus haut, Damage, Inc., dernière chanson de l'album, dure plus longtemps que ce que son minutage (5,08 minutes) le dit : en fait, elle dure 5,30 minutes ! Une chanson assez bourrine, comme les autres, mais allez savoir pourquoi, elle m'a toujours un petit peu ennuyée, celle-là, c'est clairement celle que j'aime le moins ici. On trouve une ligne de texte très peu poétique (Fuck it all and fucking no regrets) que le groupe réutilisera dans la chanson St. Anger, issue de l'album du même nom (et si vous espérez que j'aborde un jour St. Anger en TBT, autant espérer que Noël tombe en mars en 2012 et en juillet en 2013, les mecs). Le chant est agressif, la chanson est violente, de toute façon, elle parle de violence, alors ça tombe bien... Sinon, une chanson assez correcte, mais simpliste, banale, quand même.

 Alors, que dire au sujet de cet album ? Une pure claque dans la gueule, clairement, pendant 54 minutes. Master Of Puppets est souvent considéré comme étant le meilleur album de Metallica, et je pense que c'est le cas (en tout cas, un des meilleurs, c'est clair). Je préfère Ride The Lightning, personnellement, mais c'est par goût personnel, et ce disque vient en deuxième position dans la discographie de Metallica, dans mes préférés de la bande à James et Kirk. 7 morceaux grandioses (comme je l'ai dit, pas trop fan du dernier), dont un instrumental remarquable, et la dernière participation de Cliff Burton (le meilleur bassiste du groupe) avant sa mort un peu plus tard dans la même année, écrasé par un camion. Un disque culte et puissant !