34

274ème Track-by-track, et pour ce faire, un classique du hard-rock, sorti en 1977, j'ai nommé Let There Be Rock. C'est un des meilleurs albums d'AC/DC, et par la même occasion, leur troisième international (et leur quatrième australien). Il existe en deux versions, toutes deux possédant 8 titres pour une quarantaine de minutes. La version CD (celle que j'aborde), américaine, offre Problem Child, qui se trouvait déjà sur Dirty Deeds Done Dirt Cheap, l'album précédent, lequel ne sortira, mondialement, qu'en 1981 (il n'était, jusque là, disponible qu'en Australie). Mais la version australienne de Let There Be Rock possède, à la place, Crabsody In Blue, un morceau bluesy franchement remarquable sur un sujet assez douteux, les morpions ! Je suis bien content de posséder cet album en vinyle, car c'est l'édition avec ce titre que je possède. L'album, le dernier avec le bassiste Mark Evans avant l'arrivée de Cliff Williams, est une bombe, et le voici :

Go Down : Riff puissant en intro, ambiance boogie, Go Down met la patate d'entrée de jeu ! C'est en écoutant une telle chanson qu'on comprend pourquoi certains fans d'AC/DC estiment que Let There Be Rock est le meilleur album du groupe (je pense plutôt que c'est Back In Black, suivi par Powerage, Let There Be Rock allant en troisième position). C'est une chanson remarquable, parfaite, bourrine et efficace, nerveuse, interprétée par un Bon Scott en grande forme (quand il glapit Ruby, Ruby, where have you been so long ? en intro, c'est fantastique, le panard direct), un peu plus de 5 minutes (5,30 minutes en fait) au Paradis des fans de hard-rock pur et dur !

Dog Eat Dog : Probablement la moins réussie des 8 chansons de l'album. Mais Dog Eat Dog, assez courte (dans les 3 minutes et des poussières) n'est pas une chanson mauvaise comme le seront, par la suite, Get It Hot, Playing With Girls ou Go Zone. Elle est un peu décevante, mais rien de grave, on passe quand même un bon moment à l'écouter. C'est vrai que comparée à Go Down ou surtout à Let There Be Rock, les deux chansons qui la sandwichent, c'est nettement moins glorieux. Il fallait bien une chanson moins marquante que les sept autres, et ça y est, la voici, le reste ne pourra être, forcément, que meilleur ; réjouissez-vous, donc !

Let There Be Rock : 6 minutes fantastiques qui, en live, atteindront parfois le double, voir sur le Live de 1992 (version double). Let There Be Rock, qui a offert son titre à l'album, est une des meilleures dudit album, et aussi du groupe. Que dire ? Permettez-moi, pour une fois sur cet article TBT, d'être très succint, au sujet de cette chanson : elle est si réussie, si puissante, aussi bien vocalement (Bon en forme) que musicalement, qu'elle se passe de commentaires superflus !

Bad Boy Boogie : Achevant la face A, Bad Boy Boogie est une chanson mémorable faisant partie des classiques d'AC/DC (si on prend la setlist du live de 1978, on se rend compte que 5 des 8 titres de cet album s'y trouvent). Si je ne m'abuse, c'est pendant ce morceau qu'en live, Angus Young faisait un strip-tease, un des moments mythiques, cultes, des concerts des Australiens. Une chanson possédant tout ce qui fait le charme des classiques d'AC/DC : interprétation bluffante, riff mortel, tempo effréné... Un classique, quoi !

Problem Child : Si on excepte le final, cette version de Problem Child, qui ouvrait la face B de l'édition américaine de l'album mais ne se trouvait pas sur l'édition initiale australienne, est identique à la version présente sur Dirty Deeds Done Dirt Cheap (1976 en Australie, 1981 dans le reste du monde). Mis à part le final, plus court ici (sur la version 1976, la chanson se finit par un court rappel instrumental de 20 secondes environ du riff introductif de la chanson, ce qui, sur cette version 1977, est coupé), c'est pareil. Et c'est une chanson vraiment excellente, grandiose. Après, c'est vrai que si vous possédez djà Dirty Deeds Done Dirt Cheap, ça fait doublon, ce qui est vraiment con, mais on n'y peut rien !

Overdose : 6,10 minutes, la plus longue devant la chanson-titre. Overdose, qui ouvrait la face B sur l'édition australienne (Crabsody In Blue suivait ensuite) et se retrouve donc en deuxième position sur la face B américaine, est un blues fantastique. Un peu comme Down Payment Blues sur l'album suivant (Powerage), en moins teigneux, cette chanson parle d'amour (I overdosed on you), et est interprétée par un Bon Scott plus sobre et calme que de coutume. C'est un eu comme sur Ride On, cette magnifique chanson de 1976 qui reste probablement sa meilleure prestation vocale. Overdose, avec son intro magnifique, son ambiance bluesy, est une chanson moins bourrine que les autres, et aussi une des toutes meilleures. Sublimissime. Quand même assez énergique dans sa deuxième partie, ça reste AC/DC !

Hell Ain't A Bad Place To Be : Intro quintessentielle pour ce Hell Ain't A Bad Place To Be ('L'Enfer n'est pas un mauvais endroit pour vivre') comptant parmi mes chansons préférées d'AC/DC. Même si je préfère la version live présente sur If You Want Blood...You've Got It de 1978 que cette version studio très efficace, mais interprétée plus 'calmement', si je puis dire, par le grand Bon. Il faut dire que la version live est tellement surpuissante qu'elle explose tout et rend vraiment la version studio initiale un peu plate. Mais, entre l'intro légendaire et le chant franchement réjouissant, cette chanson bourrine et efficace est une des meilleures de l'album.

Whole Lotta Rosie : Une des chansons les plus mythiques des Australiens, une des plus rigolotes aussi/ Si, dans The Jack, Bon Scott faisait, et surtout en live, l'étalage des maladies vénériennes qu'il s'était chopées en une vie de queutard, dans Whole Lotta Rosie, il parle d'une femme tellement grosse que le terme 'obèse' serait probablement trop gentil pas assez fort (c'est le mot !), pour la décrire. Mais cette hippopodame (pour faire une allusion à Gainsbourg) est aussi, apparemment, un super coup, pour Bon Scott. Le titre est une allusion plus qu'évidente à une fameuse chanson de Led Zeppelin que je ne citerai pas, tant ça me paraît évident que vous pensez à la même chanson que moi. Mythique, avec ce riff sensationnel, Whole Lotta Rosie (sur scène, une gigantesque femme gonflable, proportions pachydermiques, est montrée pendant la chanson) achève à la perfection ce Let There Be Rock vraiment excellent Une des meilleures du groupe.

 Alors, que dire ? Que ce soit dans sa version australienne avec Crabsody In Blue en deuxième position de face B (et Overdose en première, et sans Problem Child, donc) ou dans sa version américaine qui est, désormais, la version universelle en CD, Let There Be Rock est ce qu'il est, un classique, un chef d'oeuvre de hard-rock, un des meilleurs albums d'AC/DC, même si je lui préfère Powerage (le suivant) et Back In Black. Un disque puissant, sans répit, tout va vite, très vite, durant 40 minutes et 8 chansons dont la moitié sont, depuis, des classiques (Hell Ain't A Bad Place To Be, Bad Boy Boogie, Whole Lotta Rosie, Let There Be Rock). Un sommet pour les Australiens, qui sont ici en grande forme !