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Pour ce 268ème Track-by-track, un disque fantastique sorti en 1975, The Hissing Of Summer Lawns. C'est le 8ème album de Joni Mitchell, chanteuse folk canadienne, et il est sorti sous une pochette assez moche (mais que j'aime bien quand même malgré tout, et qui symbolise assez bien l'album). Moins commercial que de coutume, avec son mélange de folk, de rock et de jazz, The Hissing Of Summer Lawns est cependant le meilleur album de la chanteuse, et il marchera quand même assez bien puisqu'il se classera 4ème au Billboard à sa sortie. L'album a été enregistré avec la participation vocale de David Crosby, Graham Nash et James Taylor (qui joue aussi de la guitare) sur un titre, avec aussi Wilton Felder, Larry Carlton, Jeff 'Skunk' Baxter, Victor Feldman, Joe Sample, Max Bennett, John Guerin, Chuck Findley, Robben Ford, autrement dit, des musiciens habitués aux sonorités jazzy (certains ont joué avec Steely Dan ou Zappa) ou rock. Cet album, le voici :

In France They Kiss On Main Street : Magnifique chanson, hélas trop courte (avec 3,20 minutes, ce n'est pas la plus courte, qui dure 3 minutes, mais c'est une des plus courtes), interprétée avec passion par Joni Mitchell. Au choeurs, James Taylor, Graham Nash et David Crosby, Joni à la guitare sèche, Robben Ford et Jeff 'Skunk' Baxters aux électriques, Max Bennet à la basse, John Guerin à la batterie, Victor Feldman au piano électrique... In France They Kiss On Main Street, avec son ambiance jazzy/pop à la Steely Dan (Baxter et Feldman ont joué sur les disques du Dan), est une des chansons les plus belles, réjouissantes, sensationnelles, de The Hissing Of Summer Lawns. En fait, c'est même une des plus belles de Joni tout court ! And we were rolling, rolling, rock'n'rolling... Magnifique ! Quelle ambiance cette chanson distille !

The Jungle Line : C'est ce morceau qui me fait dire que la pochette de l'album (on y distingue des bonhommes noirs tenant, à plusieurs, un gros serpent) est en lien avec la musique de l'album. The Jungle Line, sur lequel on n'entend que le chant de Joni, une guitare acoustique et un Moog (qu'elle joue tous deux), accompagnés de tambours tribaux issus du Burundi, est une chanson tribale et remarquable, au climat intensément africain. Paroles sensationnelles, ambiance trippante tout du long des 4,25 minutesdu morceau, The Jungle Line vous transporte en Afrique. En fait, le mélange entre ces tambours africains et le Moog vaporeux de Joni crée une ambiance vraiment inclassable et magnifique. Assurément un des meilleurs (et des plus particuliers) morceaux de l'album.

Edith And The Kingpin : Une très bonne chanson, avec des paroles assez réussies mais qui ne figurent cependant pas parmi les plus belles de l'album. Edith And The Kingpin est une bonne chanson, pas aussi grandiose que les deux précédentes et que la quasi-totalité des suivantes, mais c'est franchement joli comme tout. Oui, dans un sens, c'est la chanson la moins phénoménale de l'album, elle n'est pas longue de plus (3,35 minutes), mais n'allez pas croire que c'est mauvais ou même moyen, non ! Une très bonne chanson dans l'ensemble, je n'ai juste pas grand chose à dire à son sujet, c'est tout.

Don't Interrupt The Sorrow : Là, en revanche, c'est sublime. Une des plus belles chansons de Joni Mitchell, ce Don't Interrupt The Sorrow sensationnel, 4 minutes au Paradis folk. Une des meilleures de l'album par la même occasion, mais on s'en serait douté, vu que je viens de dire que c'est un des sommets de la chanteuse en général, ah ah. Paroles immenses, interprétation de très haute classe, musiciens (Guerin, Bennett...) en grande forme, superbe production, Don't Interrupt The Sorrow, encore une fois, assure totalement ! Attention, c'est pas du joyeux-joyeux !

Shades Of Scarlett Conquering : 5 minutes grandioses pour achever la face A. Shades Of Scarlett Conquering est une merveille absolue. Piano joué par Joni, arrangements de cordes signés Dale Oehler, et Guerin, Bennet, Carlton et Feldman aux instruments. Comme toujours, des paroles inoubliables, interprétées à la perfection, font de cette chanson, la deuxième plus longue de l'album, une des meilleures non seulement de The Hissing Of Summer Lawns, mais de Joni Mitchell tout court. Que dire face à telle merveille ? Il faut écouter, tout simplement !

The Hissing Of Summer Lawns : La chanson-titre, co-écrite par Joni Mitchell et John Guerin, est aussi la plus courte de l'album, avec seulement 3 petites minutes. The Hissing Of Summer Lawns est une pure merveille qui ouvrait avec délicatesse la deuxième face de l'album. A noter, James Taylor à la guitare, Chuck Findley à la trompette, et de sublimes arrangements signés John Guerin, qui s'occupe aussi, en plus de ça et de la batterie, du Moog. Une chanson mémorable dotée de paroles sublimes (He gave her his dakness to regret and good reason to quit him/He gave her a room full of Chippendale that nobody sits in/Still she stays with a love of some kind, it's the lady's choice/The hissing of summer lawns). Un must !

The Boho Dance : Une chanson magnifique qui, en presque 4 minutes, nous régale d'une ambiance touchante et jazzy (Joni aux claviers). The Boho Dance, enregistrée avec Max Bennett, Bud Shank, Chuck Findley et John Guerin, est une des meilleures chansons de l'album, tout simplement. 3,50 minutes de pure beauté, une chanson folk/jazz, je sais, ça fait bizarre comme style musical, mais croyez-moi, c'est totalement convaincant et enivrant ! Une chanson dotée, de plus, de paroles encore une fois superbement bien écrites, et, niveau vocal, quelle merveille que la voix de Joni ! Bref, sublime.

Harry's House/Centerpiece : Avec 6,50 minutes, Harry's House/Centerpiece est le morceau le plus long de l'album. Comme son nom l'indique, il est en fait constitué de deux morceaux en un : Harry's House a été composé et écrit par Joni, mais Centerpiece, lui, est un morceau de Johnny Mandel et Jon Hendricks datant de 1958, une reprise donc. Centerpiece n'occupe qu'un petit bout de la chanson, constituée essentiellement, donc, de Harry's House. Pour tout dire, c'est excellent, bien qu'un peu long, mais rien qui n'empêche ce morceau d'être, au final, un des sommets de l'album. Joe Sample, John Guerin, Chuck Findley, Robben Ford et Max Bennet jouent sur ce morceau, sur lequel Joni se contente de seulement chanter.

Sweet Bird : Très belle chanson de 4 minutes, interprétée avec Larry Carlton (guitares électriques), tandis que Joni, en plus du chant, s'occupe de la guitare sèche et du piano. Sans être le sommet de l'album (difficile, en plus, de passer après Harry's House/Centerpiece), Sweet Bird est une magnifique chanson, dotée de paroles tout simplement sublimissimes (Sweet bird you are, briefer than a falling star), remarquablement bien interprétée... De la pure magnificence pop/folk, en somme, que cette chanson très attachante !

Shadows And Light : Joni au chant et au Farfisa (une variété de claviers) pour ce Shadows And Light de 4,20 minutes, morceau le plus à part de l'album. Une vraie réussite sur laquelle Joni s'est enregistrée plusieurs fois, créant ainsi des harmonies vocales magnifiques. Mis à part le Farfisa, aucun autre instrument, le morceau est une déclamation a capella ou presque, magnifique, poétique, enivrante, sans doute un petit peu longue (disons qu'au bout de 3 minutes, ça commence un peu à devenir redondant), mais le morceau achève bien cet album dans son ensemble. Une excellente chanson, donc.

 Au final, The Hissing Of Summer Lawns (très beau titre qui signifie 'le bruissement des pelouses d'été') est donc un superbe album de folk/jazz/rock, rempli de sublimes chansons, magnifiquement bien produit par Joni elle-même, qui a elle-même dessinée la pochette et, dans le livret (et à l'intérieur de la pochette vinyle aussi), est représentée, en photo, en train de faire la planche dans l'eau d'une piscine. Disque certes plus complexe que Blue, Ladies Of The Canyon ou Court And Spark (trois des précédents albums de Joni, de purs disques folk) et moins que le futue Hejira de 1976, The Hissing Of Summer Lawns est définitivement le meilleur opus de la Canadienne. Un album essentiel !