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Pour ce 264ème Track-by-track, un classique du rock des années 80 : Remain In Light. C'est le quatrième album des Talking Heads, et le dernier des trois à être produits par Brian Eno. Rempli de classiques, cet album bénéficie de la participation du guitariste Adrian Belew, et fait définitivement partie des sommets du groupe de David Byrne, Jerry Harrison, Tina Weymouth et Chris Frantz. L'ambiance générale est parfaite, la production d'Eno assure totalement, et tout du long de ses 39 minutes, Remain In Light sera un immense succès qui fait que l'album se classe parmi les meilleurs des années 80. Ce disque, essentiel, le voici :

Born Under Punches (The Heat Goes On) : Dès les premières notes, on est embarqué dans une musique totalement folle, mélange de rock, de new-wave et de sonorités africaines. Une des chansons les plus longues de l'album avec 5,45 minutes. Born Under Punches (The Heat Goes On) est une chanson mémorable, quasiment indescriptible tellement elle est belle, forte, puissante, enivrante. Comment décrire la voix de Byrne, à la limite du breakdown ? Les harmonies vocales qu'il fait avec Jerry Harrison ? Le mantra final (Goes on, an the heat goes on, goes on, and the heat goes on) ? La basse de Tina Weymouth, immense ? L'ambiance world déglinguée ? Non, en fait, on ne peut pas décrire ça, il faut écouter et se taire, et c'est tout !

Crosseyed And Painless : Plus rock (et court : 4,50 minutes) est ce Crosseyed And Painless, une autre excellente chanson, probablement moins marquante que Born Under Punches (The Heat Goes On) et The Great Curve, mais quand même franchement remarquable, excellente, interprétée par un David Byrne totalement à l'aise, aussi bien vocalement qu'avec sa guitare. Production parfaite de Brian Eno, paroles excellentissimes, musicalement bluffant, Crosseyed And Painless, typique du son talkingheadien, est une réussite de plus pour Remain In Light.

The Great Curve : Achevant la face A (oui, cette face ne contient que 3 titres, et ne dure que 16 minutes et des poussières ! Scandaleusement courte, et agencement vinyle assez mal foutu), The Great Curve, avec 6,25 minutes, est le morceau le plus long de Remain In Light. Et c'est une des plus grandes réussites de cet album, ce qui est essentiellement du à trois facteurs : les paroles, excellentissimes ; le double mantra final, harmonies vocales répétant deux sections de texte, et s'entremêlant ; et la guitare d'Adrian Belew, immense et apportant une touche supplémentaire au son talkingheadien (Belew, je pense, joue sur d'autres titres de l'album, mais on l'entend surtout sur cette chanson). Dans l'ensemble, un morceau qui met en transe, littéralement. Bluffant.

Once In A Lifetime : Ouvrant la face B, Once In A Lifetime est le tube des Talking Heads. Chanson imparable, hilarante, sur un homme perdant pied, en pleine crise de doute, totalement paumé (quand Byrne s'exclame My God ! What have I done ?, on y croit). Le refrain (Lettin' the days go by...) est juste immortel, la mélodie aussi, et le clip, hilarant (il suffit de voir l'expression du visage de Byrne pour se marrer, surtout au début). C'est le genre de chanson qui peut rendre quelqu'un accro au son du groupe, c'est une de leurs plus connues et évidentes. Immense.

Houses In Motion : Un autre classique, moins marquant que Once In A Lifetime c'est vrai, mais quand même excellent, que ce Houses In Motion ('maisons en mouvement') très world/rock, qui sortira en single. Ca ne sera pas un succès aussi fort que pour la précédente chanson (en même temps, les Heads n'ont jamais vraiment cartonné à fond dans les charts, niveau singles, ce n'est pas leur style), mais ce sera quand même honorable. Une chanson très réussie, pas ma préférée de l'album, mais franchement, difficile d'être déçu, Houses In Motion possédant une mélodie remarquable, un chant excellent, une durée idéale (4,30 minutes)... Un petit classique !

Seen And Not Seen : Unique chanson de l'album à ne pas être interprétée par David Byrne, mais par Jerry Harrison (guitare), Seen And Not Seen est probablement la moins marquante de tout Remain In Light. Pas spécialement à cause du fait que ça soit Harrison qui chante, car il ne chante pas mal du tout. Si la chanson avait été chantée par Byrne, elle n'en aurait pas été meilleure, elle serait restée, de toute façon, la moins réussie de l'album. Mais ce n'est pas celle que j'aime le moins sur le disque, cependant (c'est The Overload), et si c'est la moins marquante des 8 chansons, c'est quand même un morceau assez sympathique, bien chanté, avec une mélodie plutôt correcte. Ca se laisse donc écouter sans problème !

Listening Wind : Excellente chanson que j'ai cependant mis un peu de temps à apprécier. Listening Wind est probablement une des plus connues du groupe, son refrain est juste sublimissime, la voix de Byrne est comme toute en retenue, magnifique, posée... La classe. Musicalement, assez envoûtant, assez indescriptible aussi, cette chanson se pose là comme étant une des réussites de l'album. Mais, comme je l'ai dit, j'ai mis du temps, pas mal de temps, au moins une dizaine d'écoutes, pour vraiment l'apprécier, car, autrefois, je n'arrivais pas à accrocher, allez comprendre... Sublime.

The Overload : En 6 minutes, The Overload est donc le final de Remain In Light. Lente, longue, longuette même, dotée d'un rythme aussi pesant qu'hypnotique, c'est la chanson qui, allez savoir pourquoi, me plaît le moins ici. Sans doute est-elle trop pesante et longuette, je ne suis toujours un peu ennuyé à l'écouter, et le fait qu'elle achève le disque, de plus, fait que, pour moi, l'album se finit mal (une chanson achevant un album est toujours importante, si elle est mauvaise, l'album se finit mal, c'est pas top ; ça compte, dans la réussite ou l'échec d'un album !), ce qui est assez dommage. Ce n'est pas spécialement mauvais, mais je m'emmerde à l'écouter, je n'arrive jamais à la retenir, pour moi, elle passe difficilement, 6 minutes que j'ai presque envie de zapper...ce que je ne fais jamais, espérant qu'un jour, je parviendrai à apprécier The Overload, mais c'est hélas pas encore le cas.

 Au final, Remain In Light est donc un classique, un disque franchement remarquable, même si je n'aime pas trop deux des chansons (surtout une, l'autre, ça peut aller). Mais mis à part ces deux chansons, le reste assure, et surtout les quatre premiers titres (on notera un agencement assez bizarre en vinyle, la face A est beaucoup plus courte, et je pense que Once In A Lifetime aurait du s'y trouver, ça aurait fait mieux, mais bon...). Production remarquable qui a très bien vieilli, interprétation de qualité même si la voix étrange de Byrne, à la limite, parfois, de l'hystérie, est particulière et qu'il faut un peu de temps pour s'y habituer, des fois. Au final, donc, on tient ici un disque remarquable, sensationnel, mais pour moi, le sommet du groupe restera, à jamais, leur précéden opus, Fear Of Music, de 1979. Celui-ci arrive en second !