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Pour ce 245ème Track-by-track, un album fantastique sorti l'année de ma naissance, soit 1982. C'est le quatrième album de Dire Straits, et probablement leur meilleur. Il ne contient que 5 titres pour une quarantaine de minutes, et est sorti sous une pochette remarquable représentant une magnifique photo d'éclair dans la nuit. L'album s'appelle Love Over Gold. Au moment de l'enregistrement de ce disque qui sera un gros succès, le groupe est déjà très connu et vend beaucoup d'albums. Le line-up a légèrement changé, autour du chanteur/guitariste/leader Mark Knofpler et du bassiste John Illsley (qui, eux, ne changeront jamais) : si le batteur Pick Withers est encore là (dès l'album suivant, ça ne sera plus le cas), on note l'entrée d'un autre guitariste, Hal Lindes, et du claviériste Alan Clark. Le son de Dire Straits s'étoffe encore avec ce disque qui reste vraiment, selon moi et pas mal de fans, leur oeuvre la plus forte, et que voici :

Telegraph Road : 14 minutes et autant de secondes pour ouvrir le bal. C'est le morceau le plus long de Love Over Gold, et assurément le meilleur aussi. Telegraph Road est une merveille absolue regorgeant de grands moments guitaristiques. Entre le fabuleux et long solo de guitare de Knopfler et les interventions électriques de Lindes (qui fait sonner sa guitare sonne des éclairs, un peu comme sur la pochette), sans oublier une sublime partition de piano et des paroles magnifiques sur la contruction d'une petite ville dans le Far West, maisons, église, école, prison, tribunal, rues, voies ferrées et, en dernier, les poteaux et fils du réseau télégraphique pour relier la ville au reste du monde. Une chanson-fleuve absolument inoubliable dont une très belle version live (plus courte de 2 minutes environ) se trouve sur le double live Alchemy de 1984. La meilleure chanson du groupe ? En tout cas, la meilleure de leur meilleur album !

Private Investigations : 6,45 minutes absolument saisissantes pour achever la face A. Private Investigations est un des morceaux les plus cultes du groupe. Difficile pour moi d'en parler, car c'est un de mes grands préférés des Straits, et même mon préféré de l'album, oui, devant Telegraph Road ! Le morceau possède une ambiance assez 'film noir', et raconte la vie professionnelle, pleine de rebondissements mais aussi et surtout de lassitude, de banalités, d'un détective privé à la Sam Spade/Philip Marlowe. Bouteille de whisky sur le bureau, stores aux fenêtres, notes de frais, rapports sur ses missions consistant apparemment plus à filer les femmes et hommes adultères qu'à rechercher un meurtrier... Ambiance sombre et bluesy, sublime guitare. Le final, surtout, marque bien l'esprit : de belles et saisissantes giclées de guitare, faisant encore une fois penser à des éclairs (encore la pochette qui hante les morceaux !!!), et quelques explosions musicales salvatrices (guitare, piano) font de ce final un grand moment de tension/relâchement, à écouter, si possible, le plus fort possible pour en éprouver encore plus de sensations, de frissons... Une immense chanson !

Industrial Disease : Le morceau le plus court de l'album (il dure quand même 5,50 minutes !) et assurément, aussi, le moins réussi. Industrial Disease, qui ouvrait la face B, semble avoir été enregistré dans la joie, ça s'entend dans le chant de Knopfler qu'il s'est amusé à faire cette chanson rigolote sur la crise industrielle. Mais pour fendarde (un passage assez drôle sur un toubib recevant des patients atteints de la maladie industrielle), cette chanson n'en demeure pas moins secondaire, mineure. Un peu décevante. En fait, pas qu'un peu, même : après une telle face A, difficile de pleinement apprécier cette chanson un peu loufoque et assez plate. Assez sympathique, rigolo, mais comparé aux quatre autres chansons, rien à dire, c'est nettement moins bon.

Love Over Gold : 6,15 minutes absolument magnifiques qui remettent l'album sur de bonnes bases après un Industrial Disease assez banal. Love Over Gold, auquel l'album tire son nom, est une ballade semi-acoustique de toute beauté, rendue encore plus célèbre par une interprétation live époustouflante (même si cette version live présente sur Alchemy et sortie en single est deux fois plus courte que la version studio). Je ne sais pas ce qui est le plus beau, ici : la mélodie, notamment le thème final à la guitare ? Le chant de Knopfler, sublimissime, tout en retenue ? Les paroles, vraiment belles ? L'ensemble ? Oui, probablement l'ensemble. Pas ma préférée de l'album, mais sensationnelle chanson.

It Never Rains : Quasiment 8 minutes (à 5 secondes près) pour achever en beauté ce Love Over Gold sensationnel. It Never Rains est à la fois doux et mouvementé (le morceau se finit sur un remarquable solo de guitare, entrecoupé de nappes de synthés très aériens), It Never Rains est probablement le morceau le moins connu de l'album, et c'est bien dommage car c'est probablement le troisième meilleur derrière les deux de la face A. Le morceau, comme je l'ai dit, se finit énergiquement (enfin, énergiquement...c'est un peu bluesy, pas violent, mais nettement plus mouvementé que le début), mais commence en douceur, chant posé, parfait, mélodie sublime. Une pure merveille, idéale en conclusion de cet album vraiment excellentissime.

 Au final, Love Over Gold est donc un remarquable album de rock, et le meilleur du groupe, malgré une chanson assez moyenne placée en son centre. Malgré cette chanson, l'album reste un vrai classique, une réussite, interprétée à la perfection par un groupe au sommet de son art. Morceaux longs, mais jamais chiants (même Industrial Disease se laisse écouter sans problème ; en même temps, ce morceau ne dure pas aussi longtemps que It Never Rains ou Telegraph Road !), interprétation et production fantastiques, voilà de quoi faire de ce disque un chef d'oeuvre du genre, un classique des années 80 !