31

Pour ce 239ème Track-by-track, un disque mémorable de pur hard-rock, j'ai nommé le premier album, éponyme, de Bad Company. L'album date de 1974 et est sorti sous une pochette très sobre, sur le label Swan Song (appartenant à Led Zeppelin, hébergé par Atlantic). Le groupe est constitué du chanteur Paul Rodgers, ancien de Free (bien des années après, il rejoindra Queen), aussi à la guitare rythmique et au piano ; du guitariste Mick Ralphs, aussi claviériste ; du bassiste Boz Burrell, ancien de King Crimson période Islands ; et du batteur Simon Kirke. Mel Collins, qui fera partie de King Crimson de 1970 à 1972 (et en 1974 sur Red) joue du saxophone sur un titre, Don't Let Me Down. Bad Company est un album court (35 minutes) mais remarquable, contnant de vrais classiques du (hard-) rock, et que voici :

Can't Get Enough : Un pur classique du hard-rock, la chanson la plus célèbre de l'album avec la chanson-titre. Can't Get Enough s'ouvre sur un riff terrible, et direct, la voix de Rodgers surgit, avec des paroles assez machistes dans un sens (Well I take whatever I want, and baby, I want you, you got something I need, and I got something for you). Le chant est calme, posé, classique, mais tout s'emballe dans la conclusion, permettant à Rodgers de shouter comme un furieux, et croyez-moi, il sait le faire ! 4 minutes et 10 secondes de pur bonheur à écouter et réécouter.

Rock Steady : Encore une chanson imparable que ce Rock Steady (13 ans plus tard, Sting fera une chanson du même nom, qui n'a rien à voir) s'ouvrant sur un riff également remarquable. Plus courte (3,45 minutes), Rock Steady permet encore une fois à Paul Rodgers (qui a écrit la chanson tout seul comme un grand) de briller avec sa si fantastique voix. L'ambiance est électrique, hard et bluesy en même temps, le refrain emporte la chanson très haut dans mon classement personnel des meilleures chansons de hard-rock des 70's. Le genre de chanson qui rend accro à ce genre de musique, et au rock tout court. Juste puissant.

Ready For Love : 5 minutes pour ce Ready For Love au tempo nettement plus lent (apaisé, presque) que les deux précédentes chansons. La chanson, signée par Ralphs tout seul (comme Can't Get Enough), est sans doute moins grandiose que les deux précédentes, mais elle n'en demeure pas moins franchement réussie, une tentative parfaitement maîtrisée de hard-blues, de slow heavy, au refrain magnifique, guitare immense, claviers (signées Ralphs) également sublimes. En résumé, une chanson, encore une fois, excellente.

Don't Let Me Down : Créditée à Rodgers et Ralphs, achevant la face A, Don't Let Me Down est une chanson qui semble bien s'inspirer plus que fortement de la chanson du même nom, des Beatles (présente sur la compilation 1967/1970 de 1973, alias le double best-of bleu). Les paroles sont différentes pour les couplets, mais le refrain est identique, bien que joué plus lentement ici. Or, ni Lennon, ni McCartney (ni les Beatles en général) ne sont crédités ! Cette ressemblance, qui fait penser à un plagiat (ce n'est hélas pas rare dans le monde du rock...) plutôt qu'à une ressemblance fortuite, m'a toujours gêné, mais mis à part ça, on tient ici un hard-blues remarquable.

Bad Company : Ouverture de la face B avec la meilleure chanson de l'album, j'ai nommé Bad Company. Bad Company, issue de Bad Company, par Bad Company, amusant, non ? C'est pareil aussi pour Iron Maiden ou Black Sabbath, leurs premiers albums, à chacun de ces deux groupes, est éponyme et contient une chanson portant leur nom. Pour en revenir à Bad Company, c'est une chanson imparable, bluesy (refrain immense, guitare sensationnelle, chant parfait), heavy, déchirante et jouissive en même temps. C'est...ah tiens, je préfère me taire plutôt que de dire des conneries. C'est IMMENSE, voilà tout !

The Way I Choose : Un peu trop longue, cette chanson (5 minutes), un peu lente (tempo assez lent), et franchement pas la meilleure, The Way I Choose n'en demeure pas moins très sympathique et, encore une fois, interprétée à la perfection par Rodgers. Oui, c'est probablement le morceau le moins marquant de Bad Company, mais rien de grave, The Way I Choose reste franchement intéressante, un peu trop longuette, mais 5 minutes, ce n'est pas non plus insurmontable. Les deux chansons suivantes seront cependant bien meilleures.

Movin' On : Morceau le plus court avec seulement 3,20 minutes, Movin' On est un hard-rock assez réussi, s'ouvrant avec force, énergie, un riff parfait. Le refrain est juste gigantesque, bien meilleur que les couplets par ailleurs. Dans l'ensemble, c'est une chanson franchement réussie, remarquable même, mais pas ma préférée de l'album. Elle est bien meilleure que la précédente, il faut l'avouer, et elle est, malheureusement, un peu courte (il aurait fallu que la durée de Movin' On et de The Way I Choose soient interverties). Encore une fois très très bon !

Seagull : Paul Rodgers à tous les instruments sur ce morceau achevant remarquablement bien l'album. Seagull est une charmante ballade acoustique (guitare acoustique, et c'est tout, en gros), une chanson franchement magnifique interprétée à la perfection par Rodgers. Le morceau dure 4 minutes, ce qui est peut-être un petit peu long, mais rien de grave. En fait, c'est tellement beau qu'on ne sent quasiment pas le temps passer. Ce n'est pas mon préféré de l'album, mais c'est, mine de rien, sans aucun doute un des meilleurs morceaux de Bad Company (le groupe, pas seulement l'album) !

 Au final, on a donc ici un grand disque de pur hard-rock, interprété à la perfection par un chanteur remarquable, Paul Rodgers (une voix fantastique). 8 chansons, dont pas moins de 4 sont des classiques absolus du hard-rock, voilà de quoi faire de ce Bad Company, premier album du groupe du même nom (et leur meilleur), un joyau à découvrir absolument ! C'est d'autant plus inexcusable de ne pas connaître cet album, car il est généralement vendu à un prix très très abordable. Bref, vous savez ce qu'il vous reste à faire !