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227ème Track-by-track, et pour ce faire, un classique du hard-rock (et du heavy-metal), sorti en 1980, le sixième album studio de Judas Priest (et leur septième album tout court, le précédent étant un live) : British Steel. C'est assurément un des meilleurs albums de ce groupe anglais de heavy-metal mené par le charismatique (et gay, mais on s'en cogne ; même si ça a toujours été unes des choses les plus facilement retenables du groupe !) chanteur Rob Halford, et ses tenues de cuir cloûtées, ses motos sur scène... L'album est disponible en vinyle et CD aux USA dans une version proposant un track-listing un peu différent (sur le vinyle original, Breaking The Law ouvrait l'album, et Living After Midnight ouvrait la face B et se trouvait en sixième position), j'ignore d'ailleurs le pourquoi de ce changement léger d'ordre, qui concerne l'édition CD trouvable partout dans le monde. C'est un disque puissant (malgré une chanson assez nulle) faisant partie des classiques du genre. Le voici :

Rapid Fire : Riff de guitare très très rapide, batterie speedée qui surgit comme un diable de sa boîte, et la voix d'Halford... Rapid Fire est une chanson qui mérite bien son titre, elle est d'une rapidité exemplaire. Le riff est brutal, sanglant, lourd, et le chant, puissant et agressif, voix aiguë comme Halford sait bien les faire. 4 minutes qui entament à la perfection cet album franchement heavy et remarquable ! Cette chanson ouvrait l'album en vinyle sur l'édition américaine, mais sur l'édition anglaise originale, c'est Breaking The Law qui était en première place, et Rapid Fire en deuxième...

Metal Gods : Un classique absolu que ce Metal Gods. 4 minutes aussi pour cette chanson dont le titre deviendra le surnom de Rob Halford. Assurément ma chanson préférée de l'album, elle possède une ambiance martiale remarquable. Le chant est encore une fois parfait, les guitares sont agressives, la batterie est démentielle, la basse est allègrement violée. Si le voix sur le refrain (Meeeeeeeetal Goooooooods) sont un peu chiantes, le reste assure totalement, notamment ce riff, justement, heavy au possible, comptant parmi les meilleurs du Priest, et suivi par un court mais efficace solo. Metal Gods est une des chansons les plus emblématiques du groupe ; et du heavy-metal, aussi. Non, je n'exagère pas ! A noter, des queues de billard ont servi pour des bruitages (le final), ainsi que des fouets.

Breaking The Law : La chanson la plus courte de l'album (2,35 minutes) en est aussi le plus gros tube, et une des chansons les plus connues du Priest. Si ce n'est la plus connue. C'est bien simple, prenez une compilation de hard-rock ou de heavy-metal, et vous pouvez être sûr qe Breaking The Law s'y trouve (si ce n'est pas le cas, alors, c'est que c'est une compilation foirée) ! Comme il est dit dans le livret CD, l'album a été fait alors que les samples n'étaient pas encore à la mode, alors le groupe a du enregistrer lui-même ses bruitages : alarme, bruit de bouteille brisée jetée au sol... Servi par un clip assez rigolo montrant le Priest (avec un Halford habillé très sobrement en costar) entrer dans une banque et la braquer en utilisant la force sonore de leur musique comme arme, Breaking The Law est un des hymnes du heavy-metal, tout simplement. Le genre de chanson immortelle que tout fan de hard connaît par coeur !

Grinder : Une chanson moins marquante que les trois précédentes, mais s'ouvrant cependant sur un des meilleurs riffs de l'album. Grinder possède un refrain assez mauvais (la voix de Halford, pendant ce refrain, m'énerve prodigieusement, je ne sais pas pourquoi, d'ailleurs, mais c'est ainsi). 4 minutes assez heavy, le riff est franchement grandiose, mais la chanson reste, malgré ça, un peu moins réussie que les précédentes. Elle est cependant largement meilleure que la suivante, et n'est pas mauvaise en tant que telle. En fait, Grinder est pas mal du tout, c'est juste mon goût personnel qui la classe un peu loin dans l'ordre de réussite des chansons de British Steel !

United : La voilà, la chanson nulle de British Steel : United. Achevant la face B, elle est sortie en single, et je ne sais pas si elle marchera ou pas. J'espère qu'elle s'est vautrée ! Car United est vraiment, mais vraiment atroce. Déjà, mais ce n'est pas vraiment ça le problème, la chanson est largement plus calme, douce, lente que le reste de l'album (j'ai envie de dire : que le reste du répertoire de Judas Priest, groupe dont le nom vient d'une chanson...de Bob Dylan). Mais surtout, c'est une épouvantable chanson de stade (alors qu'à la base, je n'ai rien, vraiment, contre ce genre de chansons), le genre de chanson destinée à être chantée par la foule en délire, refrain insupportable de niaiserie, paroles du style ensemble, mes amis, ensemble, nous serons plus forts que tout seul. United est une chanson insipide, ridicule, franchement mauvaise. A fuir.

You Don't Have To Be Old To Be Wise : Chanson la plus longue avec 5 minutes, elle ouvrait la face B du vinyle américain, mais sur le vinyle original anglais, c'est Living After Midnight qui ouvrait la face B. Le CD propose le tracklisting américain, ce qui est con. You Don't Have To Be Old To Be Wise ('Pas forcé d'être vieux pour être sage') est une des plus grandes réussites de l'album. Une chanson plus structurée, quelque part, que les autres, plus 'rock' classique malgré une ambiance assez heavy. Mais on sent que la chanson est plus du hard-rock que du heavy-metal, moins agressive, moins bourrine, malgré un chant surexcité de Halford. Au final, puissant, tout simplement puissant !

Living After Minight : Autre tube comme Breaking The Law, Living After Midnight, chanson assez courte (3,30 minutes) est une chanson de stade, comme United, mais ici en mode heavy. Comme je l'ai dit au sujet de United, je n'ai rien contre les chansons de stade, et force est de constater que cette chanson, Living After Midnight, est immense, son refrain est digne d'être repris en choeur par le public dans les gradins, ce genre de choses. Une chanson un peu trop courte, mais qui compte sans doute parmi les meilleures de l'album, au final. Vraiment aussi remarquable que le fadasse United était mauvais, c'est dire !

The Rage : Ligne de basse remarquable en intro de ce The Rage fantastique. La basse est rapidement suivie par les guitares, qui livrent des riffs qui s'entremêlent. Au bout de 40 secondes environ, tout explose. Encore une fois, le chant de Halford assure à lui tout seul, si le morceau avait été a capella, il aurait été immense aussi. The Rage est une chanson puissante qui reste à peu près tout le temps sur un tempo assez remarquable et lourd, on sent une violence, une rage contenue, qui ne demande qu'à exploser totalement. Un excellent solo de guitare au centre, avant un retour au tempo de départ. Une chanson qui, en 4,45 minutes, offre plus que pas mal d'autres chansons de hard-rock nettement plus longues !

Steeler : Quel riff ! Steeler achève l'album avec 4,30 minutes assez réussies. Pas aussi grandiose que The Rage, Metal Gods ou Living After Midnight, mais Steeler est une chanson bien bourrine, avec un solo assez réussi, une rythmique du tonnerre de Zeus, un chanteur en état second livrant une resptation vraiment remarquable, et des riffs en veux-tu en-voilà. Si ce n'est pas le sommet de l'album, c'est, comme Grinder, une chanson très efficace, qui achève très bien British Steel !

 Au final, British Steel, avec sa très tranchante pochette montrant une main brandir une gigantesque lame de rasoir, est un des meilleurs albums de Judas Priest (avec, aussi, Stained Class, Sin After Sin et Screaming For Vengeance). Best-seller du groupe, avec ses trois singles (dont deux gros tubes, car je ne pense pas que United ait été un gigantesque tube, même si c'est hélas possible), l'album est aussi court (35 minutes environ) que réussi. Le chant de Rob Halford (qui sera surnommé Metal God, rapport à la chanson issue de l'album) est puissant, les guitares assurent... Bien qu'un peu caricatural, Judas Priest est un excellent groupe de heavy metal anglais (issu de la NWOBHM, ou New Wave Of British Heavy Metal), et ce disque, un essentiel pour tout fan du genre.