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Pour ce 212ème Track-by-track, un disque assez culte, sorti en 1971 sous une pochette étrange qui, une fois dépliée et regardée en format 'portrait', représente une oreille humaine dans l'eau. Ce disque, c'est Meddle, et c'est le sixième album de Pink Floyd. L'album fait partie des plus emblématiques du groupe, en grande partie parce qu'il contient le mythique, monstrueux, monumental, grandiose Echoes. Un disque très zen, relaxant, sans doute un peu trop facile après lecomplexe Atom Heart Mother (et, aussi, une série d'albums expérimentaux, complexes, de 1968 à 1970). Après avoir recherché la difficulté, le Floyd passe un peu trop rapidement dans la facilité avec Meddle, comme King Crimson, la même année, avec Islands. Mais Meddle est encore plus accessible et facile que le disque de Crimso, et malgré sa réussite et son statut culte, je ne le classe pas parmi les sommets du groupe. Je l'aime bien quand même, ce disque, que voici :

One Of These Days : Quasiment 6 minutes instrumentales, si on excepte cette unique ligne de texte, prononcée par Nick Mason (une des rarissimes participations vocales du batteur avec quelques mots sur Corporal Clegg), prononcée d'une voix bidouillée par un vocoder et rendue aussi agressive et flippante qu'inhumaine : One of these days, I'm going to cut you into little pieces. Sinon, One Of These Days est la parfait introduction d'album, même si le morceau est, quand même, assez opposé au reste de Meddle (l'album est assez, voire même très zen, ce que n'est pas cet instrumental). Ambiance pesante, lourde, morceau qui met du temps à s'installer, et qui explose (remarquable solo de guitare, ambiance de feu) une fois l'intervention vocale de Mason arrivée. Sit vers le centre du morceau. Remarquable.

A Pillow Of Winds : S'enquillant directement à la suite de One Of These Days, A Pillow Of Winds mérite bien son titre ('un oreiller de vents'), tant le morceau est aérien, planant, zen, relaxant, tiens, j'ai soudainement envie de pioncer (à cette heure, ça ne serait pas raisonnable). Interprété par un Gilmour qui joue à fond la carte de la berceuse, ce morceau est à prédominance acoustique, magnifique partie de guitare sèche, tout en picking, ambiance qui est même, légèrement, orientalisante par moments. C'est clairement une sublime chanson zen, une des plus belles de Meddle, mais pas du groupe en globalité non plus, faut pas déconner.

Fearless : Morceau également assez acoustique, avec un final étonnant (une chorale de supporters du Liverpool FC interprétant l'hymne des supporters du club, You'll Never Walk Alone ; qui aurait cru qu'une chorale de club de foot se retrouverait sur un album du Floyd ?). Fearless est un morceau ma foi très bon, interprété par Gilmour, avec d'excellentes parties de guitare. En un peu plus de 6 minutes, ce morceau est très sympathique et relaxant, mais pas aussi grandiose que le précédent. Meilleur que les deux suivants. Et comparé à la face B, rien de la face A ne fait le poids. Meddle, album inégal ? Oui, un peu !

San Tropez : Petit délire jazzy interprété par un Roger Waters qui semble s'être bien éclaté à la chanter (ça s'entend : il ne rit pas, Waters ne doit même pas rigoler quand il s'ampute de la zguègue, mais sa voix n'est pas aussi morne que de coutume). Une chanson sur la vie à Saint-Tropez, probablement inspirée par une rencontre que Waters aurait fait avec Brigitte Bardot. Une chanson très sympathique, mais franchement mineure, qui n'a pas grand chose à foutre sur l'album (tiens, comme la suivante, d'ailleurs). San Tropez reste quand même assez amusante, et son ambiance jazzy est, ma foi, très correcte.

Seamus : Mouais... Seulement 2,15 minutes, et heureusement, car je n'ai jamais aimé Seamus. Cette chanson qui achevait la face A est un petit blues interprété par Gilmour, seul avec sa guitare...et un chien, du nom de Seamus, qui pousse de petits aboiements de ci de là, pour accompagner. Un an plus tard, sur le mythique Live At Pompeii qui fut filmé par Adrian Maben (concert sans public fait en grande partie dans les arènes de Pompéi, Italie, mais pas le morceau dont je vais parler), le groupe en interprétera une version intitulée Mademoiselle Nobbs (nnom du chien, ou plutôt de la chienne, utilisée pour le morceau), et entièrement interprétée par la chienne (avec un accompagnement musical, mais, donc, sans paroles), version amusante que je préfère. Il aurait mieux valu que Seamus soit entièrement canin, ça aurait fait rigolo et plus original...

Echoes : 23,30 minutes ahurissantes. Toute la face B, et le deuxième morceau le plus long de Pink Floyd (c'et aussi le dernier à atteindre cette durée en album, studio et live). Echoes est, contrairement à l'autre morceau de cette durée (le morceau-titre de Atom Heart Mother), chanté. Mais, à vrai dire, les paroles, chantées par Gilmour avec des participations de Wright, on s'en cogne un peu, car ce qui compte, sur ce morceau, c'est la musique, l'ambiance donnée, qui est tout simplement...dantesque. Dès l'intro (des sons de sonar) au final (qui est inoubliable), on est sous l'eau, dans l'espace, dans l'éther, où vous voulez, mais ce qui est sûr c'est que, quel que soit l'endroit où on se trouve, on y est, bien calé. Le morceau est indescrpiptible dans sa globalité, je n'essaierai même pas. Ca serait du blasphème, une hérésie. Tout au plus puis-je dire que le morceau est, dans l'ensemble, très planant et relaxant, malgré un passage assez angoissant, oppressant, dans son centre. Mais Echoes, dans l'ensemble, est un moment de relaxation planante, zen (bien représentatif de tout Meddle, donc). Et, vous n'allez pas le croire mais c'est vrai (ironie), le sommet de l'album, et un des sommets du Floyd. Ceci dit, je préfère encore plus A Saucerful Of Secrets !

 Au final, Meddle est donc un très grand disque du Floyd, même s'il est, selon moi, un peu surestimé quand même. Si, pour Echoes, rien à dire (la chanson est aussi mythique qu'il se doit, et est grandiose), je trouve quand même que les 46 minutes de l'album sont un peu trop surestimées, comme The Dark Side Of The Moon, comparé à Atom Heart Mother, Ummagumma ou même Obscured By Clouds. Dans l'ensemble, on a ici un très très bon disque de rock progressif et planant, c'est évident. Mais le meilleur album du groupe, je ne pense pas. Un très très bon cru, mais pas LE grand cru (comme The Dark Side Of The Moon, pareil : surestimé, mais quand même remarquable).