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Pour ce nouveau Track-by-track, un sommet de rock progressif anglais : Close To The Edge, sorti en 1972, le cinquième album studio de Yes. Le groupe est alors constitué du chanteur Jon Anderson, du guitariste Steve Howe, du claviériste Rick Wakeman, du bassiste Chris Squire et du batteur Bill Bruford. Close To The Edge est un disque mythique qui, en 37 minutes, ne propose que 3 titres (et par conséquent, un de ces trois occupe à lui tout seul une face entière !). C'est un album essentiel pour tout amateur de rock progressif, mais c'est aussi le genre d'albums qui fait dire aux anti-rock progressif à quel point ce style musical est, selon eux, ridicule et caricatural. Comme j'adore le rock progressif, je me fous de ce que les anti-prog pensent : ce disque est un des meilleurs de Yes, même si le double Tales From Topographic Oceans de 1973 (quatre morceaux, un par face, quatre morceaux de 20 minutes) est selon moi encore plus fort, encore plus beau. Pour en revenir à ce disque de 1972, sorti sous une pochette sobrement verte (mais à l'intérieur, c'est magnifique, et conçu par le fidèle Roger Dean, qui signera bien d'autres pochettes de Yes), le voici :

Close To The Edge (A/The Solid Time Of Change ; B/Total Mass Retain ; C/I Get Up, I Get Down ; D/Seasons Of Man) : 18,50 minutes ahurissantes. Si les I get up, I get down sont parfois un petit peu énervants (et encore, ce n'est pas si énervant que ça : il y à pire chez Yes, comme les chachacha, chacha de Sound Chaser, sur le Relayer de 1974 !), Close To The Edge, scindé en quatre sous-parties (toutes sont sur une seule plage audio, cependant), est une chanson mythique et renversante, remplie de grands moments (aah, l'orgue quasi religieux de Wakeman ! Les envolées lyriques d'Anderson - voix tout simplement tuante, merveilleuse ! Ou bien la batterie de Bruford, la guitare de Howe...). Difficile pour moi de parler de ce morceau emblématique, grandiose, jamais longuet malgré sa longueur assez imposante (toute la face A)...

And You And I (A/Cord Of Life ; B/Eclipse ; C/The Preacher The Teacher ; D/Apocalypse) : La face B commence avec And You And I, sublime épopée en quatre sous-parties (toutes, comme pour Close To The Edge, sont réunies sur la même plage audio), atteignant en totalité 10 minutes tout simplement renversantes. Je ne sais que dire face à la beauté de cette longue chanson/ Ca démarre de manière très acoustique (le final aussi est un rappel de cette intro), lechant de Jon Anderson est tout simplement somptueux, les textes sont magnifiques. Le morceau restera, durant les 10 minutes, assez calme, pas toujours acoustique évidemment (Howe, Wakeman, auront des choses à 'dire' ici), mais dans l'ensemble très reposant. Très lyrique aussi. Il semblait difficile pour Yes de faire mieux que la chanson-titre, et And You And I, dans un sens, n'y parvient pas. C'est pas vraiment pareil, ce deuxième morceau est plus calme et aérien, mais c'est encore une fois une réussite.

Siberian Khatru : Seulement 9 minutes pour Siberian Khatru, et pas de sous-parties... Le groupe serait-il devenu fainéant ? Ah ah ah ! Mine de rien, ce troisième et dernier morceau est probablement le moins grandiose de l'album. Non, en fait, pas probablement : il est le moins grandiose ! Ce qui ne l'empêche pas d'être très bon, avec notamment un final tout simplement quintessentiel, le groupe en pure folie, mélodie imparable jouée assez rapidement... Quand même largement inférieur aux deux précédents morceaux, Siberian Khatru possède aussi des paroles très bien foutues, et Jon Anderson est en état de grâce dans le final. Bref, une très bonne conclusion !

 Pour finir, Close To The Edge (qui sera en intégralité sur le triple live - depuis double CD - YesSongs de 1973, les trois morceaux s'y trouvent !) est donc un monstre du rock progressif. Un album qui ravira les fans du genre, et désespérera les anti-prog, car tout ce qui fait la force du rock progressif y est : ambiance, longs titres, plusieurs sections, beaucoup de claviers, divers soli, chant lyrique, ambiance symphonique, paroles cryptiques et riches... Le morceau-titre à lui tout seul suffit à faire de cet album un authentique joyau du genre !