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Pour ce 193ème Track-by-track, j'ai décidé de vous proposer un disque sensationnel, du pur blues-rock teinté de rock psychédélique, à l'anglaise, sorti en 1970 sous une de mes pochettes préférées au monde : Cricklewood Green, de Ten Years After, groupe mythique de la scène rock des années 60/70 mené par le chanteur et guitariste Alvin Lee. C'est un disque remarquable contenant 8 titres tour à tour bluesy ou psychédéliques, et parmi eux, deux gigantesques cavalcades supersoniques faisant partie des sommets des Dix Ans Après. L'album est probablement le meilleur du groupe, il offre quasiment 40 minutes de bonheur pour tout amateur de rock anglais des années 70 (le groupe jouera à Woodstock en 1969). Ce disque, que voici, est donc un must-have absolu :

Sugar The Road : Chanson très rock pour ouvrir le bal, ce Sugar The Road au titre assez idiot ('Sucre la route' ? 'Chérie la route' ?), etj e n'ose vraiment pas me pencher sur les paroles (absentes du CD, en tout cas de l'édition que je possède, laquelel est assez hideuse : Priceless Collection de chez Chrysalis, avec un livret quasiment inexistant et un macaron Priceless Collection rouge et noir directement imprimé en bas de recto de pochette). Mais la chanson assure totalement, c'est pas la meilleure de Cricklewood Green, mais, franchement, on ne se lasse pas de ce blues-rock efficace et nerveux, interprété par un groupe en très grande forme.

Working On The Road : Ca commence par une rythmique galopante, guitare qui cavalcade comme un cheval, riff parfait, et soudain, ça pète, la musique devient plus nerveuse, et toujours aussi bluesy et galopante. Le chant déboule. On notera, vers le début de la chanson (avant la fin de la première minute, vers la cinquantième seconde si je me souviens bien), un problème de bande, qui chaloupe un peu. C'est à la fois volontaire et involontaire : il y à bel et bien eu un bug pendant l'enregistrement, la bande a un peu sauté, mais ça a été conservé tel quel, pour le côté 'sincère' de l'album. Ca fait bizarre, et au départ, je croyais que c'était mon CD qui déconnait, mais non, c'est partout pareil ! Mis à part ça, une chanson juste grandiose que ce Working On The Road, une des plus réussies de l'album.

50,000 Miles Beneath My Brain : Morceau le plus long avec 7,35 minutes, 50,000 Miles Beneath My Brain est une déflagration sonique totale, une sorte de jam contrôlée avec solo de guitare démentiel et très long, interprétation sans failles, riff mortel, ambiance de feu... Avec cette chanson qui est la deuxième meilleure de Cricklewood Green, on est projeté dans l'espace, et dans un univers fabuleux et très rock, tout en conservant une touche assez bluesy. Un morceau infernal, grandiose, le sommet de cette première face. Génial. Malheureusement, le morceau suivant sera, lui, tout l'inverse...

Year 3,000 Blues : 2,15 minutes, et heureusement, car cette chanson folk est franchement mauvaise. Year 3,000 Blues fait un peu penser au 2000 Man des Stones (1967), en mille fois moins bon, pléonasme. Cette chanson achevant la face A est franchement minable, on s'ennuie totalement devant ce Year 3,000 Blues folk, mais un petit peu bluegrass quand même. Déjà que j'ai un petit peu de mal avec le chant d'Alvin Lee... je n'arrive tout simplement pas, ici, à le supporter. C'est tout juste si jene saute pas ce morceau quand j'écoute l'album !

Me And My Baby : Pas nul comme la précédente, mais Me And My Baby, qui ouvrait la face B, est une chanson qui ne m'a jamais vraiment plu. Chanson très jazzy, et même swing, c'est un morceau franchement trop long (un peu plus de 4 minutes) qui ne semble franchement pas avoir sa place sur cet album au demeurant très bluesy et rock, limite hard par moments. Musicalement, ce n'est pas mauvais, mais le côté jazzy et swing du morceau (alors que j'adore le jazz en règle général), ici, me gêne beaucoup. Ca ne correspond pas au groupe...Ca ne le fait pas trop, quoi !

Love Like A Man : Avec 7,15 minutes, Love Like A Man, morceau le plus connu de Cricklewood Green et un des plus emblématiques de Ten Years After, est le deuxième morceau le plus long de l'album. C'est aussi le meilleur. Oui, il est meilleur que 50,000 Miles Beneath My Brain ! Un morceau sensationnel, quasiment indescriptible, blues-rock foutralement efficace, doté d'un solo de guitare sensationnel, d'un sens du rythme imparable, d'un riff grandiose... Chanson exceptionnelle faisant partie des classiques du rock anglais (et du rock tout court), Love Like A Man est un monstre, tout simplement. Et après deux chansons soit nulles, soit moyennes, ça fait du bien !

Circles : Allumez les pétards, réunissez-vous en cercle, et écoutez ce Circles totalement space. Une chanson franchement sympa, et très psychédélique, on sent vraiment que les Ten Years After consommaient de l'herbe bizarre (voire autre chose) à l'époque. La mélodie à base de claviers, le chant assez léger et planant, tout concourt à faire de cette chanson le passage psychédélique/psychotrope de Cricklewood Green. Pas la meilleure chanson de l'album, mais tout de même très sympathique, Circles est amusante, légère et spatiarde. Largement différente de la chanson suivante et dernière.

As The Sun Still Burns Away : Monstrueux. Un riff apocalyptique, lourd, pesant, qui prend tout le morceau (lequel dure 4,40 minutes). As The Sun Still Burns Away est tout simplement une des meilleures chansons de l'album, un morceau tétanisant, du rock tenace et efficace, aussi nerveux que Sugar The Road ou Working On The Road. Une chanson juste parfaite, une de mes préférées de l'album, pas aussi quintessentielle que les deux longs titres de 7 minutes et quelques tout simplement parce qu'elle n'est pas aussi étendue, mais c'est probablement le troisième ou quatrième meilleur morceau ici. Et quelle manière d'achever le disque ! Génial.

 Cricklewood Green est donc un classique du blues-rock, un disque remarquable interprété de main de maître par un groupe de très grand talent. J'ai mis un peu de temps à me faire à la voix d'Alvin Lee (pour sa guitare, en revanche, ce fut immédiat, il faut avouer que ce mec est un titan du genre !), mais mis à part ça et une chanson assez moyenne pour moi (Year 3,000 Blues), rien à dire, ce disque est immense. J'adore, de plus, la pochette, comme je l'ai dit plus haut. Il y à un je-ne-sais-quoi que j'adore sur cette pochette, un petit côté 'homey' assez sympathique. Cette statuette militaire sans main, cet oiseau dans le cadre, cette photo de chat assez craquant... Une pochette remarquable ! Et un album qui l'est tout autant, donc.