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Pour ce nouveau Track-by-track, un disque sorti en 1979, troisième album de Blondie : Parallel Lines. L'album est un régal de pop/rock new-wave, menée de main de maître par un groupe ici au sommet, c'est leur meilleur album. De gauche à droite sur la pochette, on a Frank Infante (guitare), Chris Klein (guitare et mec de Debbie Harry), Jimmy Destri (claviers), Debbie Harry (chant), Clem Burke (batterie) et Nigel Harrison (basse et unique Anglais d'un groupe américain). Bénéficiant, sur un titre, de la participation du grand guitariste de King Crimson (alors splitté) Robert Fripp, Parallel Lines est un disque sensationnel offrant au groupe quelques vrais classiques, et deux tubes mondiaux et monstrueux que je ne citerai pas dans l'introduction, car vous les retrouverez plus bas, forcément. Ce disque, donc, le voici :

Hanging On The Telephone : Bruit de tonalité de téléphone, et puis... I'm in the phone booth, that's the one across the hall... et la musique explose. Hanging On The Telephone, un des tubes de Blondie, est une reprise ô combien remarquable d'une chanson des Nerves. Le clip de la chanson est remarquable, on y voit le groupe interpréter cette chanson dans un décor faisant furieusement penser à la pochette, bandes blanches et noires, parallèles. Une Debbie Harry totalement déchaînée, un Jimmy Destri se pendant littéralemet à un fil de téléphone (traduction du titre) tout en jouant... La chanson, qui offre aussi bien un solo de claviers très sympathique qu'un solo de guitare juste renversant (et trop court), est courte, 2,20 minutes, mais assurément une des plus grandes chansons non pas de l'album, mais du groupe. Enfin, de l'album aussi, par conséquent ! Don't leave me hanging on the telephone...

One Way Or Another : Chanson aujourd'hui assez connue, car une reprise sympa mais à cent coudées sous l'original sert de musique pour une publicité pour le...ketchup Heinz (sic). Chanson très rock s'ouvrant sur un riff de guitare franchement teigneux (limite punk, en fait...en fait, c'est même la chanson punk de l'album, et puis, Blondie est, avec les Talking Heads, un des groupes issus de la scène du CBGB's, un club ayant vu naître et se décelopper pas mal de groupes punks ou proto-punks), One Way Or Another est une chanson remarquable possédant encore une fois un très très bon solo de guitare et une interprétation bluffante de la part de Debbie Harry. Une de mes préférées de l'album. Une chanson bien rock, pas vraiment violente, mais certainement pas une ballade ! Rien à voir avec le futur tube disco/pop Call Me (qui est cependant excellent).

Picture This : Retour à un son plus pop avec Picture This, chanson très old school (Blondie fera pas mal de chansons de ce genre, aussi, comme Denis ou X-Offender, sur leurs précédents albums). Une chanson très sympathique, s'ouvrant sur un riff de guitare bien réussi. Encore une fois, le chant est parfait, et l'ambiance est ici assez rétro, volontairement. Le refrain est juste parfait, et j'ai toujours trouvé que la chanson Fleur De Ma Ville de Téléphone (1980) avait une mélodie qui ressemblait, pour le refrain, à celle de cette chanson (en plus lent) ! C'est pour l'anecdote à la con, et je ne pense pas que le groupe de 'Aubertignac' (ah ah ah) se soit inspiré de Blondie, mais la ressemblance m'a toujours fait un peu sourire (j'ai le chic, apparemment, pour trouver des similitudes là où il n'y en à apparemment pas vraiment...). Excellente chanson pop !

Fade Away (And Radiate) : J'ai dit plus haut que Robert Fripp jouait un peu de guitare en invité sur un titre. Hé bien, le titre en question, le voici, Fade Away (And Radiate), une chanson très étrange. C'est une pure chanson de new-wave, avec une ambiance franchement étonnante, un peu planante, et le moins que l'on puisse dire, c'est que l'alchimie entre les claviers de Destri, le chant aérien de Debbie et la guitare discrète et écorchée vive de Fripp est totale. On a même droit, dans le final, à un double solo de guitare (Fripp en fait un dans son style habituel, et l'autre guitare est vraisemblablement elle de Chris Stein, vu que Frank Infante était guitariste rythmique). La chanson, totalement space, est immense, une des meilleures de l'album, ma préférée avec Hanging On The Telephone et Heart Of Glass. Parfait.

Pretty Baby : Retour encore une fois au son pop un peu rétro avec ce Pretty Baby qui fait penser aux chansonnettes des années 60 style Ronettes. Avec quand même la touche Blondie. Une chanson qui ne fait pas partie de mes préférées de l'album mais est, il faut bien le dire, très très sympathique et agréable, plutôt réussie, une chanson pop qui éclate comme une bulle de champagne dans l'oreille de l'auditeur. Ce n'est pas très original, surtout que la chanson est coincée entre deux titres assez étonnants, mais c'est franchement très sympa !

I Know But I Don't Know : Achevant la face A, cette chanson est écrite en totalité par Frank Infante, qui signe d'ailleurs sa seule participation active à une chanson de l'album. I Know But I Don't Know, avec son titre assez con ('Je sais, mais je ne sais pas'), est une chanson new-wave assez robotique, interprétée en duo par Debbie Harry et, vraisemblablement, Infante (je dis que ça doit être Infante, car comme c'est sa chanson...). C'est répétitif, robotique dans le chant, mais vraiment très bien foutu, même si la chanson n'est pas un des sommets de l'album. Le riff est plutôt pas mal, la chanson est assez 'sombre' dans l'ensemble (en tout cas, pas joyeuse du tout), c'est une manière étonnante de finir la face A... Pas mal du tout !

11:59 : Ouverture fracassante pour la deuxième face, ce 11:59 assez rock, et même limite punk. It's eleven fifty-nine, and I want to stay alive... le groupe, sur cette chanson franchement remarquable, parvient à être aussi bien punk que pop, 11:59 est une chanson qui fait aussi bien penser aux classiques des années 60 qu'à une chanson punk. Un morceau qui fait partie de mes préférés de l'album, et sur lequel, encore une fois mais ça devient une habitude, Deborah Harry chante à merveille. Bref, tout est franchement excellent ici !

Will Anything Happen ? : Encore une chanson assez rock et énergique Will Anything Happen ? est, elle, presque du registre du hard-rock, et est encore plus nerveuse que ne l'étaient 11:59 ou One Way Or Another. Pas aussi exceptionnelle que ces deux chansons, c'est quand même un morceau très sympathique. Le refrain est un peu saoûlant à la longue, mais dans l'ensemble, c'est vraiment pas mal foutu ! Will Anything Happen ? est donc, comme Pretty Baby ou I Know But I Don't Know, une bonne chanson secondaire, très correcte, à écouter, mais pas un des sommets de Parallel Lines.

Sunday Girl : Un tube qui sortira en single et cartonnera, et qui sera utilisé (une reprise, pas l'originale), comme musique de publicité pour un parfum. Très récemment. Sunday Girl est une chanson bien rétro, très pop, une chansonnette hautement addictive faisant partie des classiques absolus de Blondie en général avec Call Me, In The Flesh, X-Offender, Heart Of Glass ou Atomic. Le genre de chanson que l'on prend toujours plaisir à écouter, même si on la connaît par coeur. Vraiment une charmante petite chanson pop !

Heart Of Glass : Et le tube monstrueux, la meilleure chanson de l'album (et la plus longue : la version de l'album culmine à 5,50 minutes, soit deux minutes de plus que la version single). Heart Of Glass, c'est un tube disco/pop/rock totalement réjouissant, une merveille absolue dotée d'un groove inoubliable, d'un chant parfait, d'un jeu de guitare tout simplement grandiose... Un tube monstrueux qui a traumatisé son époque, une chanson mythique, difficile pour moi d'en parler. Tout est parfait, ici...tout.

I'm Gonna Love You Too : Indéniablement le ratage de Parallel Lines, et je pèse mes mots. Heureusement que I'm Gonna Love You Too ne dure pas très longtemps, car cette chanson au rythme très pop rétro est vraiment insipide, et même irritante. Je sauve, ici, le chant de Debbie Harry, comme toujours très très bon, mais mis à part ça, cette chanson, qui a en plus une assez mauvaise place sur le disque (après un monstre absolu et en avant-dernière position), est franchement mauvaise, nulle même. Dommage, car sans cette chanson, l'album aurait été parfait... A noter que cette chanson est une reprise d'une vieille chanson des années 50.

Just Go Away : Un bon rock pour achever l'album, avec un riff bien efficace en ouverture. Après une chanson vraiment décevante, Just Go Away remet les pendules à l'heure pour un final dantesque, pop et chatoyant, avec une interprétation sans failles de la miss Harry et une ambiance un peu pop rétro, comme l'étaient Picture This ou Pretty Baby. Une chanson franchement réjouissante qui achève Parallel Lines sur une note très très réussie, et qui achève de faire de ce disque un essentiel pour tout fan de pop/rock ! Excellent, quoi !

 Au final, l'album est juste fantastique, tout au plus on notera une chanson franchement mauvaise en avant-dernière position, mais à part ça, rien à dire. Parallel Lines est vraiment un classique de la pop new-wave (genre alors naissant, ce n'est pas de la new-wave à la Alphaville ou Duran Duran ici). Le chant de Deborah Harry (un vrai sex symbol de son époque !) est toujours parfait, les musiciens assurent, les chansons sont remarquables et tour à tour rock, pop ou même disco. Dans l'ensemble, cet album est juste remarquable !