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Pour ce 149ème Track-by-track, un disque assez récent (sorti en 2009) et absolument superbe. C'est le dernier album d'Alice In Chains, et il est sorti 14 ans après le précédent album studio du groupe (qui était l'album éponyme de 1995, déjà abordé dans les Track-by-track, avec le chien à trois pattes en couverture). Ce nouvel album, avec un coeur humain dessiné avec détails en couverture, est le premier album du groue depuis la mort par overdose du chanteur Layne Staley en 2002. Le reste du groupe est là, guitariste Jerry Cantrell (qui chante beaucoup ici), bassiste Mike Inez, batteur Sean Kinney...et un nouveau chanteur (et guitariste), issu de la scène hardcore américaine, William DuVall, d'origine haïtienne. Ce nouvel album s'appelle Black Gives Way To Blue, et le voici :

All Secrets Known : Riff lourd et lent en intro, le son est crade, agressif, mais pas trop. A new beginning, just like before we died... Allusion évidente à la mort de Layne, lequel était l'âme d'Alice In Chains. L'ombre tutélaire de Layne Staley plane sur tout l'album. Jerry Cantrell chante sur ce titre, comme sur pas mal des chansons de l'album (William DuVall, le nouveau chanteur, se fait entendre sur l'album, mais c'est clairement Cantrell qui chante le plus), et e moins que l'on puisse dire, c'est que...j'adore sa voix, et qu'il chante superbement bien ! Une chanson remarquable, ce All Secrets Known, même si ce n'est pas la meilleure de l'album. Un album qui ne contient qu'une seule chanson au-dessous du niveau des 10 autres, et ce n'est certainement pas celle-là la fautive.

Check My Brain : Monstrueux. MONS-TRUEUX. C'est avec cette chanson que j'ai découvert ce nouvel album d'Alice In Chains, en l'écoutant sur le Net. Choc tellement monumental que je me suis rué sur le disque dès le lendemain, pour l'acheter, et je ne l'ai pas regretté depuis ! Check My Brain, qui sera utilisé comme single, est une chanson d'une bestialité et d'une force absolues. Dès l'intro, on est dedans : le riff, signé Cantrell, est monstrueux, agressif, saignant, tronçonneuse, doom. La voix de Cantrell, désincarnée, fait le reste. California, I'm fine, somebody's check my brain... Une chanson littéralement tueuse, qui laisse sur le carreau. Arrivé là, l'auditeur découvrant l'album se prend à espérer une suite de disque au moins aussi excellente. Qu'il soit rassuré !

Last Of My Kind : Chanson à peine moins brutale que la précédente, interprétée par William DuVall, Last Of My Kind est assez cinglante, refrain bien marquant et saisissant, et chant franchement remarquable. Une chanson qui, comme la majorité de celles de l'album, n'a pas à rougir face aux chansons des précédents (Dirt, Alice In Chains...) albums du groupe. Certes, Layne n'est plus là, et Layne reste ce qu'il est, mais c'est franchement excellent ! 

Your Decision : Troisième single de l'album, Your Decision est une splendeur assez douce, sobre, triste, marquante aussi. En fait, une de me sgrandes préférées de Black Gives Way To Blue, tout simplement, et je ne vois pas trop quoi dire ici à son sujet, sans que ça ne soit plein de clichés du style 'superbe', 'beau', 'fort'... Alors, ne m'e voulez pas si j'en reste là pour ce titre interprété par DuVall (du moins, il me semble)... Superbe !

A Looking In View : 7 minutes haletantes et en plusieurs rythmes, alternance parfaite entre calme (avant la tempête) et violence. Ecrite par le groupe au complet, DuVall inclus, A Looking In View servira de single pour promouvoir l'album, et ça sera même le premier des quatre singles sortis de Black Gives Way To Blue, il sortira le 30 juin 2009 (il y à deux ans jour pour jour !). Pour l'album, il est sorti en fin septembre de la même année, après qu'un autre single, Check My Brain, soit sorti, pour gérer l'attente (qui fut difficile à contenir pour les fans). Bien que parfois contestée, sujette à polémique, cette chanson est juste admirable, une des meilleures de l'album.

When The Sun Rose Again : Chanson acoustique de toute beauté qui n'est pas sans rappeler les passages acoustiques de Heaven Beside You (1995). Chantée en duo par Cantrell et DuVall, mais on entend plus la voix du premier que du deuxième, When The Sun Rose Again est une merveille tristounette et admirable qu'il faut écouter plusieurs fois pour bien s'en imprégner. En concert, on imagine bien les deux chanteurs assis sur des tabourets avec guitare sèche, au ras de la scène, ambiance intimiste oblige. Une superbe chanson, une des meilleures de l'album en fait. Et, coincée entre deux monstres, elle sert de pause bien méritée.

Acid Bubble : 7 minutes intenses et fantastiques, pour lesquelles il n'y à pas grand chose à dire, au final. De même que A Looking In View (qui est également une longue chanson), Acid Bubble, qui a la préférence des fans au détriment de l'autre, le plus souvent, est une chanson fantastique, en plusieurs temps, alternant entre brutalité et calme. Vraiment, je ne vois pas quoi dire d'autre, si ce n'est qu'encore une fois, Jerry Cantrell chante superbement bien ici, des paroles très sombres dans la plus pure tradition grunge. Bref, du très très grand art !

Lesson Learned : La voilà, la chanson la moins réussie de l'album. 4,15 minutes pas vraiment folichonnes, on s'ennuie pas mal à l'écouter, ce Lesson Learned sans grande originalité, et qui plus est, placé juste après un sommet absolu (Acid Bubble). Lesson Learned est cependant sorti en single, en juin 2010, c'est le dernier single issu de l'album (après A Looking In View, Check My Brain et Your Decision), et si le fait de sortir en single ces trois chansons semblait évident, je trouve assez incongru d'avoir choisi cette chanson fadasse pour le quatrième single. Private Hell ou When The Sun Rose Again auraient été plus appropriés...

Take Her Out : Après un Lesson Learned bien décevant, Take Her Out, dans un premier temps, déçoit. Mais, après quelques écoutes, l'évidence se fait, si cette 9ème chanson n'est pas aussi quintessentielle que la majorité des précédentes, et que les deux suivantes, elle n'en demeure pas moins très efficace, surtout dans son refrain, un peu pop (les voix cumulées de Cantrell et DuVall) mais très retenable et remarquable. Take Her Out est, au final, une petite chanson bien sympathique. L'ombre de Layne plane bien sur les parties vocales, ici encore.

Private Hell : Mon morceau préféré de Black Gives Way To Blue, tout simplement. 5,30 minutes grandioses, qui démarrent lentement, mais le refrain est tellement puissant, tellement magistral, qu'on en oublie les couplets un petit peu lents parfois (encore une fois, on sent l'âme de Staley ici). La voix de Jerr Cantrell, mon Dieu ! Sur les refrains, il est en forme olympique, sa voix rugit avec une force absolue et désespérée... Private Hell est, au final, un des très grands sommets de l'album, et même d'Alice In Chains, pourquoi pas. En tout cas, avec Grind, Would ?, Rain When I Die et Over Now, c'est dans mon Top 5 des chansons du groupe, et pas en cinquième, mais plutôt en troisième, derrière Grind et Would ?, pour tout dire !

Black Gives Way To Blue : Court (3 minutes) mais intense et magique final, qui donne son titre à l'album comme il se doit. Black Gives Way To Blue commence immédiatement après la fin de Private Hell, sans vraiepause, et c'est une chanson douce, triste, qui fait allusion à Layne Staley, et est interprétée par Cantrell. On notera la participation remarquable, remarquée, au piano, d'Elton John. Assez étonnant de se dire qu'un artiste tel qu'Elton John (on ne le dira jamais assez, mais quel pianiste !!) participe à une chanson d'un album aussi violent (même si la chanson, elle, n'est pas violente, elle est assez acoustique et mélancolique, triste et touchante) ! Une sublime manière de finir ce grand album.

Bref, ce disque plutôt court (seulement une cinquantaine de minutes, c'est assez peu quand on sait qu'un CD peut faire 29 minute de plus au maximum de sa capacité de contenance) est, mis à part une chanson, franchement remarquable. Même, si le disque est très appréciable à sa première écoute, il devient de plus en plus remarquable au fur et à mesure qu'on le glisse dans le lecteur CD. Il devient de plus en plus fantastique, touchant (certaines chansons parlent de sujets durs, on sent évidemment le manque profond et cruel depuis la mort de Staley en 2002), marquant. Au final, Black Gives Way To Blue est un des albums majeurs de 2009 (avec le Them Crooked Vultures éponyme) et un très grand disque d'AIC et de grunge, genre quasiment ressuscité ici.