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Nouveau Track-by-track, et pour ce faire, un album qui, je le sais, fait partie des chéris des amateurs de hard-rock (et de rock). Sorti en 1972, enregistré dans des conditions pas possible, c'est un des classiques du genre et de Deep Purple, et même si je ne peux m'empêcher de le trouver un peu surestimé, je l'adore quand même. Cet album, c'est Machine Head, qui fut enregistré dans les couloirs et suites du Grand Hôtel de Montreux, alors que le groupe devait faire ce disque au Casino de la même ville (mais un incendie fera que ça ne sera pas possible). C'est un disque mythique, que voici, morceau par morceau, et il y en à 7, des morceaux :

Highway Star : 6 minutes imparables pour ouvrir l'album sur les chapeaux de roue. Highway Star (qui ouvre aussi Made In Japan) est une pépite absolue, un morceau infernal et culte qui, malgré des paroles assez connes (pleines de clichés), est une réussite totale, du riff vrombissant comme une bagnole lancée à vive allure au chant, parfait, du grand Ian Gillan. En guise d'ouverture à Machine Head, cette chanson assure totalement, et elle fait même partie des chansons intouchables du groupe. Désolé pour ce paragraphe nettement plus court que les autres, mais là je ne vois pas quoi dire : Highway Star est grandiose, voilà tout !

Maybe I'm A Leo : 5 minutes de bonheur, une chanson assez bluesy, tempo plutôt lent (mais pas longuet). Maybe I'm A Leo ne fait pas partie des chansons les plus connues de Deep Purple, et c'est bien dommage, car c'est, en tout cas, une de mes grandes préférées du groupe, avec Child In Time. Franchement remarquable, la chanson, comme le Capricorn de Motörhead, deale avec les signes du Zodiaque, apparemment, le chanteur serait du signe du Lion (j'avoue ne pas avoir vérifié), ou alors, c'est juste pour le texte de la chanson. Le rythme est parfait, plus posé que pour Highway Star (que pour le reste de l'album, en fait), Blackmore nous offre un remarquable solo de guitare. Bref, pour moi, clairement un des sommets de l'album, malgré son statut un peu confidentiel, connu des fans de l'album et du groupe, mais pas du grand public - dommage.

Pictures Of Home : Encore 5 minutes assez ébouriffantes, mais nettement plus rythmées que Maybe I'm A Leo. Chanson préférée, sur l'album, du claviériste Jon Lord, Pictures Of Home est assez remarquable, et dotée d'un riff assez vibrant, vrombissant, galopant, du meilleur Blackmore. Unique chanson jamais jouée live du temps de Blackmore, qui a toujours refusé de la faire (pourquoi ? Je ne sais pas), et une chanson qui parle du sentiment de quelqu'un loin de chez lui, solitude, paranoïa, mélancolie... Depuis 1994, le groupe, au gré de ses concerts, joue souvent cette chanson ; il faut dire que Blackmore a définitivement quitté le Pourpre en 1994... Bref, très très bonne chanson.

Never Before : Comme dit dans le livret CD (celui de la réédition de 1997, faite pour les 25 ans de l'album, et comprenant deux disques, un pour l'album de base avec des bonus-tracks, et un pour l'album totalement remixé, et avec livret fait en papier glacé), Never Before sortira en single, avec When A Blind Man Cries en face B (cette dernière chanson n'est pas sur l'album - mais se trouve dans les bonus-tracks - et c'est domage, car elle est sublimissime). Et si Machine Head cartonnera comme aucun album du Pourpre jusque là, Never Before, lui, en single, se ramassera une pile monumentale, un flop absolu, le plus gros flop de leur carrière ! Cette chanson achève la première face sur une note assez décevante, il faut bien le dire, même si ce n'est pas catastrophique. Mais c'est certainement la moins bonne des 7 de l'album, une des deux que j'aime nettement moins que le reste.

Smoke On The Water : Que dire face à un tel riff ? Ta-ta-ta ta-ta-ta-ta ta-ta-ta ta-ta-taaaaaa... Il y à beaucoup de choses à dire, en fait, concernant Smoke On The Water. Un des hymnes du hard-rock, la chanson la plus connue du groupe, celle que tout le monde cite en priorité, et si je vous disait que j'ai acheté Machine Head, il y à longtemps, pour autre chose que pour cette chanson, vous ne me croiriez pas. En effet, j'ai acheté l'album, à la base, pour cette chanson (détestant les best-ofs, que je trouve sans âme, et ne sachant pas si Deep Purple en possède un, je ne voulais pas acheter une compilation, mais l'album avec cette chanson dessus), et j'ai donc découvert (et adoré, sauf une ou deux chansons) le reste en même temps. La chanson est mythique, solo d'enfer, riff de malade, chant parfait, mais ce sont les paroles qui sont le plus remarquables, chose rare pour une chanson de hard-rock de ce genre. Le groupe devait faire l'album au Casino de Montreux. En arrivant, ils découvrent que Frank Zappa & The Mothers (période Flo & Eddie) s'y trouvent, doivent y faire un concert. Le groupe y assiste. Pendant le concert, un connard dans le public tire avec un flare-gun (pistolet d'alarme, tirant des fusées de détresse), foutant le feu. Bilan, aucun mort, mais Zappa et son groupe ont paumé une grande partie de leur matos (1971, année de l'incendie, est l'année noire de Zappa), et le Casino est en ruines. Le groupe, le lendemain, aperçevant de la fumée noire tombant sur les eaux du lac de Genève (nommé lac Léman en France, Montreux est au bord du lac, le Casino de Montreux aussi), a l'idée de la chanson. La chanson parle de cet incident et du fait qu'ensuite, le groupe a enregistré l'album au Grand Hôtel de Montreux, dans les couloirs !

Lazy : Chanson la plus longue de l'album (7,20 minutes), Lazy aurait pu être totalement instrumentale, le chant de Ian Gillan ne survenant qu'assez tardivement dans le morceau. Lazy est une chanson assez réussie, bien qu'un peu longue, et je trouve la première partie, instrumentale, meilleure que la deuxième. C'est assez bluesy et, dans ce registre, franchement bien foutu (riff efficace de Blackmore, rythmique basse/batterie franchement imparable, et un Jon Lord en forme aux claviers), mais dès que Gillan se met à chanter, la chanson, tout en restant plus que correcte, devient nettement moins marquante. Comme si les paroles étaient en trop, comme si le groupe avait prévu de faire un instrumental à la base et aurait changé d'avis en cours de route, un peu trop tardivement. En live, ce morceau fonctionne parfaitement, il faut dire que ça fait un peu 'morceau d'improvisations'.

Space Truckin' : Bon, allez, je vais choquer quelques fans, mais j'ai toujours détesté Space Truckin' (imaginez ma douleur quand, découvrant Made In Japan, leur immense live de 1972, j'ai remarqué que non seulement Space Truckin' s'y trouvait, mais qu'en plus, c'était le morceau le plus long du live avec quasiment 20 minutes... ce jour-là, j'ai hurlé si fort que j'en ai réveillé deux Croates et un Australien qui dormaient encore, malgré le décalage horaire entre la Croatie et l'Australie). Heureusement pas aussi longue ici (elle fait 4,30 minutes ici), cette chanson m'est quand même assez insupportable. Je ne sais pas pourquoi, mais ça a toujours été le cas, dès la première écoute, et sans exception. Paroles stupides (le groupe lui-même, dans les notes de pochette du CD, l'avoue), chant poussif, musique idem, excepté le riff qui est pas mal, mais bon... En gros, je déteste cette chanson, et, donc, je trouve que l'album se finit mal. Et en ce qui concerne Made In Japan, je ne le compte pas comme le plus grand live au monde ne serait-ce que parce qu'il contient 20 minutes de cette chanson (même si cette version live contient des improvisations plus que la chanson).

 Au final, que dire sur Machine Head ? Enregistré dans la douleur (enfin, disons, dans des conditions rocambolesques absolument pas prévues, heureusement que le groupe s'était fait prêter le fameux Mobile Studio des Rolling Stones), ce disque court (37 minutes) est un des classiques du hard-rock. Cependant, malgré son statut culte, ce disque est un peu comme Highway To Hell pour AC/DC, c'est à dire, un peu surestimé, contenant franchement d'immenses titres, mais aussi un ou deux qui sont très moyens. Dans la discographie des Purples, Machine Head a une bonne place, loin devant Who Do We Think We Are, Fireball ou Stormbringer, mais derrière In Rock, qui reste LE sommet du groupe. C'est quand même un disque culte, et un très très très très bon disque de hard-rock, à écouter et à posséder impérativement si on aime le rock.