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Attention, disque important et immense pour ce nouveau Track-by-track : Led Zeppelin II, surnommé "The Brown Bomber" (rapport à la pochette), deuxième album de Led Zeppelin, sorti en 1969 (en fin d'année), soit quelques mois à peine après le premir album éponyme datant du début de 1969 ! Ce deuxième disque a quasiment crée le hard-rock pur et dur à lui tout seul. Le premier opus était encore très bluesy, ce deuxième est vraiment heavy. ll a été enregistré, de plus, dans des conditions difficiles, le groupe était en tournée américaine, sa première, et a enregistré sur la route, dans différents studios (y compris à Londres). En résulte un album brutal, vif, qui possède la prise de son, la production, la moins exceptionnelle de la discographie studio du groupe (mais ce n'est pas catastrophique). Ce disque, en 41 minutes, le voici :

 Whole Lotta Love : 5,30 admirables, même si le morceau vampirise un peu trop le reste de l'album. Faut dire ce qui est, Whole Lotta Love fait partie des morceaux anthologiques et ultra connus du Zep',  c'est un monstre sacré au même titre que Stairway To Heaven ou Immigrant Song, inutile d'imaginer un best-of du groupe sans cette chanson (sans ces chansons). Inspirée par Willie Dixon, cette chanson anthologique est donc une tuerie, avec son passage spatiard central, les cris de jouissance de Plant (Looooooooooooooooooooove !!!!!!!), le riff de malade en intro... N'empêche, elle n'a jamais été ma préférée de l'album, parce que trop connue, trop évidente. D'ailleurs, ce n'est pas pour rien qu'elle ouvre l'album ! Bref, c'est immense, certes, mais je préfère la majeure partie de l'album !

What Is And What Should Never Be : Autre classique présent sur tous les best-ofs du groupe, ce What Is And What Should Never Be immense qui démarre doucement, et se finit en fanfare (les refrains sont assez vifs aussi). L'histoire d'un homme dans la force de l'âge amoureux d'une jeune femme nettement, mais nettement plus jeune que lui, non, ce n'est pas de la pédophilie, mais c'est vraiment une chanson sur un amour avec un grand écart d'âge ! Sublime, avec un solo de guitare juste parfait, sensuel, subtil, et en même temps, très rock. Un grand classique du groupe, j'adore !

The Lemon Song : Du pur blues-rock à la You Shook Me. 6,20 minutes (morceau le plus long) absolument sexuelles, avec paroles bien explicites (Squeeze my lemon 'til the juice ran down my leg : 'Presse mon citron juqu'à ce que le jus coule le long de ma jambe'), groupe en super forme, Plant en furie, ambiance parfaite... Le morceau le plus bluesy de 'album, celui qui ressemble le plus aux morceaux du premier album éponyme, qui aurait très bien pu s'y trouver. Dans le genre, c'est un énorme classique, une réussite absolue.

Thank You : Une petite douceur pour achever la face A. Thank You est une pure merveille qui me fera toujours picoter les yeux, le refrain est juste sublime, le final à base d'orgue (John Paul Jones), et à rallonge, est d'une pure beauté, et le chant de Plant est inimaginablement beau et tendre, doux comme une petite pluie d'été (Little drops of rain...). A noter que cette chanson utilise une métaphore utilisée déjà dans le If 6 Was 9 du Jimi Hendrix Experience, le coup des montagnes dans la mer (If mountains crumble to the sea)... Une grande chanson, ma préférée de l'album.

Heartbreaker : Un bon gros hard-rock qui bute, parfait pour ouvrir la face B. On notera une différence notable de son entre le solo de guitare (immortel) et le reste du morceau. Déjà, il y à une coupure nette, mais le son est plus aigu. Normal, les deux parties de la chanson, un classique absolu du groupe en live, n'ont pas été enregistrées dans le même studio. Ni avec la même guitare. Se fondant dans le morceau suivant, Heartbreaker est une tuerie absolue, un morceau sexuel, brutal, efficace comme un coup de boule, emblématique du groupe.

Living Loving Maid (She's Just A Woman) : La chanson la moins réussie de l'album, autant le dire. La plus courte, aussi, avec 2,45 minutes au compteur. C'est typiquement le genre de chanson à propos de laquelle on ne peut pas dire grand chose : rythme assez vif, bon riff, paroles débiles sur une groupie, chanson au final assez insignifiante, sympathique mais répétitive, et franchement mineure... Ca passe tout seul, mais c'est largement en-dessous du niveau des autres titres !

Ramble On : Chanson acoustique en grande partie, et qui s'inspire du roman Le Seigneur Des Anneaux de Tolkien (allusion à Gollum, au Mordor...). Et dont le titre signifie 'à l'aventure, en route'. Ramble On est une superbe petite chanson, à prédominance acoustique mais dont le refrain est électrique. Une de mes préférées de l'album, tout simplement, et Plant est en très grande forme ici. Sublime.

Moby Dick : Instrumental remarquable qui dure ici 4,20 minutes (comme le morceau précédent et comme le suivant !) mais qui sera, en live, souvent rallongé pour atteindre 15, 20, 25 ou 30 minutes, ça dépend des fois (il sera même renommé Over The Top parfois). Mis à part une intro et une conclusion très heavy où le groupe joue tous ensemble, Moby Dick est essentiellement un solo de batterie...sur lequel Bonham joue en grande partie de ses poings nus sur la peau de ses tambours ! Vous dire la force de frappe de ce mec, un des meilleurs batteurs qui aient existé... Sinon, en tant que tel, si les versions live sont parfois (souvent !) chiantes car trop longues, ici, en studio, c'est vraiment bonnard.

Bring It On Home : Un morceau plutôt sympathique et réussi, surtout dans son passage rock, car le début et la fin du morceau, en forme de pastiche bluegrass, sont plutôt ennuyeux(ses). Pour certains, Bring It On Home est un point faible pour l'album, et pour d'autres, c'est juste un bon morceau, pas anthologique, mais sûrement pas mauvais. Je pense comme ces derniers. Si les passages bluegrass sont moyens, le passage rock central est franchement remarquable (excellentissime riff, Plant en forme, batterie de la mort, basse idem). Dans l'ensemble, dommage que ce morceau termine le disque, et surtout, dommage qu'il soit un peu inégal. Bon, rien de grave, mais tout de même.

 Bref, ce "Brown Bomber" est un remarquable album de hard-rock. Une chanson anecdotique, et une autre qui a le malheur d'être un peu ennuyeuse par moments (et, de plus, qui achève l'album), mais au final, un disque puissant, monstrueux, heavy, un disque qui pose définitivement les bases de la machinerie Led Zeppelin. Une bombe absolue sortie sous une pochette que j'aime beaucoup, montrant les cinq Led Zep entourés de pilotes. Led Zeppelin II est donc un des meilleurs du groupe, et il sera suivi, un an plus tard, par un troisième album radicalement différent, mais ça, j'en reparle très bientôt !