77

Pour ce nouveau Track-by-track, un sommet de hard-rock, genre alors naissant, et dont ce disque est par ailleurs un des tous premiers exemples. Il s'agit bien entendu du premier album, éponyme et sorti en 1969, de Led Zeppelin. Sorti sous une pochette fracassante et non truquée montrant le dirigeable Hidenburg se crasher lors de sa traversée de l'Atlantique, ce premier album, en 44 minutes, offre 9 titres tour à tour bluesy, violents ou acoustiques, c'est selon. Il y en à pour tous les goûts ! Certains des morceaux sont des reprises (parfois non autorisées, le groupe aura quelques soucis juridiques à cause de ça, par la suite), d'autres sont des originaux. Tous sont immenses, et ces morceaux, les voici :

Good Times, Bad Times : Un petit morceau court (2,45 minutes) pour commencer, qui sortira en single, Good Times, Bad Times. Une réussite dans le genre pop/hard, un morceau très efficace, nerveux, mais bénéficiant d'un son très pop, accessible au plus grand nombre. Certes, pour 1969, ça faisait assez heavy, mais moins que d'autres chansons de l'album. Chant parfait, solo de guitare remarquable, cette chanson qui a tout d'une grande a crée la légende zeppelinienne. Immanquable.

Babe, I'm Gonna Leave You : Crédité, sur la pochette vinyle, comme un morceau traditionnel réarrangé par Jimmy Page (guitare), Babe, I'm Gonna Leave You est en réalité un morceau signé Anne Bredon, et qui fut réarrangé par Page et Robert Plant (chant). C'est le seul crédit d'auteur de Plant sur l'album, et il n'était pas crédité sur le vinyle ! Mis à part ça, ce morceau, long (6,40 minutes), est immense. Un blues déchirant, partant souvent dans la furie hard-rock, avec un Plant au sommet de son art. Difficile de parler d'un tel triomphe. Faut juste écouter !

You Shook Me : Encore un morceau assez long, avec 6,30 minutes, et le suivant aussi fera cette durée. You Shook Me, reprise de Willie Dixon, est l'occasion, pour le groupe, de prouver qu'en terme de pur blues (bien que fortement électrique), ils savent y faire. Un duel insensé entre la guitare de Page et la voix de Plant, c'est à qui, dans le grandiose final, ira le plus haut dans les aigus (pas sûr que Page ait gagné, au final...). Un chant du tonnerre de Zeus, une rythmique parfaite, encore une fois, c'est immense !

Dazed And Confused : Classique des classiques pour achever la face A, même si ce morceau, qui fera l'objet de marathons en live (20, 25, 30 minutes, sans doute même plus encore des fois !), n'a jamais fait partie de mes préférés du groupe. Mais Dazed And Confused reste immense, cultissime, et je préfère amplement cette version studio à n'importe laquelle des (souvent) épouvantablement longues versions live. On a déjà, ici, le fameux passage psychédélique sur lequel Page utilise un archet de violoncelle (en tout cas, un archet) sur sa guitare. On a déjà tout, ici, et ce morceau, cultissime, est un sommet de plus pour l'album.

Your Time Is Gonna Come : Ouverture de la face B avec la chanson la plus pop et soft de l'album, Your Time Is Gonna Come, sur laquelle tout le monde chante dans les choeurs. Une jolie partition d'orgue, une chanson bien sympathique et tendre, un peu à part par rapport au reste de l'album, et probablement pas la meilleure de l'album non plus, ni ma préférée... Oui, c'est celle que j'aime le moins, j'ose le dire ! Mais je l'aime quand même beaucoup, et c'est franchement une très jolie petite chanson, qui se fond littéralement dans la suivante, laquelle est...

Black Mountain Side : ... un instrumental, Black Mountain Side. Morceau court, très oriental, bénéficiant de la participation d'un certain Viram Jasani aux tabla drums. C'est un morceau acoustique de toute beauté qui, en seulement 2 minutes, offre une atmosphère incomparable, orientale, arabe. Led Zeppelin savait bien faire tripper avec des rythmes violents et trépidants, mais le groupe savait aussi créer ce genre de petits morceaux acoustiques, et ici, c'est une réussite absolue dans le genre.

Communication Breakdown : Sortie en single (face B du single Good Times, Bad Times, en fait), Communication Breakdown est une chanson courte, encore une (même pas 2,30 minutes) et très heavy, très nerveuse. Classique absolu des concerts du groupe, c'est la chanson la plus violente de l'album (d'autres sont assez violentes, mais aussi très bluesy, et celle-ci, c'est du pur hard-rock, sans connotations blues), la plus radicale. Pas ma préférée, mais c'est du lourd, du teigneux, du culte aussi, et inutile de dire que c'est un classique absolu qu'il faut à tout prix connaître par coeur !

I Can't Quit You Baby : Reprise de Willie Dixon, la deuxième de l'album, et un classique absolu de plus pour le Dirigeable de Plomb (traduction du nom du groupe, mais vous le saviez déjà, non ?). Que dire ? C'est efficace à 1000%, un sommet de fureur hard-rock, avec de belles teintes de blues, Robert Plant qui chante comme un damné (en live, ça sera encore plus fort ; voir la version live présente sur l'album de chutes de studio CODA de 1982, lequel est très médiocre en général mais la version live qui s'y trouve et date de 1970 est immense, elle). Dans l'ensemble, c'est vraiment une totale réussite de plus pour un album décidément parfait !

How Many More Times : Et là, on touche au sublime. En 8,28 minutes (étonnant, mais sur le vinyle, c'était crédité à... 3,30 minutes !! Une erreur, évidemment, et d'autres crédits de durée de titres sont également erronés, comme Your Time Is Gonna Come à qui on a rajouté 30 secondes de temps). Mon morceau préféré de l'album, en partie parce que le plus long, et en partie aussi (et surtout) parce que c'est le meilleur, tout simplement. Vous dire, le passage, vers la fin, où Plant glapit 'Cause I got you in the sight...of my...guuuuuuuuuuuuuuuuun est juste puissant, inoubliable, grandiose, la voix de Plant, sur ce passage, est parfaite. Riff de la mort, breaks haletants, rythmique de malade, chant de malade, durée parfaite, ambiance bluesy, ce chef d'oeuvre de hard-rock est un des meilleurs moments de la carrière du groupe. Ite missa est.

Dans l'ensemble, Led Zeppelin est une tuerie absolue, un disque fantastique, trépidant, rempli de classiques, et dont le succès sera tel qu'il propulsera littéralement le groupe au sommet. Plus tard dans la même année 1969, le groupe enregistrera (difficilement, car pendant une tournée américaine, dans plusieurs studios) et sortira un Led Zeppelin II encore plus heavy, que j'aborderai ici prochaînement dans cette même catégorie.  n attendant, ce premier album est une bombe !