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Pour ce nouveau Track-by-track, un disque sorti en 1986, le sommet d'un groupe culte de la scène pop/rock anglaise des année 80, j'ai nommé The Queen Is Dead, des Smiths. Sur la pochette, Alain Delon, dans une scène du film L'Insoumis d'Alain Cavalier (1964). Dans la pochette, 10 chansons dont une grande partie sont absolument intouchables, inoubliables, parfaites (mais il y à une ou deux chansons qui, elles, ne sont pas terribles du tout). Autant le dire tout de suite, j'ai commencé par ne pas l'aimer ce disque, sauf pour trois chansons. Puis, progressivement, d'autres chansons m'ont plu, et, au final, ce disque, je le trouve franchement réussi ! Je n'aime pas les Smiths, sauf ce disque vraiment excellent, et que voici détaillé :

The Queen Is Dead : La chanson la plus longue de l'album avec 6,20 minutes, et c'est aussi une des plus réussies. The Queen Is Dead, qui démarre par une voix de femme chantant un air traditionnel (Take me down to dear Od Blighty...) pendant une vingtaine de secondes, est une chanson monstrueuse qui critique vertement (mais avec un humour corrosif) les fastes de la royauté britannique. Qui aime bien châtie bien ? Je ne sais pas si Morrissey aime la royauté britannique, mais si c'est le cas, le proverbe ne ment pas ! On y parles de Charles apparaissant dans le Daily Mail dans la robe de mariée de sa royale mère... ça n'est jamais arrivé, évidemment, mais rien qu'à imaginer le Dumbo royal dans une robe de mariée, l'envie me prend de rire !!! Musicalement, c'est bluffant, notamment ce long solo de guitare final de Johnny Marr et cette batterie, la vache... Morrissey en fait parfois des tonnes (ses vocalises), mais est en forme. Une grande chanson cynique et pop !

Frankly, Mister Shankly : Chanson courte (dans les 2,20 minutes) permettant aux Smiths de tailler un costard bien sanglant à leur manager (qui ne s'appelle pas Shankly, ceci dit), un peu comme Queen l'avait fait avec Death On Two Legs en 1975, mais ici, en moin violent (musicalement, et au niveau du texte). Règlement de comptes, et chanson très sympathique, mais pas aussi quintessentielle que les deux qui la sandwiche sur l'album. C'est sympa, rigolo, musicalement réussi (beau passage instrumental), et Morrissey qui en fait, comme à son habitude, trop, mais certains l'aiment comme ça.

I Know It's Over : Deuxième chanson la plus longue de l'album avec 5,30 minutes, I Know It's Over est juste une tuerie mélancolique, mélodique au possible, avec un Morrissey au sommet de son art (pour une fois, je ne trouve pas qu'il en fait trop ; son exubérance vocale est ici tout à fait de mise !). Cette chanson fait partie des plus grandes de l'histoire de la pop britannique, ni plus, ni moins, c'est un vrai feu d'artifice de sensations, d'émotions, une montée en puissance inouïe. GRANDIOSE !!!

Never Had No One Ever : A regarder dans le livret, on peut penser que la chanson sera courte, car elle possède très peu de paroles (6 ou 7 lignes à tout casser). Hé bien, pas du tout ! Never Had No One Ever fait dans les 4 minutes, et est très longuette. C'est un des maillons faibles de l'album, même si, musicalement, c'est largement supérieur à Vicar In A Tutu. Mais qu'est-ce que c'est loooooong... Interminable. Une chanson pas nulle, juste moyenne, et qui aurait été supérieure si elle n'avait duré que 2 minutes, soit la moitié de sa durée.

Cemetery Gates : Belle petite chanson achevant à la perfection une très efficace face A. Avec ses allusions à Hawthorne, Keats et Yates (poètes et écrivains britanniques), Cemetery Gates est une ballade qui, sous des aspects un petit peu sinistres (le narrateur se ballade aux alentours d'un petit cimetière, ça fait très romantique dans le sens gothique, tout ça) est en fait une bluette très douce, tendre, légère comme une bulle de savon, musicalement sublime. Une grande chanson de plus sur l'album, une de mes préférées.

Bigmouth Strikes Again : Un tube, si on peut dire, pour ouvrir la face B (qui me plaît moins que la A, mais contient quand même deux chefs d'oeuvre). Bigmouth Strikes Again est une chanson énergique, très pop/new-wave, assez sympathique, mais pas aussi grandiose que les classiques de l'album, il faut bien le dire (du moins, c'est mon avis. Le refrain est sympa, la musique est excellente, mais sur le disque, bien que cette chanson ne soit pas moyenne, il y à quand même mieux.

The Boy With The Thorn In His Side : Intro magnifique à base de guitare, le genre de mélodie qui rend immédiatement et irrésistiblement accro à ce qui suit. Si le chant de Morrissey, encore, est borderline, il en fait trop (et regardez le clip, ses expressions faciales, sa gestuelle, ça fait vraiment, désolé si je vais choquer, homosexuel efféminé en goguette - je le précise, je ne suis pas homophobe du tout, n'allez rien vous imaginer, les mecs...), musicalement, cette chanson est juste sublime. Comme d'autres de l'album, elle sortira en single. Elle fait partie des meubles, quand on parle de chanson pop/rock anglaise des années 80. Magnifique !!

Vicar In A Tutu : Argh... Indéniablement un ratage, en tout cas, selon moi. Heureusement, Vicar In A Tutu est la chanson la plus courte de l'album (2,15 minutes), car elle est insupportable ! Enfin, je ne sais pas pour vous, mais elle m'est insupportable ! La voix de Morrissey (qui en fait VRAIMENT des kilotonnes ici), les paroles stupides qui parlent (traduction libre des paroles) d'un vicaire en tutu, et, non, ce n'est pas étrange, il aime juste vivre sa vie de cette façon... La musique faussement country (c'est raté)... Quelle horreur !!!

There Is A Light That Never Goes Out : Sommet absolu. Une chanson triste comme une victoire du FN en 2012 (ah ah ah), qui parle de la mort, de suicide... Si Morrissey en fait des quintaux ici (à un point tel que ça en devient parfois difficilement supportable), There Is A Light That Never Goes Out est une splendeur touchante et musicalement proche de la perfection, entre des claviers entêtants et magnifiques et des paroles tristes mais sublimes. Un joyau.

Some Girls Are Bigger Than Others : La chanson la plus new-wave de l'album, avec ses synthés omniprésents créant des nappes de son bien tendance, et son chant saccadé de Morrissey (c'est une des chansons sur lesquelles le chanteur en fait un peu moins que de coutume). Loin d'être une de mes préférées de l'album, Some Girls Are Bigger Than Others est quand même sympathique, un peu énervante (car vraiment redondante), mais il y à vraiment pire sur l'album, on l'a vu ! Dans l'ensemble, cette chanson achève bien le disque, mais semble mineure si on la compare avec la précédente.

 Au final, donc, quelques chansons pas terribles pour un nombre assez imposant de merveilles, voilà de quoi faire de ce disque court (37 minutes) une belle réussite pop/rock ! Seule ombre au tableau me concernant, je n'aime pas trop la voix de Morrissey (idole gay absolue, par ailleurs), qui en fait parfois des tonnes dans le registre 'ooooh mon Dieuuuuuu'/préciosité. Je ne dis pas qu'il chante mal, mais sa voix, parfois, m'ennuie. Pas tout le temps, mais parfois. Et physiquement, je ne peux pas le blairer, en plus, ah ah ah ! Sinon, musiciens en forme, chansons qui sont quasiment toutes intouchables et sensationnelles, paroles bluffantes la majeure partie du temps, ce disque dont le titre est plus une allusion à un des passages/chapitres du roman Last Exit To Broklyn de Selby (passage qu parle d'un travelo obèse...) qu'une critique de la royauté britannique (pour la chanson-titre, je ne dis pas...) est, donc, (quasiment) fantastique !