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Pour ce nouveau (et 105ème) Track-by-track, le premier depuis une semaine au cours de laquelle j'ai eu des soucis informatiques et n'ai donc pas pu être présent, j'ai choisi un immense disque de rock californien, sorti en 1975, One Of These Nights, lequel est le quatrième album studio (et tout court) des Eagles. C'est le dernier album du groupe avec le banjotiste (et chanteur occasionnel) Bernie Leadon, membre originel du groupe, qui quittera les Eagles peu après (il ne vivra pas le succès monstrueux de leur album suivant, Hotel California, donc). Don Felder (guitare), arrivé pendant l'enregistrement du précédent album, a ici une place plus importante, car il interprète une chanson (fait unique, le concernant, dans le groupe) ! Sinon, l'album, le voici :

One Of These Nights : Que dire ? Un album offrant une telle chanson en intro ne peut être que prometteur pour le reste de ses chansons (je parle pour ceux qui écoutent l'album pour la première fois et ne le connaissent donc pas). One Of These Nights est l'épitomé du tube pop/rock californien, en concurrence cependant avec Hotel California (des Eagles aussi) et Go Your Own Way (de Fleetwood Mac). Tout est parfait, du chant de Don Henley (batteur et chanteur de base) aux choeurs, du solo de guitare à l'intro de basse, des paroles à la rythmique, en passant par la durée (un peu moins de 5 minutes)... Perfection !

Too Many Hands : Autre perfection, un de mes morceaux préférés du disque et du groupe, ce Too Many Hands très sombre, méconnu (sauf des fans des Aigles, forcément), interprété par le bassiste Randy Meisner (et sa voix haut-perchée si particulière, mais franchement remarquable). Meisner avait l'habitude de chanter au moins un titre sur chaque album, et ici, il en interprète deux (l'autre est Take It To The Limit). Là, on est face à une pure pépite de rock pur et dur, bénéficiant encore une fois de choeurs sublimes, d'une interprétation sans failles... C'est indescriptible tellement c'est beau (intro au banjo, miam) !

Hollywood Waltz : Don Henley au chant pour cette chanson très douce, pas ma préférée de l'album, mais au demeurant on ne peut plus sympathique, Hollywood Waltz, chanson qui porte bien son titre, car même si c'est une ballade assez country dans l'âme (banjo, slide, etc), on sent une petite ambiance valse ici (pas du tout comme The Millionaire Waltz de Queen, cependant !). C'est vraiment très réussi, mais ce n'est pas le sommet de l'album !

Journey Of The Sorcerer : 6,25 minutes au Paradis, le sommet de l'album, que dire de plus au sujet de ce morceau ? Qu'il est signé Bernie Leadon, qui nous régale ici avec son banjo, et, surtout, que Journey Of The Sorcerer ('le voyage du sorcier') est un instrumental, bénéficiant aussi de l'ajout d'un orchestre symphonique. C'est un indéniable sommet qui emporte l'auditeur loin, très loin, dans d'étranges et magnifiques contrées, un voyage avec ce sorcier, justement. Pour sa dernière participation à un album du groupe, Leadon se fait plaisir et signe son chef d'oeuvre, un morceau faisant partie intégrante de la légende des Eagles, un des plus grands instrumentaux qui soient, et, naturellement, le sommet de l'album. Je ne vois pas quoi dire de plus, sinon : écoutez ! 

Lyin' Eyes : Ouverture de la face B avec une chanson aussi longue (6,20 minutes) que la précédente, et, bien que différente tout aussi magnifique. Interprétée par Glenn Frey (guitare), Lyin' Eyes est une splendeur country-rock toute en finesse, en douceur, en tendresse. Je vous défie, à l'écoute de cette chanson, de ne pas éprouver de mélancolie à l'écoute de son refrain ! Malgré sa longueur ce n'est jamais chiant, une pure beauté pop et country, avec guitare slide, superbes choeurs... Le talent des Eagles, leur touche personnelle, au service d'une grande chanson !

Take It To The Limit : Deuxième chanson de l'album à être signée et interprétée par Meisner, Take It To The Limit est assez lyrique, symphonique (un orchestre a été réquisitionné pour cette chanson comme ce fut le cas pour Journey Of The Sorcerer). L'effet est assez réussi, même si deux défauts m'empêchent de classer cette chanson parmi les meilleures de l'album : le final est assez longuet (Meisner répétant le refrain, Take it...to the limit, take it...to the limit, take it...to the limit one more time plusieurs fois), et les orchestrations sont un petit peu pompeuses. C'est une très bonne chanson, mais sans les orchestrations symphoniques, elle aurait sans doute été supérieure encore !

Visions : La voici donc, Visions, unique chanson du groupe à être interprétée par Don Felder (lequel est en bisbille totale et absolue avec le groupe depuis des années, problèmes juridiques, etc...). Pour être honnête, ce n'est pas le sommet de l'album, loin de là, même. Visions est une chanson très rock, très efficace (bon riff, etc), mais interprétée moyennement, ça se sent que Felder, excellentissime guitariste, n'est pas à l'aise au chant. On ne s'ennuie pas, mais franchement, c'est un peu le point faible de l'album, sans pour autant être une nullité. Moyen, voilà.

After The Thrill Is Gone : Interprétée en duo par Henley et Frey, cette chanson est touchante et magnifique. Surtout, après un Visions un peu moyen, After The Thrill Is Gone remet l'album sur ses rails. Cette chanson et la suivante marquent vraiment une fin d'album assez mélancolique, pleine de douceur et, aussi, de tristesse. Oui, cette chanson n'est pas gaie, mais bon, ce n'est pas le summum de la tristesse non plus, c'est juste mélancolique. Et c'est juste superbe. Un sommet (de plus) !

I Wish You Peace : Comme je l'ai dit plus haut, dans l'intro de l'article, Bernie Leadon, guitariste et banjotiste, chanteur occasionnel aussi, a quitté le groupe après cet album. Il est un peu à la fête sur One Of These Nights, donc, entre le majestueux instrumental fermant la première face et ce I Wish You Peace final, qu'il interprète à la perfection. C'est une ballade touchante qui semble permettre à Leadon de souhaiter le meilleur à ses complices des Eagles, qu'il quitte, ainsi qu'aux fans, aux auditeurs, au monde. Tout en finesse, ce titre admirable laisse une sensation de mélancolie, de nostalgie, de spleen, et est une des meilleures de ce fantastique album.

 One Of These Nights est, donc, un grand disque, rempli de classiques, de pépites absolues. Il marque bien le changement de style des Eagles, qui passent, ici, de la country-rock pure et dure des premiers albums, à une pop plus commerciale (mais les premiers albums sont commerciaux aussi, très accessibles et remarquables). Bref, ce disque, fantastique, pave la route pour Hotel California, et est, selon moi, tout aussi formidable que ce best-seller de 1976. Indispensable pour amateurs de pop/rock et de rock !