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100ème Track-by-track !!! Pour ce faire, je ne pouvais qu'aborder un grand, grand, grand (continuer ainsi encore pendant 4 jours, puis arrêter et poursuivre la lecture de cet article, merci) album, j'ai nommé Radio City, deuxième album de Big Star, groupe américain de power-pop fondé en 1972. L'album date de 1974. Big Star était constitué, au départ, de Chris Bell (guitare, chant), Alex Chilton (guitare, chant, piano aussi), Andy Hummel (basse) et Jody Stephens (batterie). Bell (qui décèdera en 1978...) quittera le groupe après le premier album. Ce deuxième a été fait par Big Star en tant que trio Chilton/Hummel/Stephens (le troisième album, qui connaîtra bien des ennuis de distribution, aussi). Précisons, pour parler de la malédiction du groupe, que Chilton et Hummel sont décédés à quelques mois d'intervalle, en 2010... Pour en revenir à l'album, il est court (36 minutes) et totalement parfait, et le voici :

O My Soul : Ca démarre d'emblée avec le morceau le plus long de l'album (et de loin, car il fait 5,30 minutes), O My Soul. Que dire, sinon que c'est immense ? Bah, que c'est immense, en fait. Riff ravageur en intro, rythmique groovy, chant haletant, saccadé, éreinté de Chilton, breaks impromptus, paroles en diamant (I can't get a license/For drivin' my car/But I don't really need it/'Cause I'm A big star). Du début à la fin, ce morceau est juste immense. Ah oui, et ais-je omis de vous dire que ce morceau était immense ? J'ai un doute...

Life Is White : Harmonica très présent sur cette chanson au rythme imparable, aux paroles assez méchantes (Don't wanna see your face/Don't wanna hear you talk at all). Le chant d'Alex Chilton est bluffant, parfait, et si le morceau insiste probablement trop sur l'harmonica (qui bouffe pas mal de la musique, il couvre un peu les autres instruments), dans l'ensemble, Life Is White, s'il n'est pas le sommet absolu de l'album, est quand même remarquable !

Way Out West : Là, c'est de l'intouchable, un sommet absolu, comme le sont O My Soul, les deux suivantes, et, en faitn grosso modo, tout l'album (!). Way Out West possède un refrain inoubliable, mélodieux comme c'est pas possible en temps normal, des paroles sublimes, un riff de guitare aussi efficace que mélodique (quel son de guitare !), un chant au-dessus du mémorable... Bref, c'est juste parfait.

What's Goin' Ahn : Une chanson bluesy, mélancolique, douce, triste, aussi et surtout, une des plus mélancoliques de l'album, et accessoirement une pure merveille. Le chant de Chilton est sublime, son jeu de guitare aussi. What's Goin' Ahn distille un parfum de mélancolie parfait, un peu comme le Sunday Morning du Velvet, une chanson de jour de pluie... Difficile de parler d'un tel sommet, il faut juste écouter...

You Get What You Deserve : Pour moi, la plus grande chanson des années 70, pour la pop anglophone, tout simplement. 3 minutes juste parfaites, immenses, intouchables, inoubliables, terrifiantes de perfection. You Get What You Deserve, c'est la Merveille Absolue du rock. Tout y est : l'intro légendaire, le chant sublime, le solo de guitare inoubliable, les paroles qui sont parfaites, l'interprétation sans failles, la rythmique magnifique... Rien à jeter. Ce morceau est un dieu, un killer

Mod Lang : La face B s'ouvrait sur la chanson la plus teigneuse de l'album, la plus rock, limite hard-rock en fait (hard-FM ?) ! Mod Lang. Le riff est saignant, le chant est agressif, la rythmique basse/batterie assure totalement. Bien que détonnante par rapport aux 11 autres titres, car vraiment plus agressive et violente que le reste de l'album, Mod Lang est une réussite absolue (de plus), une chanson culte et intouchable qui reste aussi efficace après plusieurs écoutes. Superbe.

Back Of A Car : Chanson aussi courte que Mod Lang (soit 2,45 minutes) et faisant partie des plus pop de l'album, Back Of A Car bénéficie d'un son de guitare claironnant, déjà entendu sur Way Out West ou You Get What You Deserve, et que l'on réentendra notamment sur September Gurls. La chanson, intouchable, est aussi simple qu'efficace, le chant est parfait (je sais, je dis la même chose sur les chansons, mais que dire d'autre ?), on ne s'ennuie jamais ; en fait, on aimerait vraiment que la chanson dure plus longtemps !

Daisy Glaze : La chanson la plus longue...de la face B, avec presque 4 minutes. Daisy Glaze est en deux temps, ça commence doucement, comme une complainte semi-acoustique, c'est de toute beauté. Puis, arrivé au centre du morceau, ça explose et devient trépidant, plus énergique (sans toutefois virer dans le hard-FM comme ce fut le cas pour Mod Lang), et la chanson passe à la folie pop. Une des plus attachantes de l'album.

She's A Mover : Rythmique pneumatique (l'expression est de Manoeuvre dans sa rubrique "Discothèque Idéale" de Rock'n'Folk, quand il aborda ce disque il y à longtemps, et cette expression, je la reprends, car elle est totalement vraie et très juste) et imparable. Ce n'est pas ma chanson préférée de l'album, mais She's A Mover est franchement remarquable, une chanson pop/rock aux accents légèrement bluesy. Le chant de Chilton est encore une fois au-delà des mots tellement il est juste et parfait. Bref, vous l'avez compris, une réussite !

September Gurls : Que dire ? Mythique ! Du riff d'intro, claironnant, instantanément culte, au chant, parfait, sans oublier ce court mais imparable solo de guitare, September Gurls est une pépite pop/rock intouchable, une des meilleures chansons de l'album, une des chansons contre lesquelles le temps ne peut rien faire. Ca ne vieillit pas (ou alors, très bien), ça semble avoir été enregistré la minute précédent l'écoute. Que cela soit votre première écoute ou votre 136 558ème écoute de la chanson, vous ressentirez la même chose face à elle : de l'émerveillement. Ou alors, vous avez les portugaises ensablées !

Morpha Too : La chanson la plus courte de l'album, de très loin, car elle ne dure que 1,27 minute. Chilton seul au piano, pour une complainte/ballade assez tristounette mais en même temps purement magnifique. Morpha Too est une de mes chansons préférées de l'album, malgré qu'elle soit vraiment courte (mais elle ne fait pas bâclée du tout). Très belle partition au piano, et chant remarquable. Une grande (petite) chanson !

I'm In Love With A Girl : Encore une chanson très courte (1,48 minute) pour achever le disque. Ce I'm In Love With A Girl est une petite bluette acoustique, Chilton seul avec sa gratte acoustique, chantant d'une voix légère, fluette, gaie, une chanson sur son amour avec une fille. C'est léger comme une bulle de savon (et, comme une bulle de savon, ça éclate trop tôt, la chanson étant vraiment courte), optimiste, parfait pour finir l'album. Même si c'est définitivement trop court !

 Big Star est grand, et Radio City, sous sa pochette signée Bill Eggleston, est un sommet absolu, ne contenant, on l'a vu, AUCUNE mauvaise chanson, AUCUNE chanson moyenne ou moins bonne que les 11 autres. Un joyau absolu, dont le succès, à l'époque, sera nul (mais par la suite, dès les années 80, des groupes tels que R.E.M., Posies, Weezer (années 90, OK) ou Pavement se réclameront de ce disque, le citeront dans leurs références, et l'album, qui fut très bien accueilli par les critiques à l'époque (c'est commercialement que ça ne marcha pas) et était déjà réputé, deviendra totalement culte. Je ne pense pas qu'une discothèque rock se respectant (et ça se respecte !!) ne possédant pas ce disque dans ses rayonnages puisse être prise au sérieux, autant le dire franchement ! Il vous le faut, cet album !