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Pour ce nouveau Track-by-track (le 99ème !!!), un grand album de thrash-metal (courant très violent du heavy-metal), sorti en 1984. C'est le deuxième album de Metallica, un des barons de ce genre musical, et il s'agit de Ride The Lightning. C'est l'avant-dernier album du groupe avec leur bassiste Cliff Burton, et le dernier album du groupe contenant des chansons écrites (ou plutôt, co-écrites) par Dave Mustaine, qui fit partie du groupe avant leur premir album, a bien participé à l'écriture de leurs premiers titres, et sera viré pour alcoolisme (il fondera Megadeth en 1983, groupe de thrash-metal rival de Metallica, mais Metallica est toujours resté devant). Cet album, sous sa pochette électrique (ah ah ah), le voici :

Fight Fire With Fire : Intro assez douce, classique, acoustique (Battery, premier morceau de Master Of Puppets, l'album suivant, démarrera aussi de manière acoustique et classique), puis un gros riff bien teigneux et lourd, doom, surgit. Le morceau parle du péril nucléaire, de l'irradiation, de l'atomisation, on combat le mal par le mal (ou plutôt, le feu par le feu). Chant saccadé, agressif, Hetfield en veut à la Terre entière ici, sa voix semble charrier toutes les colères, saintes ou pas, existantes. C'est violent, sans concessions, brutal, saignant... Du pur thrash des familles ! Pas le sommet de l'album, mais franchement efficace.

Ride The Lightning : Un des deux morceaux où est encore crédité Dave Mustaine. Cette chanson donnant son titre à l'album, et une des plus longues du disque avec 6,35 minutes, a donc été écrite avant le premir album (Kill 'Em All, 1983), car Mustaine a été, comme je l'ai dit plus haut, viré avant ce disque et remplacé par Kirk Hammett. Chanson purement grandiose, s'ouvrant par un riff bien vibrant, un des meilleurs du groupe selon moi. La chanson est bien illustrée par la pochette de l'album, car on y parle d'un condamné à mort conduit vers la chaise électrique, et y passant, donc (Flash before my eyes/Now it's time to die/Burning in my brain/I can feel the flame). Brutal et saisissant ! 

For Whom The Bell Tolls : Un des sommets absolus du groupe, rien que ça ! Cette chanson porte le même nom qu'un fameux roman d'Ernest Hemmingway sur la guerre civile espagnole des années 30, Pour Qui Sonne Le Glas. Intro faisant penser à celle du Hells Bells d'AC/DC ou du Hallowed Be Thy Name d'Iron Maiden : un tocsin funèbre. Avec un riff terrifiant de noirceur, de lourdeur, tatatatataaaaa, tatatatataaaa... Breaks hallucinants de Lars Ulrich (batterie), notamment le passage, dans le second couplet, He hears the silence so loud. Le chant d'Hetfield est parfait, la rythmique est haletante, la chanson est, du long de ses 5 minutes et 10 secondes, littéralement et totalement imparable. Chef d'oeuvre.

Fade To Black : Chanson longue (7 minutes) et parfaite, en deux temps. La première partie est calme, résignée, malgré quelques riffs bien sanglants de temps à autre. Et la deuxième partie, quasiment instrumentale (sauf quatre lignes de chant), est un long passage bien vibrant et rythmé, du pur thrash-metal. Dans l'ensemble, Fade To Black est la première power-ballad du groupe, avant Welcome Home (Sanitarium), One, Nothing Else Matters ou The Unforgiven. Ce n'est absolument pas une chanson joyeuse. On y parle de suicide (quasiment toutes les chansons de l'album parlent de la mort...), le chant d'Hetfield, les paroles, sont d'une tristesse insondable. A se demander si Hetfield ne pensait pas au suicide quand il l'a écrit (on sait que les Four Horsemen se sont fait voler leur matos, ou une partie de leur matos, à cette période, dans je ne sais plus quelles conditions, et possible que ça a du leur foutre un coup, mais quand même). Non, Hetfield ne devait pas penser au suicide, mais ce qui est sûr, c'est que les paroles sont aussi magnifiques (le chant aussi...en fait, tout !) que terriblement déprimantes (Emptiness is filling me to the point of agony)... La plus 'belle' et marquante chanson sur ce sujet. A ne pas écouter quand on a le blues.

Trapped Under Ice : Le morceau le moins bon de l'album est par la même occasion celui qui ouvre les festivités de la face B. Une face B moins époustouflante que la A, car elle démarre par cette chanson (et la suivante, bien que meilleure, n'est pas non plus une grande chanson). Encore une fois, le sujet est bien gentillet, car on y parle de la mort. Celle d'un homme en train de se noyer dans un lac gelé, piégé sous l'épaisseur de la glace ; mort assez abominable que la noyade, et si en plus, c'est de l'eau glacée qui s'infiltre dans vos poumons, brrrr... La chanson bénéficie d'un chant assez hystérique et bourrin, efficace, tout comme les riffs de Hammett et Hetfield. Lars Ulrich et Cliff Burton, à la one again, assurent à la rythmique, mais cette chanson n'arrive vraiment pas au niveau des précédentes et de la majorité des suivantes.

Escape : C'est la seule chanson à ne pas parler de la mort. Escape mérite bien son titre, on y parle d'un taulard venant de se faire la belle (on entend des sirènes d'alerte évasion dans le morceau). Là encore, le chant assure, la musique est pas mal du tout, mais ce n'est pas du niveau des autres titres, excepté le précédent. Escape est meilleure que Trapped Under Ice, mais quand même une chanson assez moyenne. Enfin, une bonne chanson, mais comparée aux autres, elle déçoit, incontestablement !

Creeping Death : 6,36 minutes remarquables, inspirées du fameux épisode biblique des Dix Plaies d'Egypte (Les 10 Commandements, vous savez ?). Là, c'est la fameuse mort des nourrissons, la dixième et plus terrible des Plaies, qui est abordée, mais en fait, la chanson parle aussi un peu des autres. Creeping Death ('la Mort insidieuse, sournoise') est une chanson puissante, lourde, violente, sombre comme la nuit, aux paroles remarquables, une des meilleures de l'album, et ce n'est pas peu dire !

The Call Of Ktulu : Instrumental grandiose qui est le deuxième morceau à être signé (en partie) de Dave Mustaine. The Call Of Ktulu prend son titre de l'univers cultissime de l'auteur de SF/Fantasy/Epouvante Howard P. Lovecraft, qui a imaginé cette divinité païenne répugnante et étrange qu'est Cthuhulu (Ktulu pour faire plus simple). Compte tenu que c'est un instrumental, inutile de dire que seul le titre fait allusion à Lovecraft ! En tout, ce morceau, un intouchable absolu souvent joué en live (la version symphonico/métallique de S&M est juste à pleurer de bonheur) et d'une durée de quasiment 9 minutes, est un sommet. Je ne peux me lasser, personnellement, de cette ambiance lourde de sens, glauque, oppressante, que le morceau distille tout le long de sa durée. Et ce final, mon Dieu... Indescriptible ! Le meilleur instrumental de l'histoire du hard-rock ? Le meilleur de Metallica, en tout cas, et un très très grand morceau !

 Voilà donc au final ce qu'est Ride The Lightning : une tuerie absolue, 6 grands titres et 2 qui, tout en étant moins époustouflants que les autres, sont tout de même d'un trèsbon niveau. A l'arrivée, un disque comptant parmi les plus courts du groupe, et même le plus court avec seulement 47 minutes, mais c'est aussi, à mon avis, un de leurs sommets. James Hetfield commence à se poser au chant, le groupe assure, les compositions aussi, la production n'a pas trop mal vieilli... Un must !