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Pour ce nouveau volet (le 97ème !) des Track-by-track, un disque très sous-estimé, même s'il n'est pas le sommet du groupe en question, The Police. C'est leur quatrième album, sorti en 1981, il s'appelle Ghost In The Machine, et c'est le premier album du groupe à posséder un titre entièrement en anglais, et à ne pas montrer le groupe en pochette (même si les signes en cristaux liquides sont en fait des représentations stylisées du trio, dans l'ordre, Andy Summers, Sting et Stewart Copeland). L'album est à prédominance assez ska, mais quelques chansons sont également assez sombres et expérimentales. C'est le moins réputé des cinq albums studio du groupe, et probablement celui qui a eu le moins de succès. Il est peu facile d'accès, il faut plusieurs écoutes, et je dois bien avouer que j'ai commencer par le haïr, ce disque. Aujourd'hui, il fait partie de mes chouchous, c'est celui que je réécoute le plus, car il possède une atmosphère imcomparable. Il y à toujours des chansons que je n'aime pas ici, mais elles sont peu nombreuses ! Ce disque, le voici :

Spirits In The Material World : Un des deux tubes issus de l'album, Spirits In The Material World, chanson courte (2,58 minutes), sortira en single et est une réussite absolue, assez sombre. J'avoue cependant avoir mis du temps, beaucoup de temps, avant de l'aimer. J'ai découvert le groupe par le biais d'un best-of, il y à longtemps, et des trois chansons de Ghost In The Machine qui s'y trouvaient, les trois premières de l'album (les trois plus connues, quoi), seule Invisible Sun me plaisait. A la longue, à force d'écouter l'album (je parle de Ghost In The Machine et pas du best-of, que ne ne possède plus, plus besoin de le posséder car il fait doublon avec les albums studio), Spirits In The Material World a commencé à prendre de la place dans ma tête, sa mélodie ska très sombre, synthétique, hypnotique, ses vocaux assez étranges me sont devenus de plus en plus appréciables. Aujourd'hui, je le dis clairement, cette chanson est une de mes préférées du groupe !

Every Little Thing She Does Is Magic : Autre tube, et qui passe encore souvent à la radio, mais que je trouve nettement moins exemplaire. Une bonne chanson, ce Every Little Thing She Does Is Magic, ça, c'est sûr, mais un peu répétitive, comme l'est De Do Do Do, De Da Da Da (que j'aime aussi, hein). Mélodique, attachante, mais sans surprise, cette chanson assez joyeuse et lumineuse est une éclaircie entre deux chansons bien ténébreuses, noires, et qui reflètent bien mieux l'atmosphère de l'album qu'elle. C'est, donc, pas mal du tout, mais il y à mieux, sur ce disque, et chez The Police !

Invisible Sun : C'est cette chanson remarquable, présente sur les best-ofs du groupe mais n'étant pas sortie en single (étonnant, d'ailleurs, car elle à l'étoffe d'un tube), qui permet de vraiment se rendre compte du changement de style du groupe. Intro longue, lente, sombre, au synthétiseur, qui apporte lentement ses nappes sonores assez planantes, et guitare très sobre de Summers. Puis des vocalises (Wohohohohohooooo... wohohohohohoooo...), et la voix de Sting, très froide, comme bidouillée par un vocoder. Les paroles sont assez sombres, limite engagées, cyniques, et on ne peut pas dire de cet Invisible Sun remarquable qu'il fasse partie des chansons les plus légères du groupe, bien au contraire ! Une telle chanson semble impossible sur n'importe lequel des trois précédents albums du groupe, et même sur leur précédent, qui est bien plus pop et solaire. Mais sur ce disque, elle est parfaitement à sa place.

Hungry For You (J'Aurais Toujours Faim De Toi) : Attention, c'est en français ! Enfin, comprendra qui y parviendra, car si Sting a fait l'effort de chanter dans la langue de Molière (dans la grande majorité de la chanson), il n'en demeure pas moins que ce Hungry For You (J'Aurais Toujours Faim De Toi) est inaudible, pour les paroles. L'accent, la prononciation, le chant saccadé et rapide, la musique proto/ska/pop derrière, tout ça fait en sorte que les paroles, ben qu'en français, sont difficiles à saisir, sauf si vous chopez les paroles sur le Net (car absentes de l'album, vinyle ou CD). J'aime beaucoup cette chanson énergique, mais c'est clair, ce n'est pas un sommet, du tout !

Demolition Man : La chanson la plus longue de Ghost In The Machine avec 5,50 minutes en tout, et elle achève la face A avec force, puissance, panache. Non, la chanson ne parle par du film avec Stallone et Snipes, ah ah ah (je me demande, de toute façon, comment elle aurait pu...). C'est un ska endiablé, jamais longuet malgré sa longueur imposante pour une chanson du groupe (peu de chansons de The Police atteignent ou dépassent les 6 minutes, celle-ci en est très proche). Le rythme chaloupé est prenant, les cuivres (pas de précision de qui joue des cuivres, j'en conclus que c'est un des flicards, probablement Sting ; les claviers de l'album, eux, sont joués par un musicien invité, Jean Roussel) sont parfaits... Demolition Man est une des meilleures chansons de l'album, au final.

Too Much Information : Argh. On arrive à un passage de l'album que, vraiment, je n'aime pas du tout. Deux chansons qui m'insupportent. Celle-ci n'est pas la pire des deux, mais je la trouve franchement recondante. Rythmique ska, comme pas mal de chansons de l'album, mais ici, c'est assez banal, malgré des paroles plutôt pas mal, je le reconnais volontiers (en même temps, il y à aussi mieux). Too Much Information est peut-être bien interprété, mais c'est une des moins bonnes de l'album, avec...

Rehumanize Yourself : ...avec Rehumanize Yourself, qui est, elle, le ratage de l'album, clairement (enfin, en ce qui me concerne) ! Là, je ne supporte tout simplement pas, entre la voix de Sting, les paroles, et le rythme ska très foiré ici (autant ça passe pour le reste de l'album, autant là, vraiment...). La face B s'ouvre donc sur deux chansons franchement médiocres, et on ne peut qu'espérer que le reste de l'album soit d'un tout autre tonneau. Autant le dire directement ici (mais continuez de lire l'article, hein !), ça sera heureusement le cas.

One World (Not Three) : Du pur ska. Rythme chaloupé, syncopé, chant parfait, cuivres distants mais très efficaces, cette chanson, une des plus longues de l'album avec presque 5 minutes, est aussi une des meilleures. One World (Not Three) est vraiment, avec les trois précédentes chansons (mais largement supérieur au deux précédentes), un exemple parfait de ska-rock de la part des policiers. Une chanson dont je ne me lasserai probablement jamais... One world is enough for all of us...

Ωmega Man : Chanson assez énergique et étrange que ce Ωmega Man (aussi titré Omega Man, tout simplement, sans le symbole ohm à la place de la première lettre), bénéficiant d'un riff assez synthétique de Summers, et d'un chant parfait de Sting. Pour tout dire, c'est même une des meilleures chansons de l'album, et c'est aussi le tournant du disque (les précédentes chansons, mis à part les chansons 1 et 3, étaient très ska, tandis qu'à partir de cette chanson, ça passe vraiment à un son plus sombre et expérimental, synthétique). J'ai mis du temps à l'aimer, mais au final, clairement, Ωmega Man est une réussite, malgré sa durée (2,50 minutes, la plus courte de l'album...) !

Secret Journey : Morceau assez étrange, comme son titre le dit ('voyage secret'), et qui sortira en single (du moins, dans certains pays), sans grand succès. Si le morceau ne se taillera pas un succès important, il n'en demeure pas moins très très très réussi, un de mes préférés de l'album ; une chanson étonnante, étrange, assez particulière et 100% magnifique, le chant, surtout, est parfait !

Darkness : Mélodie inoubliable au piano synthétique pour ce morceau achevant idéalement un album assez complexe. Darkness mérite bien son titre, c'est un morceau d'apparence assez sombre, le chant de Sting est posé, sobre, calme, rien à voir avec les précédents morceaux (Spirits In The Material World et Invisible Sun exceptés). C'est surtout la mélodie au piano qui reste longtemps en mémoire, mais dans l'ensemble, ce morceau est remarquable, un de mes préférés absolus de l'album. Sublime.

 Au final, que dire de ce fantôme dans la machine (avez-vous remarqué que si on retourne la pochette, les trois signaux de cristaux liquides forment un 666 ? Amusant !) ? C'est un bon, très bon disque, au cours duquel les flicards imposent un style très ska, après le punk-rock du premier album, le reggae du deuxième et la world/pop du troisième (et le cinquième sera de la pure pop/rock). A chaque album du groupe son ambiance, et celle de ce disque est assez difficile à cerner, l'album possède moins de singles à succès et se vendra moins, est moins apprécié en général. Pourtant, et même si c'est le moins excellent des albums du groupe, Ghost In The Machine mérite vraiment qu'on s'y attarde !