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Nouveau Track-by-track, et un sommet du heavy-metal (et du metal progressif, car ç'en est un parfait exemple), un album sorti en 1988, septième album studio d'Iron Maiden, Seventh Son Of A Seventh Son. Jusqu'à l'an 2000 et Brave New World, cet album sera le dernier avec le guitariste Adrian Smith, arrivé en 1981 dans le groupe (et depuis, toujours là, revenu en 2000). C'est un album très progressif, plus court que pas mal des précédents opus (44 minutes), et c'est aussi un disque conceptuel, il raconte une histoire au fil de ses 8 chansons (à cause de ça et du son très progressif, l'album, tout en se vendant bien, se vendra cependant moins que les précédents albums). Beaucoup de claviers (joués en partie par Smith), des ambiances progressives pour un disque admirable et un peu complexe, que voici :

Moonchild : Intro acoustique de toute beauté, guitare sèche et un Bruce Dickinson sobre déclamant un petit texte... L'intro de Moonchild détonne, il n'y à pas à dire ! Seven deadly sins, seven ways to win, seven holy path to Hell and your trip begins... Seven downward slopes, seven bloodied hopes, seven are your burning fires, seven your desires... Et puis, ça déboule ! D'abord un synthétiseur très progressif, puis un bon gros riff bien tueur, un break haletant, et boum, I am He, the Bornless One, the Fallen Angel, watching you. Malgré son intro très folk puis ambiant, Moonchild est en fait une chanson très metal, pas bourrine du tout, interprétée à la perfection, avec des paroles remarquables sur la naissance à venir d'un futur prophète maudit. Remarquable !

Infinite Dreams : Intro magnifique et que je trouve très hendrixienne. Là encore, Maiden nous étonne avec un style radicalement différent de ses précédents albums ! Chanson longue (dans les 6 minutes) et juste magistrale, avec un Dickinson en très grande forme, même si la première partie de la chanson est assez calme, reposante, chant sobre et posé. La seconde partie est plus énergique, mais pas non plus bourrine, avec des claviers très présents créant des nappes sonores juste parfaites. Dans l'ensemble, Infinite Dreams est un autre morceau remarquable.

Can I Play With Madness : Encore joué live, Can I Play With Madness est le tube de l'album, et d'aucuns pensant qu'il s'agit du morceau le moins réussi de Seventh Son Of A Seventh Son. C'est hélas vrai, mais ce morceau très court (3,30 minutes environ) est quand même très sympathique. Redondante, un peu lassante si on l'écoute trop souvent, et pas du niveau des autres titres, mais quand même sympathique, cette histoire de voyant annonçant un destin funeste à son client. Le refrain est un peu moyen, ça fait vraiment pop/rock de stade !

The Evil That Men Do : Pure merveille de 4,30 minutes pour achever la face A de l'album, The Evil That Men Do, avec sa sublime intro (décidément, cet album, niveau introductions de morceaux, assure totalement !), son solo de guitare (de Smith, mais je n'en suis pas sûr et certain), son chant parfait de Dickinson, sa rythmique remarquable, ses paroles en béton armé... Une chanson qui sera assez souvent jouée live, un autre gros classique, quasiment un tube (enfin, il me semble), et à la différence du premier tube (la chanson précédente), il est du même niveau que les grandes chansons de l'album. Même si la chanson suivante met les sept autres à terre, en fait !

Seventh Son Of A Seventh Son : Quasiment 10 minutes haletantes, progressives, métalliques et intenses. Cette chanson-titre, basée en grande partie sur les Chroniques d'Alvin Le Faiseur (série de romans de fantasy d'Orson Scott Card), démarre en fanfare par une intro progressive à la Genesis/King Crimson (période In The Court Of The Crimson King, album contenant par ailleurs une chanson du nom de Moonchild !)/Yes. Le chant de Bruce Dickinson est empesé, lyrique, il déclame un texte annonçant la naissance à venir (et la naissance, tout court) d'un enfant bien particulier, le septième fils d'un homme étant déjà le septième fils de ses parents. Or, dans la tradition, dans le folklore, le septième fils d'un septième fils aurait des dons prédestinés de voyance, de magie. Cet enfant est annoncé comme un prophète (un passage assez remarquable et sombre, dans lequel Dickinson chante d'une voix sourde et profonde, l'explique d'une manière très biblique), ce qui, dans le village où se passe l'action (et l'action ne se passe pas au XXème siècle), est un présage assez sinistre, les prophéties étant rarement heureuses... Musicalement, avec son multiple solo de guitare admirable (achevant l'album sur une note haletante) et son passage instrumental progressif, ce morceau est le sommet de l'album, 9,55 minutes de bonheur ! Today is born the seventh one/Born of woman the seventh son/And he in turn of a seventh son/He has the power to heal/He has the gift of second sight/He his the Choosen One/So it shall be written, so it shall be done...

The Prophecy : Musique assez lourde, pour une chanson très sombre dans laquelle l'enfant prophète annonce un terrible malheur au village. Les habitants refusent de le croire, prétextant qu'il se trompe, voire qu'il est le diable et qu'il ne faut pas l'écouter. Mais le malheur arrive, et l'enfant-prophète voit le village se retourner contre lui... Chanson à moitié composée par Dave Murray (guitare), The Prophecy est une remarquable chanson que j'ai cependant mis du temps à aimer (je n'aimais pas trop la mélodie, au départ). L'issue de cette histoire semble assez sombre, le village est contre l'enfant, on réclame son départ ou sa mort... Une chanson qui reflète bien, avec son chant lyrique et sa musique assez sombre, cet état de fait. Excellent.

The Clairvoyant : Autre classique, souvent joué live, et autre tube (si je ne suis pas sûr que The Evil That Men Do est sorti en single, je pense en revanche que The Clairvoyant y a eu droit !). Intro magnifique, premières lignes de chant juste sublimes. En revanche, je n'aime pas trop le refrain (There's a time to live, and a time to die), je ne sais pas pourquoi, mais c'est comme ça. Dans l'ensemble, cette chanson dans laquelle l'enfant s'attend à mourir bientôt, victime de la haine et de l'incompréhension, de la superstition aussi, du village, est très réussie. Pas la meilleure de l'album selon moi, un peu surestimée, mais quand même très très bonne !

Only The Good Die Young : Et le final, 4 petites minutes, avec, c'est logique, un rappel de l'intro de l'album en toute fin (le petit mantra folk, identique à celui de l'intro, mais sans la ligne And your trip begin - 'et votre voyage commence' -, ce qui est logique, car le voyage prend fin, ici). L'album commence et se finit de la même manière. Ici, on apprend la mort de l'enfant-prophète, 'seuls les bons meurent jeunes', tel est d'ailleurs le titre de cette excellente petite chanson bien énergique et s'achevant sur un solo de guitare aussi court qu'efficace, avant le rappel acoustique de toute beauté dont je viens de parler. Une superbe chanson, idéale pour la fin de l'album !

 Au final, Seventh Son Of A Seventh Son est un remarquable album, probablement le meilleur album d'Iron Maiden. En tout cas, un de leurs plus grands, ça, c'est plus que clair ! Il faudra attendre 2010 pour retrouver un disque aussi exemplaire de bout en bout, et ça sera le très progressif (lui aussi) The Final Frontier. Les albums sortis entre 1988 et 2010 seront, pour la majorité d'entre eux, franchement excellents, ceci étant. Bref, un disque exceptionnel !